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Comment choisir une lessive ou un détergent vraiment écologique?

Par Mise en ligne : 12 juillet 2019  |  Magazine : août 2019

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Au rayon des lessives et détergents pour la maison, de plus en plus de produits s’affichent « verts ». La certification ÉcoLogo est la seule qui permet de repérer les produits ayant un impact réduit sur l’environnement.

Certains fabricants de détergents à usage domestique ne se privent pas pour affirmer que leurs produits ne représentent aucun danger pour l’environnement. L’un est « biodégradable », « naturel », « à faible impact environnemental », tandis que l’autre est « sans parfum », « sans phosphate », « non irritant », et l’autre encore « sans danger pour les fosses septiques » ou « non testé sur les animaux ».

Peut-on se fier à ces allégations pour choisir un produit vraiment « vert » ? Non, car au Canada, seule la certification ÉcoLogo  permet de repérer les produits ayant un impact réduit sur l’environnement. La plupart des autres mentions indiquées sur l’emballage d’un détergent ou d’un produit d'entretien ménager ne sont pas vérifiées par un organisme indépendant du fabricant.

Vert et performant ?

Par ailleurs, les prétentions environnementales indiquées sur ces produits ne riment pas toujours avec efficacité. En effet, les tests sur les détergents à lessive réalisés par Protégez-Vous et par plusieurs magazines de consommation à travers le monde démontrent que les marques « vertes » ne sont pas les plus performantes.

Comment, dans ces conditions, concilier propreté et protection de l’environnement ? Clémence Lamarche, chargée de projet senior à Protégez-Vous et responsable des tests sur les détergents depuis 2012, a son idée : « Pourquoi ne pas utiliser un produit qui porte un label environnemental reconnu pour l’entretien régulier et un produit un peu moins vert pour les nettoyages en profondeur ? »

Un constat partagé par Mélanie Marchais, chargée des essais comparatifs au magazine français Que Choisir : « Dans certains cas, la nécessité d’utiliser des produits ultraperformants peut être remise en question. Chez les ménages sans enfants notamment, les vêtements lavés sont bien souvent pas ou peu tachés. Dans ce cas, l’emploi d’un produit écolabélisé ne se traduira probablement pas par un relavage ou par l’emploi d’une double dose. Le bienfait d’un produit écolabélisé peut donc être réel. »

Nos tests sur les détergents à lessive et détergents pour lave-vaisselle vous permettront de faire un choix éclairé. Il reste que, pour les produits qui présentent des prétentions environnementales, démêler les allégations et comprendre la liste des « ingrédients » n’est pas une mince affaire. Voici donc ce qu’il faut savoir pour choisir un détergent « vert » pour l’entretien de la maison, de la vaisselle ou des vêtements.

ecologo

ÉcoLogo, seul en scène

L’Environmental Working Group (EWG), un organisme international sans but lucratif dont le mandat est la protection de la santé humaine et de l’environnement, recommande « d’utiliser les produits certifiés par des tiers, leurs normes étant les meilleures sur le marché ». 

Au Canada, le précieux label ÉcoLogo est décerné par UL (Underwriters Laboratories), une compagnie indépendante de certification de sécurité des produits établie dans 46 pays. Pour qu’un produit l’obtienne, de nombreux critères sont évalués, comme l’explique Hans Drouin, vice-président R et D chez le fabricant québécois Attitude, dont les produits portent l’ÉcoLogo : « Le produit devra être biodégradable, sans phosphate, sécuritaire pour la vie aquatique, non corrosif, et ne devra pas émettre de composés organiques volatils (COV). » Mais ce ne sont pas les seuls aspects évalués : l’emballage, par exemple, doit être recyclable. Finalement, précise Hans Drouin, « il s’agit d’une approche globale basée sur le cycle de vie du produit ».

Peu de contraintes pour les fabricants

Au pays, en vertu de la Loi sur l’emballage et l’étiquetage des produits de consommation, les fabricants de détergents n’ont pas d’obligations particulières « pour ce qui est de l’énumération des ingrédients ou des indications environnementales » sur l’emballage des produits, rappelle Eric Joyce, conseiller principal en communications au Bureau de la concurrence.

Toutefois, l’Association canadienne de normalisation, qui a élaboré avec le Bureau de la concurrence le document Déclarations environnementales : Guide pour l’industrie et les publicitaires, établit que « toute déclaration vague en rapport avec l’environnement qui est utilisée comme slogan et qui n’est pas fondée sur un avantage ou une protection réels pour l’environnement est susceptible d’être considérée comme fausse ou trompeuse ». Les affirmations du genre « respectueux de l’environnement » ou « écologique » illustrent ce que le gouvernement canadien entend par « déclaration vague ». Or, selon ce que nous avons constaté en réalisant nos tests sur les détergents, les fabricants utilisent souvent de telles allégations sans préciser sur quoi elles s’appuient.

Si vous pensez avoir été trompé au sujet « du rendement, de l’efficacité ou de la durée de vie d’un produit en raison d’indications qui ne sont pas fondées sur une épreuve suffisante et adéquate », vous pouvez porter plainte auprès du Bureau de la concurrence du Canada.

> Bureau de la concurrence Canada - Formulaire de plainte

Décoder les allégations

Nous présentons ici les principales affirmations que vous pouvez trouver sur les emballages des détergents pour la maison. Ne vous y fiez que si le produit est certifié ÉcoLogo. En l’absence de ce logo, les allégations des fabricants n’ont pas été vérifiées par un organisme indépendant du fabricant.

Pour prétendre qu’un détergent est biodégradable, ce dernier devrait se dégrader en 28 jours, selon les directives de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). C’est le temps requis pour qu’il se dissipe en bonne partie avant d’atteindre les cours d’eau.

Un détergent dit sans danger pour les fosses septiques est censé se biodégrader en respectant les normes de l’OCDE, et donc ne pas avoir de répercussions sur les micro-organismes et bactéries actifs dans la fosse septique, qui sont essentiels pour décomposer les déchets.

Plusieurs produits sont définis comme non toxiques. Cette mention seule ne veut rien dire. Selon l’EWG, cette expression de marketing suppose que l’ingrédient ou le produit ne nuira pas à la santé humaine ou à l’environnement, mais comme « il n’existe pas de définition standard dans l’industrie des produits de nettoyage, ce terme n’aide pas à choisir les produits de nettoyage les plus sûrs ». Sachez cependant que les produits susceptibles d’obtenir la certification ÉcoLogo sont d’abord soumis à une batterie de tests pour vérifier qu’ils ne présentent aucun risque toxique pour la vie aquatique.

En ce qui concerne la mention « sans phosphate », il faut savoir que, depuis 2010, la règlementation canadienne limite à 0,5 % la concentration de phosphore (un des atomes du phosphate) dans les produits d’entretien : détergents à lessive, détergents à vaisselle, produits de nettoyage… Cette règlementation a pour but d’empêcher la prolifération d’algues nocives dans les lacs et les rivières du pays. Donc, qu’un produit s’affiche « sans phosphate » ou non, il n’en contient pas plus de 0,5 % de toute façon, sinon il ne serait pas commercialisé.

Plusieurs marques affichent l’assertion « non testé sur les animaux ». Si cette problématique vous préoccupe, vous pouvez consulter le site internet de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA-Montréal), qui présente six entreprises vertueuses en la matière, dont quatre sont « 100 % véganes » : The Laundry Tarts, Method, Dr. Bronner’s et Attitude. Biovert et Lemieux figurent également sur la liste de la SPCA. Si vous souhaitez concilier protection des animaux et protection de l’environnement, vous devriez donc privilégier les entreprises de ce court inventaire dont les produits sont certifiés ÉcoLogo.

Enfin, l’affirmation « sans parfum » revient souvent sur les emballages de produits d’entretien. Avec ou sans l’ÉcoLogo, il peut y avoir du parfum. L’EWG recommande d’éviter les nettoyants qui renferment des parfums, puisque ces ingrédients ne sont pas nécessaires et qu’ils risquent de provoquer des réactions allergiques. Derrière le terme « parfum », il est possible que se cache tout un cocktail d’ingrédients chimiques. Les extraits de plantes sont souvent présentés comme sûrs, mais attention : certains peuvent causer des allergies, et dans bien des cas, peu de données probantes confirment qu’ils sont sécuritaires.

Les composés « éthoxylés » : à éviter ! 

Dans un détergent, les principaux ingrédients actifs sont les surfactifs. Essentiels au nettoyage, ils décollent puis éliminent les saletés et les graisses des surfaces. Dans la liste des ingrédients, vous pouvez les trouver sous diverses appellations : tensioactifs, agents de surface ; ou par type de surfactifs : anionique (détergent), non ionique (émulsifiant et épaississant), cationique (conservateur et adoucissant) ; voire par nom de composés chimiques : « alkylbenzènes », « alkylphénols » ou composés « éthoxylés ».

Ce sont ces derniers qu’il est recommandé d’éviter. Le processus chimique d’éthoxylation a été mis au point au milieu du XXe siècle. Or, certains composés éthoxylés posent problème, les alkylphénols éthoxylés notamment. « Il s’agit de perturbateurs endocriniens connus qui peuvent par ailleurs avoir des effets mutagènes chez les poissons et les animaux », précise Sami Haddad, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Ils sont difficilement biodégradables, les stations d’épuration peinent à les traiter, et c’est en s’accumulant dans la nature, les cours d’eau, etc., que les composés éthoxylés ont un impact sur la faune. Encore une fois, seul l’ÉcoLogo vous garantit l’absence de composés éthoxylés.

Ressources
Environmental Working Group (en anglais)
Santé Canada : campagne « Faites-le pour une maison saine »

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