70 médicaments dangereux pour les aînés

Par Priscilla Franken Mise en ligne : 14 juillet 2011

Faut-il s’inquiéter de la hausse du TDAH chez les adultes Shutterstock

70 médicaments favoriseraient les chutes, parfois mortelles, des personnes âgées.

Antidépresseurs, antitussifs, antihypertenseurs, diurétiques, antiépileptiques... La liste est longue et fait froid dans le dos: 70 médicaments (PDF) représenteraient un danger pour les personnes âgées, selon les résultats d'une étude publiée à la fin du mois de juin. Ils provoqueraient différents effets secondaires, comme des troubles de l'équilibre, de la vision ou de la mémoire, ou encore des faiblesses musculaires, qui pourraient être à l'origine de chutes, parfois mortelles, pour les personnes du troisième âge.

Menée auprès de 13 000 volontaires de plus de 65 ans par des universités britanniques et américaines, la recherche a duré deux ans. Vingt pour cent des patients qui prenaient les médicaments en question sont décédés, contre 7 % de ceux qui n'en prenaient pas. Pour être plus précis sur le mécanisme en cause, c'est l'effet anticholinergique de ces remèdes qui est pointé du doigt par les chercheurs. En clair, ils bloquent l'action d'un neurotransmetteur, l'acétylcholine, qui joue un rôle très important dans le système nerveux central.

La «surmédicamentation» en cause

«Les personnes âgées sont les premières victimes de la surmédicamentation, déplore Pierre Biron, spécialiste de la pharmacovigilance. Or, après 65 ans, les reins ne fonctionnent qu'à moitié. Ainsi, la même dose médicamenteuse ne sera pas éliminée aussi facilement par une personne de plus de 65 ans que par un jeune de 20 ans.» À ses yeux, les médecins ont la responsabilité de hiérarchiser les objectifs et les besoins lorsqu'ils font des prescriptions: le besoin est-il réel? Quelle est la dose de médicament la mieux adaptée? Quels sont les effets escomptés comparés à l'impact possible en termes de qualité de vie?

Pour les patients, difficile de se retrouver dans la littérature médicale! Reste la responsabilité de s'informer systématiquement sur les médicaments qui nous sont prescrits, en naviguant sur Internet ou encore en discutant avec notre médecin et notre pharmacien. Par ailleurs, une lecture attentive de la notice devrait demeurer un réflexe essentiel, de même que l'observation des réactions de son corps lorsqu'on commence à prendre un médicament.

Ressource utile: Conseils des physiothérapeutes pour la prévention des chutes (PDF)

Au Canada, environ 30 % des aînés feront au moins une chute par année. De ce nombre, la moitié souffriront d'une foulure ou d'une fracture. Les blessures résultant de chutes peuvent mener à une incapacité, à de la douleur chronique, à une perte d'autonomie ou rendre la personne qui en est victime réticente à reprendre ses activités habituelles.
Source: Association québécoise des centres communautaires pour aînés.

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