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Par Clémence Lamarche Mise en ligne : 23 mai 2017  |  Magazine : juin 2017

Photos: shutterstock.com, Daniel Rochefort

Miel de trèfle, de tilleul, de bleuet, de fleurs d'oranger, de pissenlit sauvage, de manuka... Le miel que vous achetez est-il aussi pur et de grande qualité qu’il le prétend? Nos tests démontrent que près d’un miel sur trois contient du sucre ajouté, présente des signes de surchauffe ou affiche une mauvaise indication florale ou géographique.

L’an dernier, Antoine a acheté du miel de manuka, issu du nectar d’une fleur originaire de Nouvelle-Zélande, en espérant mettre fin à ses sinusites récurrentes. Francine, elle, en ajoute à son thé matinal depuis qu’elle a souffert d’un cancer du poumon. Tous deux ont lu des articles vantant les propriétés antibactériennes et anti-inflammatoires de ce produit, bien que ses vertus thérapeutiques, lorsqu’il est ingéré, n’aient pas été prouvées scientifiquement.

Mais le miel de manuka qu’Antoine et Francine achètent, et qui se vend jusqu’à 50 $ le contenant, est-il authentique ? Peut-être pas. Cinq des 36 produits que nous avons analysés en laboratoire, dont quatre miels de manuka, proviennent en bonne partie d’une autre plante que celle indiquée sur leur emballage.

Sous la loupe

Le miel apparaît dans la liste des produits les plus à risque de fraude alimentaire de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) ainsi que dans celle du Parlement européen. Au Canada, 48 % des échantillons de miels importés qui ont été analysés par l’ACIA entre  2012 et  2016 ne satisfaisaient pas aux normes de composition ou d’étiquetage exigées au pays. Dans le cas des miels canadiens, ce sont 35 % des produits évalués qui ne répondaient pas à ces mêmes normes.

Curieux, nous avons voulu savoir de quoi sont réellement composés les miels vendus dans nos épiceries et magasins d’aliments naturels. Nous avons sélectionné 36 produits, dont au moins un de chacune des marques que nous avons repérées. Nos experts ont effectué une série de tests – les mêmes que ceux utilisés par l’ACIA et d’autres plus poussés – dans le but de déterminer, entre autres, si les produits contiennent du sucre qui est étranger au miel (de canne, de maïs, de betterave, de blé, de riz, etc.) ; s’ils ont été surchauffés lors du processus de transformation, notamment lors de l’extraction du miel ; et si le nectar utilisé dans leur composition (dans le cas des miels monofloraux) provient bien de la fleur indiquée sur l’étiquette.

Résultat ? Outre les cinq produits dont l’origine botanique est différente de celle inscrite sur leur emballage, nous avons trouvé des miels qui présentaient des signes de surchauffe, et d’autres qui renfermaient du sucre autre que celui du miel.

Au total, 31 % des échantillons que nous avons analysés en laboratoire comportaient des imperfections ou contrevenaient carrément aux normes canadiennes et internationales sur le miel. Voyez les résultats de nos tests.

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Santé et alimentation