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Par Frédéric Perron
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Ces fonds ont beau se dire «socialement responsables» ou «éthiques», leur sélection de titres de sociétés cotées en Bourse est souvent discutable.

Nés autour des années 1970 en grande partie grâce aux communautés religieuses qui voulaient investir selon leurs valeurs, les fonds éthiques ont d’abord été basés sur l’exclusion de secteurs (filtres négatifs) tels que l’armement, le tabac, l’alcool, le jeu, la pornographie et le nucléaire.

Aujourd’hui, la plupart des fonds d’ISR tiennent compte de facteurs tels que l’environnement, l’impact social et la gouvernance d’entreprise (facteurs ESG) en plus d’évaluer la performance financière des sociétés dans lesquelles ils investissent. C’est ce qu’on appelle l’approche des filtres positifs ou best of class. Les gestionnaires de ces fonds tentent ainsi d’identifier les sociétés qui ont les meilleures pratiques de leur secteur. Plusieurs fonds combinent l’analyse des facteurs ESG à des filtres négatifs. Par ailleurs, certains fonds se concentrent sur une problématique précise, comme les changements climatiques.

Ces fonds ont beau se dire «socialement responsables» ou «éthiques», leur sélection de titres de sociétés cotées en Bourse est souvent discutable. Par exemple, la plupart des fonds d’ISR d’actions canadiennes détiennent des titres de compagnies qui exploitent les sables bitumineux, une industrie très polluante. Devraient-ils s’abstenir d’investir dans ce secteur? La question a fait l’objet de débats animés au dernier Congrès canadien sur l’investissement responsable, qui se tenait à Toronto en juin 2010.

Des groupes écologistes comme Greenpeace­ et Les Amis de la Terre jugent irresponsable d’investir dans cette industrie. Mais selon plusieurs fonds d’ISR, il est préférable d’être actionnaire de ces compagnies et d’essayer de les amener à changer leurs pratiques. Selon eux, Suncor, une entreprise qui exploite les sables bitumineux, ferait preuve d’une transparence et d’une ouverture à la discussion exemplaires en plus d’investir dans le développement de technologies permettant de réduire ses impacts sur l’environnement.

Par ailleurs, les fonds d’ISR affirment n’avoir d’autre choix que d’investir dans les pétrolières s’ils veulent être concurrentiels par rapport aux fonds d’actions canadiennes traditionnels, le secteur de l’énergie comptant pour une part importante de la Bourse de Toronto. Les fonds d’ISR ne sont pas des passoires pour autant. Par exemple, la société Placements NordOuest & Éthiques a exclu British­ Petroleum (BP) de ses fonds en 2004 après avoir découvert des défauts de sécurité. Comme on le sait, BP a été responsable d’une importante marée noire dans le golfe du Mexique l’an dernier. De son côté, le Fonds de solidarité FTQ exclut Walmart – critiquée pour ses pratiques an­ti­syn­di­cales – de ses investissements internationaux.

Absence de normes

Au Canada, aucune loi ni norme n’encadre la composition et les pratiques des fonds d’ISR. « Comme les critères d’inclusion et d’exclusion varient d’un fonds à l’autre, comment savoir si un fonds est vraiment environnemental ou responsable? Sans normalisation découlant d’une législation, il est impossible pour le consommateur de les comparer», constate Fabien Durif (sur la photo), directeur de l’Observatoire de la Consommation Responsable­ de l’Université de Sherbrooke.

Novethic, un centre d’information et de recherche français, attribue un label d’ISR aux fonds qui prennent systématiquement en compte les facteurs ESG et qui publient l’intégralité de leur portefeuille. «Nous avons déjà considéré la création d’un label au Canada, mais nous hésitons à aller de l’avant, affirme Eugene Ellmen. L’ISR inclut une multitude d’approches, comme les filtres positifs, les filtres négatifs, les technologies vertes, etc. Un label ne rendrait pas justice à cette diversité.»

Et les rendements?

Que les investisseurs soient rassurés: les fonds d’ISR n’affichent pas des performances inférieures à celles des fonds traditionnels; ce serait même le contraire! Ces dernières années, la société de consultants Mercer a répertorié 36 études qui examinent l’impact de la prise en compte des facteurs ESG sur le rendement. De ces études, 20 ont trouvé un impact positif, 13 ont observé un impact neutre et trois seulement ont montré un impact négatif.

Sur une période de cinq ou 10 ans, quelques fonds d’ISR arrivent à talonner ou à battre leur indice de référence. Par exemple, le Fonds spécialisé d’actions Éthique­ a obtenu un rendement de 13,69 % sur 10 ans, contre 9,86 % pour l’indice BMO Nesbitt Burns Canadian Small Cap. Toutefois, comme c’est le cas pour la plupart des fonds communs, la majorité des fonds d’ISR n’arrivent pas à battre les indices de référence à long terme, notamment en raison de leurs ratios de frais de gestion élevés.

Crédit photo: Réjean Poudrette

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  • Par Monique Dumas-Quesnel
    05 Janvier 2012

    J'ai lu un article à ce sujet il y a plusieurs années et j'ai investi dans quelques fonds éthiques. Ils ont été les plus performants de mon porte-feuille REER. Je ne l'ai jamais regretté.

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  • Par GERMAIN BILODEAU
    29 Décembre 2014

    Je note que d'après votre tableau, ils sont presque tous gagnants à l'item frais de gestion.

     5
  • Par VALERIA DEGIOVANNI
    05 Janvier 2012

    j'ai demandé à mon conseiller financier de me conseiller des fonds ethiques, si non je ne crois pas qu'il m'en aurait parlé. J'ai investie avec Northwest Ethical Funds et c'est le fonds avec le quel j'ai le plus haut taux de rendement personnalisé. Il va super bien ! J'ai aussi des fonds équitables avec Desjardins et ils sont assez performants.

     4
  • Par Dario Iezzoni
    05 Janvier 2012

    valeria, desjardins n'offre pas de fonds équitables. mais éthiques, oui.

     2
  • Par Khalil Essadik
    05 Janvier 2012

    Tant que c'est pas encadré, cela resteront plus un argument de vente que de réels fonds éthiques. Et donc, j'opte pour ma propre constitution de portefeuille.

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