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Par Rémi Maillard Mise en ligne : septembre 2010

Jeune fille vaccinée

Photo : Réjean Poudrette

« Dois-je faire vacciner ma fille ? » Cette question préoccupe des milliers de mères « d’un océan à l’autre ». Le gouvernement fédéral, la quasi-totalité du corps médical et, bien sûr, l’industrie pharmaceutique y sont favorables.

Au point qu’ils ont tout mis en œuvre pour assurer la promotion du Gardasil, un vaccin contre les deux principaux virus du papillome humain (VPH) responsables du cancer du col utérin. Huit mois seulement après son homologation par Santé Canada en juillet 2006 – un record –, le Comité consultatif national de l’immunisation a recommandé que les cinq millions de Canadiennes de neuf à 26 ans soient vaccinées.

Puis, quelques semaines ont suffi pour qu’Ottawa annonce la création d’un fonds de 300 millions de dollars destiné à inciter les provinces à lancer des campagnes de vaccination en milieu scolaire. Du jamais vu depuis l’instauration du programme de lutte contre la poliomyélite au milieu des années 1950.

Leurs arguments ? Contrairement à ce qui s’était passé avec la polio, il n’y a pas d’épidémie de cancer du col de l’utérus au Canada. En outre, l’incidence et les taux de mortalité de la maladie diminuent depuis un demi-siècle dans tous les pays industrialisés. « Les campagnes de vaccination anti-VPH sont donc inutiles, voire néfastes dans le contexte actuel de pénurie de médecins et d’infirmières, car elles mobilisent des ressources professionnelles et financières très importantes. »

Circonstance aggravante, dénoncent-ils, le Gardasil est le vaccin le plus coûteux de l’histoire et sa capacité à réduire la fréquence du cancer et la mortalité qui y est associée n’a pas été démontrée. Excès de prudence des pouvoirs publics ou triomphe du marketing pharmaceutique ? Le point en 10 questions.

«À cause des campagnes de publicité alarmistes financées par l’industrie, certaines femmes ont fini par penser qu’elles étaient de mauvaises mères si elles ne faisaient pas vacciner leurs filles.»
- Abby Lippman, Université McGill, Montréal

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