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Faire euthanasier un animal de compagnie

Par Mise en ligne : 08 janvier 2016

Faire euthanasier un animal de compagnie

Comment éviter de faire souffrir un chat en fin de vie? Devrait-on assister à l’euthanasie de notre animal? Comment parler à un enfant de la mort de son chien? Voici quelques conseils pour vous préparer aux moments difficiles.

Après tant de belles années ensemble, il est difficile d’imaginer que bientôt vous allez devoir dire adieu à votre chat, votre chien ou tout autre animal de compagnie.

Bien sûr, il ne parle pas. Mais depuis toutes ces années, vous le connaissez par cœur. Et vous voyez bien que votre ami à quatre pattes n’est plus que l’ombre de lui-même. Il a perdu sa joie de vivre et l’envie de jouer, semble indifférent à ce qui l’entoure, se déplace et respire avec difficulté, n’a presque plus d’appétit, et de toute façon, même sa pâtée préférée ne passe pas. «Si vous constatez que sa qualité de vie se dégrade, la première chose à faire est de l’emmener chez le vétérinaire pour évaluer s’il s’agit d’un processus normal de vieillissement ou d’une maladie», recommande Dominick Rathwell-Deault, médecin vétérinaire à Lachute et chargée de cours à l’Université de Montréal.

>> À lire aussi: Mon chat est mort paisiblement, malgré tout (billet de blogue)

Le tabou de la mort

Une fois le diagnostic établi, vous disposerez d’un tableau objectif de la situation pour décider s’il est dans son intérêt d’être soigné ou s’il vaut mieux le laisser partir en douceur afin de lui épargner davantage de souffrances. Voilà pour la théorie. Dans la pratique, cette décision représente un dilemme moral (ou financier) pour nombre de maîtres très attachés à leur animal.

«Envisager la disparition d’un être qui fait partie de la famille et qui a partagé nos joies et nos peines pendant des années est très difficile. La mort reste un sujet tabou. On se trouve dans une zone grise, où la notion de culpabilité est souvent présente, analyse Dominick Rathwell-Deault. Certaines personnes hésitent à faire euthanasier leur animal, mais en même temps elles ont peur de se transformer en bourreaux en prolongeant son existence au-delà du raisonnable.»

Soins palliatifs

La bonne réponse? Il n’y en a pas, puisque chaque cas est unique. Vous seul connaissez la profondeur du lien qui vous unit à votre compagnon. Néanmoins, s’il souffre d’une maladie incurable, la décision de mettre fin à ses jours, aussi difficile soit-elle, est sûrement la plus grande preuve d’amour que vous puissiez lui offrir. Dans certains cas, retarder l’échéance vaut malgré tout la peine, juge la Dre Rathwell-Deault. «Les soins palliatifs en médecine vétérinaire sont aujourd’hui presque aussi sophistiqués qu’en médecine humaine. Sans tomber dans l’acharnement thérapeutique, ils permettent de gagner quelques mois ou une année afin d’entamer le processus de deuil tout en contrôlant la douleur pour que l’animal vive dans de bonnes conditions.» Malheureusement, ce type de soins coûte très cher (plusieurs centaines de dollars par mois en cas d’hospitalisation).

«Prendre le temps de la réflexion et passer encore un peu de temps avec lui est une bonne chose, pense aussi Michèle Lemay, vétérinaire à Montréal. Si on ne peut se préparer au chagrin que son départ nous causera, en revanche on peut mieux se préparer à l’idée qu’on va le perdre.»

Diagnostiquer la condition de l'animal

Votre vétérinaire est le meilleur juge pour diagnostiquer la condition de votre animal. Cependant, vous seul savez quelle est sa qualité de vie au quotidien. S’il a bon appétit, réagit normalement ou recherche votre compagnie, il n’est pas temps de mettre fin à ses jours. Au contraire, s’il subit des traitements douloureux qui ne le soulagent pas, s’il ne répond pas à vos appels, est inconscient ou indifférent à ce qui l’entoure, le moment est peut-être venu d’abréger ses souffrances.

Selon l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec, «les grands principes reconnus pour l’euthanasie doivent favoriser une perte de conscience rapide et la mort rapide de l’animal sans lui causer de douleur. Le professionnel doit minimiser le stress de l’animal et assurer son bien-être avant et pendant l’intervention. La mort de l’animal doit être dûment et rapidement vérifiée. Le médecin vétérinaire et les gens sous sa supervision doivent agir avec beaucoup de respect et de compassion.» 

Sept questions pour prendre conscience que l'animal souffre

  • Votre animal souffre-t-il d’une maladie que le vétérinaire ne peut soulager?
  • Est-il incapable de faire ses besoins seul?
  • Est-il incapable de manger et de boire lui-même?
  • Est-il incapable de se déplacer lui-même?
  • Est-il atteint d’une maladie incurable qui le fait souffrir?
  • Gémit-il une grande partie de la journée et a-t-il du mal à dormir?
  • Respire-t-il difficilement?

Une réponse positive à l’une ou à plusieurs de ces questions indique que l’animal souffre et n’a plus une vie agréable. Source: Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie

L'euthanasie et l'enterrement d'un animal

Devrait-on assister à la procédure ou pas? Cette décision ne concerne que vous. «Si vous ressentez le besoin d’être là jusqu’à la fin et si vous pensez que cela vous fera du bien, alors restez. C’est tout à fait correct et justifié», estime Annie Ross, professeure en techniques de santé animale au Cégep de Saint-Hyacinthe. En règle générale, c’est également mieux pour l’animal, précise-t-elle, car «il se sentira plus en sécurité et sera plus calme et rassuré si vous êtes avec lui». Beaucoup de maîtres choisissent d’ailleurs d’accompagner leur petit compagnon pour qu’il ne soit pas seul au moment de s’en aller.

Toutefois, l’expérience peut être traumatisante, y compris pour un adulte. C’est pourquoi Dominick Rathwell-Deault, médecin vétérinaire et chargée de cours à l’Université de Montréal, se montre réticente à la présence de jeunes enfants: «Ils n’ont pas encore un niveau de maturité suffisant pour comprendre ce qui se passe, et le fait de regarder un être vivant mourir risque de les perturber profondément. Et puis s’ils crient ou s’ils pleurent, cela risque d’angoisser encore plus l’animal.» En revanche, croit Michèle Lemay, médecin vétérinaire, s’il en manifeste le désir, un enfant devrait avoir la permission de voir le corps de son ami afin de lui dire un dernier adieu.

Pour que l’animal parte plus paisiblement, certains vétérinaires acceptent de venir à domicile et l’endorment, puis l’euthanasient sur place.

>> À lire aussi: Soins vétérinaires indispensables pour chats et chiens

Faire incinérer un animal

Pour votre tranquillité d’esprit, mieux vaut y penser avant d’être confronté au problème. Si vous ne souhaitez pas conserver les restes de l’animal, votre clinique vétérinaire le confiera à une compagnie qui le fera incinérer avec d’autres animaux (de 50 à 400 $, en fonction de sa taille et de son poids). Dans le cas contraire, vous avez deux options: emporter le corps pour l’enterrer vous-même ou choisir l’incinération individuelle et récupérer ses cendres. Celles-ci vous seront remises dans une urne que vous pourrez ensevelir, placer dans un columbarium ou garder chez vous – à moins que vous ne préfériez les disperser dans un endroit que vous aimez.

Plusieurs compagnies proposent un service de crémation privée, auquel le propriétaire peut assister s’il le souhaite; certaines vont jusqu’à filmer la procédure afin de garantir à leurs clients qu’il s’agit bien de leur animal et qu’il est tout seul dans l’incinérateur (de 250 à 450 $ environ). «De plus en plus de clients choisissent cette option, qui permet un rite funéraire assez semblable à celui auquel on est habitué avec les humains», observe
la Dre Dominick Rathwell-Deault.

Enterrer l'animal chez soi

Si vous possédez un jardin ou un terrain, vous pouvez aussi décider d’y mettre l’animal. Toutefois, sachez qu’un règlement du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs interdit cette pratique. «Légalement, nos animaux de compagnie sont considérés comme des “matières résiduelles”, au même titre que les ordures ménagères, et on n’a donc pas le droit de les enfouir ailleurs que dans un site autorisé. Par contre, on peut s’en débarrasser dans les poubelles», s’indigne la Dre Annie Ross. Malgré cela, beaucoup de propriétaires passent outre et enterrent leur compagnon sur leur terrain, au pied d’un arbre, par exemple.

Dernières possibilités: faire inhumer sa dépouille ou ses cendres dans un cimetière pour animaux, ou placer l’urne cinéraire dans un columbarium. Au cimetière Saint-François de Laval, par exemple, il existe une section réservée aux animaux. Les frais varient selon la taille de l’animal et le service choisi.

Faire le deuil de son animal de compagnie

«La perte d’un ami, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, est toujours un événement douloureux, explique le site InfoVet.ca. Il n’est pas facile de vivre avec sa peine et, parfois, des sentiments tels que le déni, la colère, la culpabilité ou la dépression peuvent nous envahir tant que nous n’avons pas accepté la réalité. Ces sentiments sont tout à fait naturels et doivent être exprimés. Chacun vivant son deuil à sa façon, vous pourriez passer par toute la gamme de ces émotions ou n’en ressentir que quelques-unes pendant plus ou moins longtemps. Le fait d’admettre leur existence est une étape importante du processus de deuil.»

D’après France Carlos, psychothérapeute et spécialiste du deuil animalier, une personne attachée à son animal passe par plusieurs phases:

  • le déni (refus d’accepter sa mort);
  • la peine, la colère et la culpabilité (pourquoi est-ce arrivé? à qui la faute? je n’aurais pas dû le faire euthanasier…);
  • la dépression (sentiment de vide; rien ne sera plus jamais pareil; comment vais-je vivre sans lui?);
  • l’acceptation (retour au réel; prise de conscience qu’on a fait tout ce qu’il était possible de faire);
  • le réinvestissement (la vie reprend le dessus).

Le meilleur conseil qu’on puisse donner à une personne en détresse, c’est qu’elle accepte ses émotions et se permette de vivre pleinement son deuil, affirme la médecin vétérinaire Michèle Lemay: «Trop souvent, l’entourage ne comprend pas le lien très étroit qui peut exister entre un maître et son animal. Dans le meilleur des cas, il y a un silence poli, mais parfois on entend des phrases du genre “voyons, ce n’était qu’un chien!”, “ce n’était qu’un chat” ou “va donc en chercher un autre!” Résultat, beaucoup de gens ont peur du jugement de leurs proches et se sentent honteux d’être tristes pour “un simple animal”. Ils n’osent pas exprimer leur peine, ce qui ralentit le processus de guérison.»

Vous avez du mal à surmonter votre chagrin ou un sentiment de culpabilité? Ne gardez pas vos émotions, partagez-les avec des proches qui ont connu votre ami à quatre pattes. Si cela est impossible, n’hésitez pas à demander de l’aide. Certains consultants en deuil animal organisent des réunions de groupe au cours desquelles les maîtres peuvent parler de leur petit compagnon pour se libérer de leur souffrance. Il existe aussi des livres qui traitent du deuil chez l’enfant et l’adulte. Renseignez-vous auprès de votre vétérinaire.

>> À lire aussi: Chats et chiens, solutions à 5 comportements indésirables

Les personnes âgées plus affectées

«Toutes les conséquences de la mort d’un animal de compagnie semblent exacerbées chez les personnes âgées, explique le thérapeute comportementaliste français Pierre Jegou. En effet, l’animal est souvent le dernier compagnon sur qui sont reportés toute l’affection et le besoin de contact physique. Sa mort entraîne la perte d’un repère structurant de la vie quotidienne, puisque la plupart de leurs occupations étaient liées à sa présence (repas, courses, promenades, jeux, caresses, toilette, etc.). C’est également le partenaire social qui disparaît: l’animal était un moteur pour les sorties et le dialogue avec autrui, et son absence rend plus aigus les sentiments de solitude et d’ennui. Enfin, il emporte avec lui une grande partie des souvenirs du couple, car il était parfois le lien avec l’époux disparu auparavant.»

Comment en parler aux enfants?

Ne cachez jamais la vérité! résume Annie Ross, médecin vétérinaire. «Surtout, ne racontez pas à votre enfant que l’animal s’est échappé ou “qu’il nous a quittés”, car il pourrait croire que ce départ est de sa faute et attendre son retour.

Ne lui dites pas non plus qu’on va “l’endormir pour toujours”, parce qu’il risque ensuite d’avoir peur d’aller au lit, ou alors expliquez-lui qu’il y a une différence entre le sommeil et la mort.» Il faut être sans équivoque sur le fait qu’il ne reviendra pas, mais en ajoutant qu’il ne souffre plus et qu’il vit quelque part heureux avec ses amis, suggère la Dre Dominick Rathwell-Deault.

Après la mort de l’animal, encouragez votre enfant à écrire une histoire, un poème, à faire des dessins ou à fabriquer un album photo en mémoire de son compagnon. Il existe aussi des cimetières virtuels sur le Web, où il pourra mettre sa photo avec un court texte. Si vous avez un jardin, vous pouvez y ériger un petit «monument», par exemple une pierre avec des fleurs, même si l’animal n’est pas enterré là. Tout cela peut alléger la peine de l’enfant, qui aura quelque chose de concret pour se souvenir de l’ami disparu et ainsi mieux faire son deuil.

Voici quelques conseils d’Annie Ross pour aider votre enfant avant une euthanasie.

  • Ne le «surprotégez» pas en le tenant éloigné du processus; voyez plutôt cela comme une forme d’apprentissage de la mort et du deuil, qui lui servira plus tard dans sa vie d’adulte.
  • Exposez-lui les choses avec des mots simples, sans trop entrer dans les détails.
  • Répondez aussi franchement que possible à ses questions.
  • Dites-lui bien qu’il n’est pas responsable de ce qui arrive.
  • Parlez-lui de l’intervention s’il le demande (l’animal sera d’abord endormi, puis son cœur cessera de battre sans qu’il s’en rende compte).
  • Laissez-le dire adieu à sa façon à son petit compagnon (cette étape est très importante pour lui permettre de mieux vivre ce deuil).
  • N’ayez pas peur ou honte de partager avec lui votre tristesse et votre peine, et encouragez-le lui aussi à exprimer ses émotions.
  • Ne lui demandez pas de cesser de pleurer ou d’«être raisonnable», laissez-le vivre son deuil.

Un grand nombre d'organismes ont à coeur le bien-être et la protection des animaux au Québec. Notre liste est donc loin d'être exhaustive.

Organisations professionnelles

Association canadienne des médecins vétérinaires
Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux
Ordre des médecins vétérinaires du Québec

Associations de défense des animaux et regroupements ayant à coeur le bien-être des animaux

Anima-Québec
SPCA de l’Outaouais
SPCA de Montréal
SPCA Laurentides-Labelle
SPA de l’Estrie
SPA de Drummond
SPA d’Arthabaska
SPA de la Mauricie
SPCA de Rouyn-Noranda
SPA de Québec
SPCA de la Côte-Nord
Centres d’adoption d’animaux de compagnie du Québec
Fédération des sociétés canadiennes d’assistance aux animaux
Le refuge pour chats de Verdun
Réseau Secours Animal
Société pour la protection des animaux du Canada
Société québécoise pour la défense des animaux
L'Action Citoyenne Responsable des Animaux de Compagnie au Québec

Ressources utiles pour faire le deuil d'un animal de compagnie

Maman, où est Fido? (Centre vétérinaire Rive-Sud)
Vivre le deuil (Le refuge pour chats de Verdun)
Livres sur la mort destinés aux enfants
Livres pour expliquer la mort et le deuil aux enfants

Deuil animalier: guide de survie, France Carlos, Broquet, 2008
Accompagner son animal vieillissant: vivre son grand âge et surmonter son deuil, Martine Golay-Ramel, Éditions Jouvence, 2007
Quand l’animal s’en va… Gérer la perte de son animal de compagnie, Dre Marina von Allmen-Balmelli, Éditions Jouvence, 2007

En cas d'urgence

Centre vétérinaire DMV (Lachine, Blainville, Saint-Hubert)
Centre vétérinaire Rive-Sud (Brossard et Laval)
Centre hospitalier universitaire vétérinaire, Université de Montréal (Saint-Hyacinthe)
Centre vétérinaire Daubigny (Québec)

À noter: ce texte a initialement publié dans notre guide pratique «Animaux de compagnie» écrit par Rémi Maillard. Pour consulter la liste des guides que vous pouvez vous procurer, consultez notre boutique en ligne.

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