Le scandale des implants mammaires défectueux touche-t-il le Québec?

Par Rémi Maillard Mise en ligne : 12 janvier 2012

L'affaire des prothèses mammaires non conformes fabriquées par une société française prend de l'ampleur à l’échelle mondiale.

Photo: shutterstock

Les prothèses mammaires défectueuses de la société française Poly Implant Prothèse (PIP) touchent de 400 000 à 500 000 femmes dans le monde, surtout en Argentine, au Brésil, en Colombie et au Venezuela, mais aussi en Europe.
 
En France, où quelque 30 000 femmes ont reçu ce type d'implant, le gouvernement a recommandé son retrait «à titre préventif» en décembre dernier.
 
L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé avait décidé de retirer les prothèses mammaires PIP du marché dès le printemps 2010, après avoir découvert que cette société utilisait un gel non médical et non homologué pour les remplir.
 
Un mélange surprenant
Selon la presse française, le gel de ces prothèses consistait en un «mélange surprenant de produits commandés à des entreprises de composants industriels et chimiques». Il s'agissait de produits non purifiés, dont un additif pour des carburants ou des tubes en caoutchouc, qui n'avaient jamais subi d'essais cliniques pour évaluer leur nocivité sur l'organisme.
 
La filiale française de la société allemande Brenntag, spécialisée dans la production de produits chimiques, aurait ainsi fourni à PIP du Baysilone, un type de silicone habituellement employé dans les composants électroniques ou pour sceller des matériaux de construction... Ce produit et d'autres huiles de silicone retrouvées dans les implants attaquent l'enveloppe des prothèses, ce qui entraîne un risque accru de fuite de gel dans l'organisme.
 
Au total, la France a enregistré plus de 1 100 ruptures et 500 réactions inflammatoires ayant entraîné le retrait de ces prothèses.  
 
Pas d'inquiétude au Québec
De l’autre côté de l’Atlantique, Santé Canada se fait rassurant: «La vente d'implants mammaires remplis de gel de silicone fabriqués par PIP n'a jamais été autorisée au pays», affirme Olivia Caron, porte-parole du ministère.  

Seuls deux fabricants, Mentor et Allergan, ont l'autorisation de vendre des implants mammaires au Canada. La liste des implants autorisés pour la vente est disponible sur le site de Santé Canada.

«Les patientes québécoises n'ont aucun souci à se faire, confirme le Dr Jacques Papillon, chirurgien plasticien établi à Montréal. Les modèles de prothèses en gel de silicone utilisés au Québec depuis six ou sept ans sont tout à fait sécuritaires.»
 
Suivi radiologique
La prudence est tout de même de mise, selon le Dr Papillon. Dans un rapport (en anglais uniquement) publié en 2011, la FDA suggère en effet aux femmes ayant des implants mammaires à base de silicone d'effectuer un suivi radiologique après quelques années. «Avec ce type d'implants, il y a un risque de suintement du silicone à travers l'enveloppe de la prothèse. Et même si celui-ci est minime, il peut occasionner, chez certaines patientes, des troubles locaux, sous la forme de réactions inflammatoires.» L'unique moyen de voir si la prothèse est percée ou déformée est de passer une radio, une échographie ou un examen d'imagerie par résonance magnétique.
 
Cela dit, assure le Dr Papillon, «aucune étude sérieuse ne prouve à ce jour que des maladies comme la fibromyalgie ou certains cancers, sont dues à la présence de prothèses mammaires en silicone défectueuses.»
 
Selon l'International Society of Aesthetic Plastic Surgeons, près de 25 000 augmentations mammaires ont été pratiquées au Canada en 2010. 

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