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51 radars photo au Québec en 2015

Par Frédéric Berg Mise en ligne : 19 Juillet 2013

Ayez la pédale douce: 36 nouveaux radars seront installés au Québec d’ici 2015 afin de «modifier les comportements» et d’«améliorer le bilan routier», annonce le ministère des Transports.


Trente-six radars photo fixes, mobiles ou de surveillance aux feux rouges s’ajouteront progressivement aux 15 déjà installés au Québec à l’été 2009. Les nouveaux appareils entreront en fonction entre la fin de 2013 et le printemps de 2014, à la suite d’une campagne de sensibilisation. «C’est une étape importante en vue d’améliorer le bilan routier au Québec», a annoncé au début de juillet le ministre des Transports du Québec (MTQ), Sylvain Gaudreault. Ils seront implantés dans des municipalités situées dans les régions de la Capitale nationale, de Chaudière-Appalaches, de la Montérégie, de Montréal, de Laval, des Laurentides et de Lanaudière. «Ces régions ont été choisies parce qu’on y trouve beaucoup d’endroits où l’on constate des concentrations d’accidents liés à la vitesse ou au non-respect des feux rouges», précise le ministère.

Zones rouges

Une concertation entre les services de police et les villes concernées est en cours afin de déterminer les endroits exacts d’implantation de ces radars. «Les critères sont assez simples, explique Sarah Bensadoun, porte-parole du MTQ. Ce sont des lieux accidentogènes, où l’on constate souvent des vitesses excessives et le non-respect de la signalisation. Ce sont aussi des secteurs où les contrôles traditionnels sont rendus difficiles ou peu sécuritaires à cause de la configuration des lieux.» Puisque les appareils mobiles pourront être déplacés, plus de 170 endroits seront susceptibles d’être sous surveillance, sans compter les zones scolaires et les zones de chantiers. Précision importante: les appareils fixes ou mobiles seront toujours signalés par des panneaux routiers. De plus, deux sites Internet pourront renseigner les automobilistes sur les lieux d’implantation, notamment dans le cas des radars mobiles.
Objectif Sécurité
Québec 511

«Pièges à tickets?»

Depuis 2009, les radars photo ont généré 221 000 constats d’infraction au Québec, rapportant près de 30 millions de dollars dans les coffres de l’État. Ces sommes sont toutes reversées au Fonds de sécurité routière pour financer des programmes et des mesures de sécurité routière et d’aide aux victimes de la route, mais ces radars sont malgré tout souvent perçus par la population comme des «pièges à tickets». Marc Bellemare, ancien ministre de la Justice du Québec (2003-2004) et avocat spécialisé depuis 30 ans dans la défense des victimes d’accidents de la route, n’est pas d’accord. «Se faire prendre en faute et devoir payer une amende n’est jamais agréable. Mais dès qu’on se place du côté des victimes, on ne peut qu’être persuadé de l’intérêt de cet outil qui permet de sensibiliser les automobilistes au respect du Code de la route et qui donne des résultats réels», a-t-il expliqué à Protégez-Vous. Selon lui, l’annonce d’installation de radars supplémentaires constitue un pas dans la bonne direction. «Tout ce qui peut améliorer la sécurité routière est intéressant. Les radars ont fait leurs preuves partout où ils ont été installés. Le Québec rattrape son retard en la matière.»

Les radars photo

Par Jesse Caron (la section ci-dessous a été écrite en septembre 2011)

Depuis l’été 2009, un projet pilote du ministère des Transports a permis l’installation d’une quinzaine de radars et de caméras de surveillance aux feux rouges dans les régions administratives de Montréal, de la Montérégie et de Chaudière-Appalaches. Ne devant initialement durer que jusqu’au début 2011, ce projet est maintenu, et un déploiement à plus grande échelle est étudié à l’Assemblée nationale. Plusieurs municipalités ont manifesté leur intérêt pour ce projet et souhaitent héberger ces cerbères informatisés. Il existe trois types d’appareil: les radars fixes, les dispositifs de contrôle aux feux rouges et les radars mobiles. Les radars fixes sont munis de deux appareils photo haute résolution pour la prise de vue avant et arrière du véhicule ainsi que d’un flash rouge pour ne pas éblouir le conducteur. Ils transmettent automatiquement les clichés au Centre de traitement de la preuve (CTP).

À ce dispositif s’ajoutent des boucles d’induction magnétique enfouies dans la chaussée, qui servent à mesurer avec précision la vitesse du véhicule et, au besoin, à déclencher les prises de vue. Dans le cas des dispositifs de surveillance aux intersections, ce sont encore les boucles d’induction qui détectent le passage d’un véhicule. Quant aux radars mobiles, ils fonctionnent sur le même principe, sauf que la prise de vitesse est faite à partir d’un véhicule stationné.

Vous ne pouvez accuser personne de vous prendre par surprise: les lieux de contrôle sont indiqués par deux panneaux successifs. D’après le ministère des Transports, la distance qui les sépare varie d’un endroit à l’autre selon la configuration du site et la limite de vitesse permise. Pour savoir où ils sont situés, consultez la carte interactive du gouvernement.

En matière de vitesse, les radars risquent d’avoir souvent raison. Leur précision est certifiée par l’Institut national d’optique avant leur utilisation et vérifiée sur une base annuelle. Ils font également l’objet de nombreuses vérifications: tous les deux mois par le fournisseur et toutes les semaines par des policiers du CTP, en plus des vérifications automatiques quotidiennes… Enfin, chaque infraction transmise au CTP est évaluée par un policier, qui décide d’émettre ou non un constat d’infraction. Si vous comptez sur un léger écart entre votre vitesse et celle donnée par la machine, sachez que les appareils sont parfaitement étalonnés pour mesurer la vitesse exacte des véhicules.

Si vous êtes «flashé»

Le propriétaire du véhicule en infraction reçoit un constat d’infraction si le responsable au CTP le juge opportun. Il peut admettre sa culpabilité et payer le montant réclamé, en moyenne 100 $, selon l’excès de vitesse. Pour l’instant, cela n’entraîne aucun point d’inaptitude. S’il désire contester l’infraction, il dispose de 30 jours pour agir. Son dossier est alors transmis à la Cour du Québec pour audition. Parmi les conducteurs épinglés depuis l’été 2009, un quart a choisi de contester l’infraction, mais seuls 4 % d’entre eux ont été acquittés en cour.

Vous n’êtes pas le conducteur?

Si vous avez prêté votre véhicule, vous êtes responsable en cas d’infraction devant un radar. D’après le Code de la sécurité routière, les infractions sont imputables au propriétaire dont le nom apparaît dans les registres de la Société de l’assurance automobile du Québec. À la réception du constat d’infraction, vous disposez de 10 jours pour remplir le formulaire de désignation du conducteur responsable et le transmettre au Bureau des infractions et amendes (BIA) en même temps qu’un plaidoyer de non-culpabilité. Si le conducteur refuse de cosigner le formulaire de désignation, vous devez tout de même envoyer le formulaire au BIA en même temps qu’un plaidoyer de non-culpabilité. Le BIA pourra faire parvenir un constat d’infraction au conducteur indiqué. Si celui-ci refuse de payer, c’est la cour qui désignera le responsable. S’il s’agit d’une auto de location à court terme, le locateur paiera l’amende et se remboursera avec la carte de crédit du conducteur, à qui il facturera aussi des frais de service.


Le saviez-vous?

- En moyenne, on compte chaque année 260 décès, 1 120 blessés graves et 10 300 blessés légers attribuables à la vitesse. Source: ministère des Transports du Québec

- Près de 20 % des accidents corporels surviennent à des intersections dotées de feux de circulation. Source: ministère des Transports du Québec

- Au Québec, il est interdit d’introduire, de quelque façon que ce soit, un détecteur de radar de vitesse dans un véhicule.