Par Hélène Roulot-Ganzmann Mise en ligne : 04 avril 2013

Extensions capillaires évitez les maux de tete

Maux de tête, perte de cheveux, infections, allergies... La pose d’extensions capillaires n’est pas sans risque.

«C’est à cause de Céline Dion!», explique Véronique Beaupré, propriétaire du salon de coiffure Local B, à Montréal, en rappelant l’origine de l’engouement pour les extensions capillaires au Québec au début des années 2000. Notre vedette nationale exhibait alors des cheveux courts un jour et de longues cascades le lendemain! De quoi faire des envieuses…

Son secret beauté a vite été éventé: les extensions capillaires, qui sont depuis longtemps populaires notamment en Afrique, où les femmes les utilisent pour allonger leurs cheveux crépus. «Dans le monde occidental, elles ont longtemps été réservées aux vedettes. Mais aujourd'hui, elles sont disponibles partout et constituent un véritable phénomène. Au Local B, nous en posons tous les jours», dit Véronique Beaupré.

Maux de tête et cie

Un phénomène qui n’est toutefois pas sans risque pour la santé. En février dernier, le magazine américain Consumer Reports rapportait le cas de femmes souffrant de maux de tête après s’être fait poser des extensions capillaires par tissage horizontal, qui consiste à faire une tresse très serrée autour du crâne pour ensuite y coudre les extensions. Or, cette tresse, à laquelle s’ajoute le poids des extensions, tire sur le cuir chevelu et provoque ce que les médecins appellent une céphalée de tension. Ce type de mal de tête peut aussi faire souffrir les femmes portant des queues de cheval ou des chignons très serrés.

Protégez-Vous a tenté d’obtenir l’avis d’une dizaine de médecins québécois, de même que des associations de dermatologistes, de neurologues et d’allergologues. Personne n’a souhaité commenter cette problématique, affirmant ne pas avoir rencontré de patients présentant des problèmes liés aux extensions capillaires. Les photos de la chevelure abîmée de la chanteuse Britney Spears, grande adepte des extensions, ont pourtant fait le tour de la planète Web en 2010, révélant du coup des histoires d’horreur de femmes qui ont vu leur crâne enfler ou s’infecter. D’autres ont aussi témoigné avoir perdu leurs cheveux naturels.

À chaque méthode ses risques

Il existe quatre techniques principales de pose d’extensions, chacune comportant des risques lorsqu’elle est mal pratiquée, selon le salon Amaryllis Extensions Paris.

1. La fixation par tissage: traditionnellement utilisée par les femmes aux cheveux crépus. Elle n’est pas recommandée pour les Occidentales aux cheveux souvent trop raides et lisses. En plus de risquer de causer des maux de tête, une tresse trop serrée sur le crâne peut nuire à l’irrigation du cuir chevelu. Les cheveux naturels sont alors fragilisés, desséchés et, parfois, ils ne repoussent plus (alopécie).

2. La fixation par clips: les extensions sont accrochées à des sortes de barrettes qu’il suffit de fixer à la chevelure naturelle. Le principal risque émane de la qualité des extensions capillaires: elles sont souvent faites de cheveux synthétiques qui s’emmêlent facilement avec les cheveux naturels.

3. La fixation par tressage: elle consiste à natter les extensions avec les cheveux naturels. En vogue chez les jeunes parce que moins dispendieuse, cette méthode, si elle est pratiquée trop souvent, peut abîmer les cheveux et même entraîner leur chute (alopécie).

4. La fixation par point de kératine: les extensions sont collées aux cheveux naturels avec de la kératine, une protéine fibreuse très résistante, contenue dans les cheveux. Les points de colle, fondus à chaud ou à froid, doivent être situés à au moins un centimètre du cuir chevelu, sinon il y a risque de réaction allergique, d’infection, voire d’alopécie. La fixation par point de kératine est la plus en vogue, selon Véronique Beaupré, parce qu’elle offre un résultat très naturel. Mais c’est également la plus chère, soit entre 200 et 1 500 $ en moyenne, selon le but visé – allonger, épaissir, ajouter des touches de couleur – et donc, du nombre d’extensions nécessaires. Petit budget s’abstenir!

Méfiez-vous si…

  • Un coiffeur dit pouvoir faire le travail sur-le-champ: un professionnel donne d’abord un premier rendez-vous de consultation durant lequel les objectifs sont précisés et les extensions commandées. Un essai peut aussi être pratiqué pour voir comment le cheveu naturel réagit.
  • Le prix est en deçà de 8 $ l’extension. Il y a fort à parier qu’il s’agit alors de cheveux synthétiques (à éviter) ou de cheveux naturels dits «brossés» qui vont rapidement s’emmêler avec la chevelure naturelle. Pour éviter tout risque d’emmêlement, il faut privilégier les «cheveux naturels respectant le sens des écailles, de la racine vers la pointe», selon Marie-Ève Medza, propriétaire du salon Mëdz, à Verdun.
  • Le temps de pose annoncé est de moins de deux heures. Pour allonger ou épaissir toute votre chevelure, il faut envisager la pose de 75 à 200 mèches, ce qui exige de patienter entre deux et quatre heures sur le fauteuil du coiffeur. Sinon, le travail risque d’être bâclé.
  • Un coiffeur prétend que les extensions ne demandent pas d’entretien. Peigne, brosse, masque, shampooing, démêlant... il faut compter 20 minutes, matin et soir, pour prendre soin de ses extensions, en plus d’un traitement au salon toutes les six semaines.
  • Un coiffeur affirme que vos extensions dureront un an. Elles ont généralement une durée de vie de quatre à six mois.
  • Un coiffeur affirme que l’on peut poser des extensions sur n’importe quelle chevelure. Les cheveux doivent avoir une longueur d’au moins 2 cm, ne pas être trop épais et, surtout, être en santé. S’ils tendent déjà à tomber, les extensions sont à proscrire.

Sources: Véronique Beaupré (Local B), Marie-Ève Medza (Salon Mëdz) et Amaryllis Extensions Paris.

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