Adblock Plus lance une extension pour détecter les fausses nouvelles

Par Frédéric Perron Mise en ligne : 14 juin 2018 trusted-news.com

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Eyeo, l’éditeur allemand du populaire bloqueur de publicités Adblock Plus, espère ainsi aider à combattre le phénomène des «fake news».

La nouvelle extension, appelée Trusted News, est pour l’instant offerte uniquement pour le navigateur Chrome et analyse seulement les sources d’information anglophones. Eyeo compte toutefois la développer pour d’autres navigateurs et d’autres langues.

En se basant sur quatre sources (PolitiFact, Snopes, Wikipédia et Zimdars’ List), Trusted News analyse les sites d’information et leur attribue une cote: fiable (trustworthy), non fiable (untrustworthy), satirique (satire), biaisé (biased), etc. Une fois l’extension installée, cette cote apparaît dans une icône en haut à droite dans la fenêtre du navigateur.

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Par exemple, le New York Times et le Washington Post sont classés fiables, alors que The Onion est identifié comme site satirique. Breitbart, un site partisan de la droite américaine, est considéré biaisé, alors qu’Infowars, connu pour ses fausses nouvelles et ses théories du complot, est jugé non fiable.

Quand on visite des sites francophones comme La Presse ou Radio-Canada, Trusted News indique qu’il manque de données pour évaluer ces sites. Ce qui fait dire à Jean-Hugues Roy, professeur de journalisme à l’UQAM, que cette extension est peu utile dans le contexte québécois, du moins pour l’instant.

Un outil qui a ses limites

Sur Facebook, Trusted News se révèle peu efficace, identifiant la plupart des sources comme du contenu généré­ par les utilisateurs, sans se prononcer sur leur fiabilité. C’est d’ailleurs ainsi que l’extension identifie la page Facebook de Neon Nettle, pourtant reconnue pour ses fausses nouvelles, souligne Jeff Yates, chroniqueur de Radio-Canada spécialisé dans l’analyse de fausses nouvelles. L’extension arrive tout de même à évaluer certaines pages Facebook, notamment celle d’Infowars, jugée non fiable.

«De plus en plus, les créateurs d’informations trompeuses créent de nouvelles pages Web et utilisent des pages Facebook existantes pour relayer ces fausses informations, explique Jeff Yates. Tout ça se fait trop vite pour qu’une extension comme Trusted News arrive à les évaluer.» C’est de cette façon qu’une fausse nouvelle sur le G7 est rapidement devenue la plus partagée sur le Web.

«Cette extension n’arrivera pas non plus à identifier les fausses informations contenues dans des images ou dans des textes copiés-collés, que beaucoup de gens se partagent sur Facebook», poursuit le chroniqueur.

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La délicate question des biais

On le mentionnait plus haut: le site Breitbart, partisan des politiques de droite américaines, est identifié comme biaisé. «Les lecteurs de ce genre de site vont crier à la censure, croit Jeff Yates. Si une extension leur dit que leur site préféré est biaisé, ils vont tout simplement la désinstaller.» Même son de cloche du côté de Jean-Hugues Roy: «Si des gens lisent Breitbart, c’est qu’ils lui font confiance», note-t-il.

Les deux experts s’entendent aussi sur l’importance d’éduquer les gens face aux sources d’information et aux fausses nouvelles, notamment grâce à des initiatives comme #30sec, qui sensibilisent les jeunes du secondaire à ces questions.

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