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Par Catherine Crépeau Mise en ligne : 24 mars 2017  |  Magazine : mai 2017

shutterstock.com

Traitement contre les hernies à Cuba, pose d’implants dentaires au Mexique, injection de cellules souches en Chine... Le tourisme médical est un remède qui gagne en popularité auprès des Québécois.

Les Québécois sont de plus en plus nombreux à boucler leurs valises pour aller se faire soigner à l’étranger, que ce soit pour avoir accès rapidement à un traitement, obtenir une intervention qui n’est pas disponible ou qui n’est pas reconnue au Canada, ou se faire opérer pour moins cher que dans les cliniques privées d’ici. C’est notamment le cas pour les chirurgies esthétiques et les soins dentaires qui ne sont pas couverts par le régime public d’assurance maladie.

La situation n’est pas nouvelle. Et si les échos dans les médias sont plus discrets aujourd’hui qu’au début de la décennie, le phénomène est loin de s’essouffler. En 2015, environ 45 500 Canadiens, dont 3 300 Québécois, ont voyagé à l’étranger pour recevoir des soins de santé, selon l’Institut Fraser, un organisme canadien de recherche en politiques publiques. Un chiffre qui se situe probablement en deçà de la réalité, puisqu’il est basé sur un sondage réalisé auprès des médecins spécialistes, à qui les patients ne confient pas toujours leur intention de se faire traiter à l’étranger. Les touristes de santé canadiens seraient plutôt autour de 100 000, selon les estimations des organisateurs de « Destination Santé », un salon de tourisme médical canadien dont la deuxième édition a eu lieu à Ottawa en septembre 2016.

>> À lire aussi sur notre site: Comment mieux comprendre les études scientifiques

À l’échelle mondiale, 14 millions de personnes traversent annuellement les frontières de leur pays pour obtenir des soins médicaux, esthétiques ou dentaires. Un marché estimé à entre 45,5 et 72 milliards de dollars US et qui croît de 15 à 25 % par année, évalue Patients Beyond Borders, une organisation américaine qui informe les patients sur les soins offerts et sur leurs prix à travers le monde.

La croissance du tourisme médical ou de santé s’explique par la possibilité de se faire opérer plus rapidement et à moindre coût que dans les hôpitaux et les cliniques privées québécois. Ainsi, une dérivation gastrique, pour laquelle vous devrez patienter jusqu’à trois ans au public – ou défrayer autour de 20 000 $ au privé –, peut être réalisée à quelques semaines d’avis pour 9 000 $ dans un hôpital indien. Une chirurgie de la cataracte vous coûtera de deux à trois fois moins cher en Pologne qu’ici. Les avantages financiers sont réels, mais il y a des risques. La plupart sont liés au manque de garantie sur la qualité des soins et des actes chirurgicaux, à la quasi-absence de suivi postopératoire et aux difficultés de recevoir une copie de son dossier médical ou de l’obtenir en français. 

Qui sont les touristes médicaux ?

Pour Steeve, aller à Cuba en 2012 était la seule façon de se faire opérer pour sa dégénérescence discale, car les médecins québécois estimaient que sa situation n’était pas assez urgente. « Ici, on me proposait uniquement de la médication et des exercices pour calmer la douleur. Et l’opération n’est pas offerte au privé », explique le quadragénaire.

D’autres, comme Martine, veulent obtenir des traitements qui ne sont pas reconnus au Canada. Atteinte de sclérose en plaques, elle a choisi d’aller en Pologne en 2010 pour recevoir la thérapie de libération mise au point par le Dr Paolo Zamboni et qui consiste à dégager certaines artères en les dilatant avec un cathéter à ballonnet. Six ans plus tard, Martine ne regrette pas l’investissement, même si elle se dit incapable de déterminer si l’amélioration de son état est attribuable au traitement ou à la médication, qu’elle n’a jamais cessé de prendre. « Je connaissais les réticences de mon médecin quant à la sécurité et à l’efficacité de la thérapie, mais ce n’était pas suffisant pour m’arrêter. J’étais prête à tout pour préserver ma qualité de vie. Je le referais sans hésiter. » Et cela, même si la controversée thérapie s’est révélée peu efficace à long terme et a été abandonnée par plusieurs cliniques.

« Les patients achètent de l’espoir, affirme le Dr Jean-Marc Girard, neurologue à la Clinique de sclérose en plaques du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Et même s’ils sont plus conscientisés, plus prudents et plus sceptiques depuis l’histoire Zamboni, ils continuent de s’intéresser à des traitements dont les résultats ne sont pas prouvés. Aujourd’hui, ce sont les injections de cellules souches au Mexique, en Chine ou en Russie qui attirent leur attention. Toutes les semaines, j’ai des patients qui me posent des questions à ce sujet. »

C’est que les études sur l’utilisation des cellules souches dans le traitement de la sclérose en plaques sont embryonnaires, et la technique reste à établir. « On ne sait pas quelles cellules souches utiliser et de quelle façon le faire. Un Américain a même développé une tumeur cancéreuse à la colonne après avoir reçu des injections de cellules souches en Chine, en Argentine et au Mexique », rapporte le Dr Girard, qui invite à la prudence avant de dépenser 15 000 ou 20 000 $ pour des traitements qui ne sont pas reconnus par les milieux médicaux d’ici.

Magasiner sur Internet

Les informations entourant le tourisme de santé abondent sur Internet. Il suffit de pianoter sur son clavier quelques minutes pour trouver des dizaines de sites d’information, des forums de discussion ou encore des cliniques médicales qui vantent les services qu’elles offrent aux patients étrangers, que ce soit à Cuba, au Costa Rica, en Tunisie, en Inde ou en Thaïlande. Certaines vous proposent même de remplir un formulaire en ligne pour obtenir une soumission, avant même que vous ayez discuté avec un médecin !

Selon l’organisation américaine Patients Beyond Borders, les chirurgies esthétiques restent les soins les plus prisés, mais la dentisterie gagne du terrain, et ce, partout dans le monde. Ces deux domaines ne sont pas couverts par le régime public québécois. Parmi les autres soins populaires auprès des Québécois : la chirurgie orthopédique – plus précisément le remplacement ou le resurfaçage du genou ou de la hanche et le traitement des hernies –, l’urologie, l’ophtalmologie, la gynécologie, ainsi que la chirurgie bariatrique et les autres procédures de perte de poids.

Devant la croissance de l’offre, des courtiers et des agences de tourisme médical ont vu le jour. Ces intermédiaires se présentent comme des agents de liaison entre les patients et les médecins étrangers. Il en existe une quinzaine au Canada. Parmi eux, Services Santé International SSI (Servimed), qui envoie environ 200 Québécois se faire soigner à Cuba chaque année, et MediTravel, qui propose des forfaits incluant l’intervention, l’avion et l’hôtel.

Ces intermédiaires préparent les dossiers, prennent contact avec les médecins étrangers, transmettent les questions des patients, traduisent les réponses reçues, et peuvent fournir un interprète pendant le séjour. Parmi les arguments de vente : les services, l’absence de liste d’attente et les prix. Les économies peuvent aller jusqu’à 80 % des tarifs américains, selon le pays et le type d’intervention, estime la Medical Tourism Association, un organisme international à but non lucratif qui défend les intérêts du tourisme médical. Un bénéfice évident, même s’il faut ajouter le coût du billet d’avion et de l’hébergement à la clinique, ainsi que les frais d’hôtel pour la période de récupération, laquelle peut varier de quelques jours à deux semaines, en fonction du type d’intervention. L’avantage pécuniaire n’est toutefois pas toujours au rendez-vous : plusieurs interventions proposées en Thaïlande, par exemple, sont plus chères que celles qui se font au Québec.

Prix de quelques interventions courantes ($ CA)*

Services limités

La plupart des agences n’offrent aucune garantie sur la qualité des soins et du suivi postopératoire. « Les courtiers, ce sont des money makers. Ils ne font pas ça pour rendre service, prévient le Dr Charles Bernard, président du Collège des médecins du Québec. Les touristes de santé ont donc avantage à se renseigner sur le sérieux de l’agence, de même que sur les certifications et les normes de l’établissement qui les recevra. [Ils doivent aussi s’informer sur] les risques de l’intervention qu’ils s’apprêtent à subir et [sur] les compétences des médecins qui la pratiqueront, et prévoir des arrangements postopératoires », indique-t-il.

Santé Canada suggère aussi de vérifier comment les services et les établissements sont accrédités dans le pays visité, et s’ils sont réglementés. Le ministère conseille également de lire les commentaires et évaluations concernant l’établissement et le médecin qui vous opérera, et aussi de chercher s’il y a eu des plaintes à leur propos. Un conseil difficile à mettre en pratique en raison de l’absence de registre central. Vous pouvez aussi vérifier si l’établissement qui vous accueillera a des ententes de partenariat avec des universités qui sont reconnues au Canada, aux États-Unis ou en Europe de l’Ouest, où les normes en matière de formation des professionnels et d’hygiène sont similaires.

Autre problème, selon Vos droits en santé, un site conçu pour informer les Québécois de leurs droits et responsabilités à l’égard du système de santé : l’information au patient. Certaines agences prévoient une consultation préopératoire avec le médecin, à destination. Le patient peut poser toutes ses questions avant de consentir à l’intervention. Mais les juristes du site s’interrogent : ce consentement est-il vraiment libre et éclairé, quand le patient est informé de la majorité des risques et des détails chirurgicaux une fois qu’il est sur place et qu’il a déjà engagé des frais importants ?

Des risques à considérer

Le tourisme médical suscite son lot d’inquiétudes en raison d’histoires malheureuses diffusées ponctuellement dans les médias. Par exemple, en 2016, un septuagénaire québécois est décédé après avoir été rapatrié d’urgence de Cuba, où il avait subi une chirurgie à la colonne vertébrale, et un homme a perdu, quelques semaines après son retour, deux des quatre implants dentaires qu’il s’était fait poser au Mexique.

Les professionnels de la santé que nous avons rencontrés ont tous souligné l’absence de règles internationales qui permettraient d’évaluer la compétence des médecins et la qualité du milieu de soins, notamment en matière d’asepsie. « Il y a certainement de bons dentistes et de bons médecins partout dans le monde, mais actuellement, il est impossible de savoir si leur niveau de formation correspond à celui d’ici ou si les établissements respectent nos normes en termes d’hygiène », explique le Dr Barry Dolman, président de l’Ordre des dentistes du Québec et de l’International Society of Dental Regulators (ISDR).

Le Dr Karl Weiss, président de l’Association des médecins microbiologistes infectiologues du Québec (AMMIQ), évoque pour sa part les risques d’infections dues à des bactéries multirésistantes aux médicaments. Ces complications se déclarent souvent quelques jours après l’intervention, alors que le patient est de retour au pays. Le Dr Weiss rapporte aussi le cas de patients ayant contracté le virus de l’hépatite, qui peut être transmis par des instruments mal stérilisés. Mais peu importe la complication, la majorité des médecins se disent mal à l’aise d’assurer le suivi d’une intervention dont ils ignorent les détails, surtout que les dossiers ne sont pas toujours disponibles et sont souvent incomplets.

Conscient des risques, Steeve admet qu’il a longuement réfléchi avant de se rendre à Cuba. Il s’est interrogé sur la pertinence de l’opération proposée par les médecins cubains – puisque cette solution n’était pas envisagée au Québec –, mais aussi sur la propreté de la clinique et la compétence des médecins. Après avoir déboursé 1 200 $ pour passer des tests (les mêmes que ceux qu’il a subis au Québec), il a été rassuré et n’a pas hésité à payer les 11 000 $ demandés pour la chirurgie. Une décision dont il se félicite, puisqu’elle lui a permis de dire adieu à la douleur. Si bien que deux ans plus tard, lorsque la douleur est revenue à la suite d’un accident de voiture, il a de nouveau déboursé 12 000 $ pour se faire opérer à Cuba. « Tout le monde ne peut pas se payer ça. Mais quand on y pense, on accepte de mettre des milliers de dollars sur une auto, mais pas sur notre santé. Moi, c’est grâce aux médecins cubains si je marche encore », avance-t-il.

Dans certains pays, les hôpitaux qui accueillent les touristes médicaux ressemblent à des hôtels. Ici, la salle d’attente d’un établissement malaisien.

Et si tout n’allait pas comme prévu ?

C’est lorsque des complications surviennent que les problèmes commencent : prolongation de séjour qui fait augmenter les frais, rapatriement ou hospitalisation d’urgence au retour, incapacité de trouver un médecin pour faire le suivi postopératoire ou corriger une intervention manquée, etc. « Ici aussi, il peut arriver des catastrophes. Mais quand ça arrive à l’étranger, c’est plus compliqué financièrement et émotionnellement. Et les assurances privées ne couvrent pas toujours », souligne le Dr Robert Turcotte, président de l’Association d’orthopédie du Québec (AOQ).

En situation d’urgence, lors d’une infection sévère par exemple, un médecin québécois ne peut refuser de traiter un patient. Les frais sont alors assurés par le régime public d’assurance maladie. En revanche, un médecin ou un chirurgien n’est pas tenu d’assurer le suivi postopératoire d’un patient, que ce soit parce qu’il estime ne pas avoir l’information nécessaire au dossier, que l’intervention n’a pas été faite dans les règles de l’art ou contre son avis, et que le lien de confiance est brisé. « Si l’intervention n’est pas concluante ou qu’une infection oblige le retrait d’une prothèse esthétique, par exemple, le patient risque de devoir encore débourser plus d’argent pour faire corriger le problème ici ou pour retourner voir son chirurgien », explique le Dr Éric Bensimon, président de l’Association des spécialistes en chirurgie plastique et esthétique du Québec (ASCPEQ).

Sans compter qu’il est parfois impossible d’apporter des correctifs. Dans certains cas, les chirurgiens hésiteront à traiter le patient parce qu’ils n’ont pas les détails de l’intervention effectuée à l’étranger, n’ont pas les compétences ou l’équipement nécessaires, ou ne peuvent garantir des résultats satisfaisants. « Nous n’avons pas toujours les mêmes techniques opératoires ou les mêmes prothèses. Comme si devant une vis, on n’avait pas le bon tournevis », illustre le Dr Turcotte. Au final, vous pourriez vous retrouver avec des problèmes de santé ou esthétiques plus importants qu’avant votre départ.

Sachez aussi que vos recours légaux sont bien minces en cas d’erreur médicale. Les médecins des pays étrangers ne sont pas assujettis aux lois canadiennes et québécoises, et le Collège des médecins du Québec n’a aucune emprise sur eux. Vous devez donc vous tourner vers les tribunaux ou les organismes réglementaires du pays où a eu lieu l’intervention. Et comme dans plusieurs pays les mécanismes juridiques en cas de faute médicale ou hospitalière sont sous-développés ou inexistants, vous pourriez vous engager dans un combat perdu d’avance.

Tirer parti du tourisme médical ? 

Le Québec accueille sa part de touristes médicaux. Une occasion de financer le système de santé, ou un risque de le rendre plus difficile d’accès ?

Le président de l’Association d’orthopédie du Québec, le Dr Robert Turcotte, croit que la question mérite d’être étudiée. « On pourrait avoir des ailes privées dans nos hôpitaux publics, comme c’est le cas dans plusieurs pays, pour opérer des patients de l’étranger. Ça permettrait de faire des profits pour améliorer les soins publics. Mais parce que les gens ont peur que les Américains passent avant les Québécois, on n’en parle pas », souligne-t-il en rappelant le tollé provoqué en 2013 par l’utilisation, en soirée, des salles d’opération de l’hôpital Royal Victoria pour soigner des étrangers. Rapidement, le ministre de la Santé et des Services sociaux de l’époque, Réjean Hébert, avait répondu que le Québec n’était pas ouvert au tourisme médical.

>> À lire aussi sur notre site: Votre corps, une richesse pour la recherche médicale

À la même période, plusieurs hôpitaux de Toronto offraient des soins à des touristes en vertu de programmes spécifiques, ce qui leur aurait permis d’obtenir quelque 20,5 millions de dollars entre 2010 et 2013. Devant la grogne populaire, le ministre fédéral de la Santé, Eric Hoskins, a cependant demandé aux hôpitaux de ne plus solliciter ou traiter de patients de l’étranger, le temps de s’assurer que les sommes recueillies retournent dans le système public et que les patients ne soient pas affectés par cette pratique.

Pourtant, insiste le Dr Turcotte, il serait possible d’utiliser les salles d’opération en dehors des heures courantes, en soirée ou les fins de semaine, sans nuire au système public. La Coalition Avenir Québec (CAQ) déplorait d’ailleurs, en juin 2016, que le taux moyen d’utilisation des salles d’opération québécoises était à peine supérieur à 50 %.

Nos touristes médicaux

La présidente de l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, la Dre Sylvie Bouvet, estime qu’environ 1 % des accouchements au Québec – soit entre 800 et 1 000 par année – ne sont pas couverts par l’assurance maladie. Une partie de ces futures mères sont des femmes qui n’ont pas de statut légal au Canada et n’ont donc pas accès au régime public. Mais beaucoup sont des femmes qui viennent accoucher ici en vue d’obtenir la citoyenneté canadienne pour leur bébé. « Ce sont des femmes aisées, capables de se payer l’avion et l’hôtel, et qui auraient les moyens d’obtenir des soins de qualité dans leur pays, souvent à des prix similaires. Alors, notre hypothèse, c’est qu’elles viennent pour le passeport », explique la Dre Bouvet. Le Canada est l’un des rares pays à attribuer la citoyenneté par le sol et non pas par le sang.

S’il est difficile de chiffrer le phénomène des « bébés-passeports », il est certain qu’il monopolise des ressources : médecins, infirmières, salles d’accouchement, etc. Et, dans plus de 90 % des cas, l’hôpital ne parvient pas à se faire payer les frais d’hospitalisation facturés – environ 3 000 $ par jour pour la mère et 1 000 $ pour le nouveau-né.

Les cliniques privées de chirurgie esthétique et de fertilité attirent aussi un certain nombre de touristes médicaux, pour la plupart des Américains, séduits par le bas prix des interventions (surtout lorsque la valeur du dollar canadien est en baisse). Quelques cliniques québécoises d’esthétique et d’orthopédie affichent d’ailleurs sur leur site internet les services qu’elles offrent aux patients qui viennent de l’extérieur de la province. Les chirurgies ultraspécialisées pour les transsexuels mises sur pied au Québec sont également recherchées par les étrangers, note le Dr Éric Bensimon, président de l’Association des spécialistes en chirurgie plastique et esthétique du Québec.

S’ouvrir ou non aux étrangers ?

Le Conference Board du Canada conclut pour sa part que le tourisme médical pourrait stimuler l’économie canadienne et générer des recettes qui seraient réinjectées dans le système de soins de santé. Le rapport Les hôpitaux canadiens devraient-ils s’ouvrir au tourisme médical ?, publié en 2015, précise que le Canada doit toutefois agir lentement et respecter certains principes comme :

  • conserver la priorité aux Canadiens pour l’accès aux soins ;
  • se concentrer sur des domaines dans lesquels le Canada possède un avantage concurrentiel ;
  • exiger des frais plus élevés de la part des patients étrangers ;
  • améliorer l’accès aux soins fournis par le système public de santé.

150 millions de dollars ont été dépensés en 2013 par des touristes étrangers venus se faire soigner au Canada.
Source : Conference Board du Canada.

Ressources utiles
Recevoir des soins médicaux dans d’autres pays - Gouvernement du Canada
Patients Beyond Borders (en anglais seulement)
Medical Tourism Association (en anglais seulement)

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Santé et alimentation

Commentaires 1 Masquer

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  • Par YVON ST-LOUIS | 21 avril 2017

    Notre père est le septuagénaire décédé en 2016 dont vous parlez dans votre article. Cette aventure a couté près de 100 000$ : opération initiale, soins intensifs, avion ambulance (35 000$), divers frais comme les interurbains et le voyage que notre mère a dû faire pour aller le rejoindre à Cuba. Aucun de ces soins sont couverts par la RAMQ. L'agence n'avais aucune procédure en place en cas d'urgences et ne comptez pas sur l’ambassade. Nous avons dû faire les recherches nous-mêmes et sachez que vous ne serez pas rapatrié tant qu’un médecin d’ici ne vous autorisera un lit dans un hôpital au Québec. Dans notre cas cela a pris près de 5 jours car nous étions dans la période des fêtes. Nous avons appris trop tard que nous aurions pu faire affaire avec un avocats pour négocier le retour plus rapidement. Enregistrer toutes les conversations téléphoniques que vous avez avec les intervenants, cela pourrait être utile dans une poursuite. Si vous décidez de tenter l’aventure, assurez-vous de partir avec quelqu’un de confiance sera en mesure de vous aider en cas de problème car vous vous retrouverez seul là-bas dans une position de grande vulnérabilité pour faire face à vos problèmes qui risquent de vous coûter cher. Il y a aussi toujours la barrière de la langue et la communication par téléphone n’est pas toujours facile dans ces pays ! Les médecins sont très bons mais les médicaments et les équipements auxquels ils ont accès sont désuets et les méthodes de stérilisation ne sont pas aussi sophistiquées qu’ici : notre père est revenu avec une paralysie partielle en plus d'une infection générale grave et une plaie de lit très importante qui aurait nécessité une opération. On se demande toujours ce qui serait arrivé si ma mère n’avait pas eu les moyens de payer tous ces frais. Les intermédiaires sont toujours gagnants, lorsque ça va bien, ce sont des héros et lorsque ça se gâte, ils n’ont aucune responsabilité et c’est ça qui doit changer.

    La Famille St-Louis