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Trop d'essence dans le budget

Par Frédéric Berg Mise en ligne : 14 Mars 2013  |  Magazine : Avril 2013

Quand vous roulez sur une route de campagne, comme vous aimez votre voiture et la liberté qu’elle vous procure ! Mais combien votre balade vous coûte-t-elle?

Avoir une auto pèse lourd sur le portefeuille de son propriétaire, soit environ 10 000 $ par an, selon Statistique Canada. Le transport est d’ailleurs l’un des trois postes de dépenses les plus importants des ménages, soit 20 %, c’est-à-dire presque autant que le logement (28 %) et plus que l’alimentation (14 %). Aux mensualités, vous devez ajouter plusieurs poignées de dollars pour l’entretien du véhicule, les assurances et les droits d’immatriculation, entre autres. Et pour l’essence? De plus en plus : en 2011, toujours selon Statistique Canada, les ménages canadiens ont dépensé en moyenne 2 606 $ en carburant, soit 24 % de plus qu’en 2010!

Actuellement, au Canada, le prix de l’essence croît huit fois plus vite que l’inflation. Un train d’enfer! Au Québec, depuis 2010, les prix à la pompe ont bondi de 30 %, selon la Régie de l’énergie. «Beaucoup de gens se privent d’une économie d’argent substantielle en cédant à un achat qui vise le plaisir de conduire un véhicule utilitaire sport dont, au fond, ils n’ont pas besoin», résume George Iny, président de l’Association pour la protection des automobilistes.

Pour calculer combien votre propre voiture consomme, ne vous fiez pas les yeux fermés aux cotes de consommation annoncées par les fabricants, qui font miroiter des scores de plus en plus impressionnants. «Le rendement qu’ils promettent n’est pas toujours au rendez-vous », prévient Jesse Caron, recherchiste automobile pour CAA-Québec et ancien responsable de la section «Automobile» de Protégez-Vous.

En novembre 2012, Hyundai et Kia ont admis que les cotes de consommation de 172 000 de leurs véhicules vendus entre 2010 et 2012 au Canada et aux États-Unis étaient erronées. Mais l’écart constaté (0,3 L/100 km) est mineur comparativement à l’écart réel noté pour l’ensemble des véhicules. En effet, le ministère canadien des Ressources naturelles modifiera, en 2014, le protocole d’évaluation de la consommation d’essence des véhicules. En attendant, pour son Guide Autos, Protégez-Vous utilise les cotes de l’Agence de protection environnementale des États-Unis, qui sont de 15 à 25 % plus élevées que celles diffusées au Canada.



Comparaison: coût de la consommation annuelle d’essence  
Honda Civic 2013 (moteur de base 1,8 L 4 cylindres consommant en moyenne 7,1 L/100 km):

1 775$
(pour une distance de 18 000 km, soit le kilométrage annuel moyen d’un véhicule au Québec selon Ressources naturelles Canada et CAA-Québec)
Honda CR-V 2013 (moteur de 2,4 L 4 cylindres consommant en moyenne 10,7 L/100 km):

2 675 $
(pour une distance de 18 000 km, soit le kilométrage annuel moyen d’un véhicule au Québec selon Ressources naturelles Canada et CAA-Québec)

En optant pour ce véhicule plus lourd (300 kg de plus que la Civic) et au design moins aérodynamique, vous ajoutez 900 $ à votre budget d’essence annuel.

Et les bonnes habitudes de conduite?

Prenez aussi avec un grain de sel le discours voulant que de bonnes habitudes de conduite réduisent la consommation d’essence: l’économie ne dépassera pas 10 ou 15 % pour le commun des mortels, affirme George Iny, président de l’Association pour la protection des automobilistes (APA). «Le point déterminant repose vraiment dans le choix de votre prochain véhicule», explique-t-il. En privilégiant les voitures compactes les plus économiques ou un véhicule hybride, vous réduirez de 20 à 30 % votre consommation d’essence.

Flairant l’air du temps, et les bonnes intentions des automobilistes, beaucoup de fabricants orientent leur campagne de publicité dans ce sens. «Depuis trois ans, nos communications sont clairement axées sur l’argument de l’économie de carburant», reconnaît Christine Hollander, responsable des communications chez Ford. « Nous avons toute une éducation à faire pour convaincre que les nouveaux moteurs des camions, plus économiques, sont aussi puissants que les anciens.»

Il reste que la réduction de la consommation d’essence est plus qu’une question de marketing. Si les nouvelles voitures sur le marché sont de moins en moins gourmandes, peu importe la catégorie, c’est que les fabricants sont contraints d’offrir de tels véhicules. «La consommation de carburant est devenue cruciale pour les constructeurs à cause des exigences des gouvernements canadien et américain de baisser les émissions de CO2», rappelle George Iny.