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Par Céline Monpetit Mise en ligne : 23 novembre 2016  |  Magazine : janvier 2017

En alimentation, chaque nouvelle année apporte son lot de tendances. Après le « sans gluten », le chou frisé (kale) et les smoothies, quels grands courants marqueront 2017 ?

Alimentation intuitive

Si ce n’est déjà fait, vous entendrez sûrement parler d’alimentation « intuitive » très bientôt. Cette approche serait de plus en plus étudiée et utilisée par les experts du domaine, selon la docteure en nutrition Karine Gravel, qui l’enseigne.

« Manger intuitivement consiste à s’alimenter en écoutant son corps et non sa tête, dit-elle. Plutôt que de compter les calories, la personne apprend à reconnaître et à respecter ses signes de faim et de satiété. » Et à observer, par exemple, ce qui se passe émotionnellement quand elle a une rage de sucre ou de chips. « Suivre une diète restrictive ne permet pas de travailler la source du problème, c’est-à-dire ce qui incite à mal ou à trop manger », explique la nutritionniste.

L’approche n’exclut pas l’idée de perdre du poids, mais vise avant tout à ce que la personne atteigne un poids réaliste en fonction du corps qu’elle a, et à améliorer sa relation à la nourriture. En termes concrets, cela signifie notamment apprendre à faire la différence entre avoir faim et avoir envie de manger, prendre le temps de déguster les aliments, ou faire de l’exercice pour le plaisir plutôt que pour maigrir.

Les produits « sans »... noms compliqués

Sans gluten, sans cholestérol, sans gras trans, etc., la tendance de l’« étiquette propre », ou clean label, se poursuit avec les « sans OGM », « sans arômes ni colorants artificiels », « sans additifs » et… sans ingrédients aux noms incompréhensibles !

« Selon un sondage mené par l’agence de communication Havas, le consommateur est de plus en plus critique face à l’industrie agroalimentaire. À peine 30 % des personnes interrogées disent avoir confiance qu’on leur offre des produits sains et sécuritaires. Mieux informés que par le passé, les gens exigent dorénavant des produits santé », affirme Paule Bernier, présidente de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec.

Et l’industrie n’a pas le choix de répondre. Par exemple, en août 2016, Nestlé USA lançait sa campagne Kitchen Cupboard pour signifier qu’elle utilise de « vrais » aliments dans ses produits. On trouve de plus en plus d’allégations de type « seulement cinq ingrédients simples » sur le marché, confirme Sonia Pomerleau, nutritionniste à l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l’Université Laval. « Mais il ne faudrait pas que cette tendance confère une aura “santé” à des aliments transformés », prévient la nutritionniste Karine Gravel. Le Coca-Cola Life, sucré « avec des édulcorants de sources naturelles », illustre bien l’inquiétude de la nutritionniste. Car ses édulcorants ont beau être de source naturelle, cette boisson gazeuse sucrée n’a rien d’une boisson santé.

Plus de collations santé à l’épicerie

En ce moment, c’est la génération Y (les 20-35 ans) qui dicte les tendances alimentaires. « Ils exigent des produits santé alléchants et pratiques, qui conviennent aux parents pressés qu’ils sont souvent », explique Jordan LeBel, professeur de marketing alimentaire à l’Université Concordia. Vous verrez donc de plus en plus de collations nourrissantes à l’épicerie. Par exemple, des craquelins de grains entiers cuits au four, des fruits coupés ou encore des barres de céréales faites de seulement quelques ingrédients.

Selon Jordan LeBel, l’Europe et les États-Unis y vont à fond de train dans l’élaboration de collations santé à manger sur le pouce. Comme les Olives to Go de Pearls, ces petits pots d’une dizaine d’olives (non vendus au Québec au moment où nous écrivons ces lignes). Même les Laboratoires Abbott, spécialisés dans les produits pharmaceutiques, se lancent dans la mêlée avec leur gamme Curate, des collations faites avec des figues, des amandes, du vinaigre balsamique, du quinoa et des graines de chia.

Ça suffit, le gaspillage !

Le gaspillage alimentaire fait couler beaucoup d’encre, et les initiatives pour y mettre fin se multiplient. En France, une loi sur la lutte contre le gaspillage alimentaire a même été adoptée en février 2016 pour empêcher les supermarchés de jeter de la nourriture encore bonne. Ici, Geneviève Rousseau, 23 ans et fraîchement diplômée de HEC Montréal, est à la tête de l’organisme BonApp, qui, en 2016, déployait dans la métropole cinq frigos où les résidents peuvent déposer leur trop-plein de denrées. « Tant mieux si ça peut aussi aider les démunis, mais notre mission première est de réduire le gaspillage alimentaire », dit la jeune femme.

Autre initiative antigaspillage : les légumes non standards, que l’industrie rejetait d’emblée jusqu’à récemment. On en voit sporadiquement dans les supermarchés, mais on peut en trouver ailleurs. Second Life, lancé en septembre 2015, les vend sur Internet et les distribue dans des points de chute, hiver comme été, comme le fait Équiterre avec ses paniers bio. Les jeunes fondateurs de l’entreprise, Quentin Dumoulin et Thibaut Martelain, ont peine à suffire à la demande, « qui a presque quadruplé depuis le début du projet », disent-ils.

Pour en savoir plus sur cet enjeu, consultez le site tuvaspasjeterca.com, fondé par Éric Ménard, titulaire d’une maîtrise en gestion de l’environnement de l’Université de Sherbrooke.

Manger local

Voilà une tendance qui ne semble pas vouloir s’essouffler. Quarante-six pour cent des 3 669 répondants de notre communauté DataConso.ca, sondés lors de notre enquête sur les supermarchés en mai 2016, disent que la présence de produits québécois est un facteur important dans le choix de leur épicerie. La tendance « manger local » est en train de surpasser celle du « bio », révèle une étude menée en février 2016 auprès de 11 976 personnes dans 37 pays par l’agence de communication Havas. Selon cette étude, 54 % des 500 Canadiens interrogés se disaient prêts à payer plus cher pour des aliments produits localement.

Pourquoi donc ? D’abord parce qu’acheter local permet de diminuer l’impact environnemental lié au transport, décrit l’étude. Ensuite parce que « les produits locaux sont perçus comme étant plus frais, plus santé et meilleurs au goût », explique Francine Rodier, professeure de marketing à l’ESG UQAM et chercheuse associée à l’Observatoire de la consommation responsable.

Envie de vous joindre au mouvement ? Pour vous faire livrer des paniers d’aliments produits localement (tous les produits ne sont pas offerts en hiver), visitez notamment maferme.ca, lufa.com ou encore equiterre.org.

Nourrir son microbiote

Qu’ont en commun La Presse, Le Devoir, Le Journal de Montréal, le magazine Châtelaine et la revue scientifique américaine Science ? En 2016, tous ces médias ont publié des articles sur le microbiote, le nouveau nom de la flore intestinale. Comme le souligne Bernard Lavallée dans son blogue Le nutritionniste urbain, « s’il y a bien un domaine de recherche en explosion présentement, c’est celui où on étudie les milliers de bactéries différentes qui peuplent notre tube digestif ». Pour quelle raison ? Parce que les études tendent à montrer que le microbiote pourrait avoir une grande importance pour notre santé, notamment en influant sur notre système immunitaire et en jouant un rôle dans la protection contre certaines maladies, dont le diabète, les maladies intestinales, la maladie de Parkinson et l’alzheimer.

Au premier rang des produits « pro-microbiote » : les aliments fermentés, ou aliments vivants, comme le thé kombucha ou le kéfir, qui sont très riches en enzymes et probiotiques et favorisent la présence de bonnes bactéries dans les intestins.

Le règne végétal

En 2005, à peine cinq restaurants végétariens avaient pignon sur rue à Montréal. Et en 2016 ? La ville en comptait 67, selon l’Association végétarienne de Montréal. À lui seul, ce chiffre illustre bien la popularité du végétarisme, qui rallie de plus en plus de « messieurs et mesdames Tout-le-monde ». Certains font même un pas de plus et deviennent végétaliens en éliminant de leur alimentation les œufs et les produits laitiers.

Mais la vraie tendance, c’est le véganisme, un mode de vie qui exclut tout produit issu des animaux ou de leur exploitation. Montréal a même son Festival végane, qui réunit exposants et conférenciers : « En 2014, la première édition du Festival avait attiré 5 000 personnes. Un an plus tard, c’était plus de 10 000 », dit Élise Desaulniers, auteure et conférencière sur les questions d’éthique animale.

Pour les véganes – un mot entré dans le dictionnaire Larousse en 2015 –, l’animal est un être vivant sensible, qui a le droit de vivre sa vie sans être au service de l’humain. Ces consommateurs, qui mettent la compassion au premier plan de leurs critères d’achat, ne portent ni chaussures en cuir ni vêtements de laine, et ne mangent ni miel ni aliments contenant de la gélatine. Selon Paule Bernier, « le consommateur est de plus en plus conscient de l’impact de son alimentation sur l’environnement ». La montée du véganisme en témoigne.

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Santé et alimentation

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