Des fringales nocturnes qui nuisent à votre santé

Par Nathalie Côté Mise en ligne : 02 avril 2014

Des fringales nocturnes qui nuisent à votre sante Shutterstock

Vous avez de grosses fringales en soirée ou durant la nuit? Vous pourriez être plus à risque de développer certaines maladies.

Attention, on ne parle pas ici de grignoter un bol de croustilles en regardant le hockey. Les personnes atteintes d’hyperphagie nocturne, communément appelée syndrome de fringale nocturne, mangent durant la nuit deux fois ou plus par semaine ou consomment plus du quart de leurs calories quotidiennes après le repas du soir. «Souvent, ces personnes consomment de 35 à 50 % de leurs calories journalières durant cette période», note Annette Gallant, une chercheuse de l’Université Laval qui a étudié ce trouble. Elles éprouvent un tel besoin de manger qu’elles sont persuadées d’être incapables de dormir si elles résistent à la tentation.

Ce trouble alimentaire a été ajouté à la plus récente édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux publiée en mai 2013. Il touche de 1 à 2 % des adultes et environ 10 % des personnes obèses. Parmi ces gens, plusieurs ont des problèmes de sommeil. Certains éprouvent également une perte d’appétit en matinée, qui peut se prolonger jusqu’en milieu de journée. Les cycles hormonaux qui régulent leur sommeil et leur appétit sont déphasés de 1 à 12 heures.

Risques pour la santé

Annette Gallant et ses collègues ont récemment découvert qu’il pouvait y avoir un lien entre les fringales nocturnes et l’hypertension ou encore des taux élevés d’insuline, de glucose et de cholestérol sanguin, autant de signes avant-coureurs de problèmes cardiovasculaires, d’accidents vasculaires cérébraux et de diabète. «Plus l’indice de masse corporelle (IMC) des sujets est élevé, plus les symptômes, qui incluent les fringales nocturnes, la perte d’appétit le matin et les troubles du sommeil, sont prononcés», note Annette Gallant. Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont demandé à plus de 600 personnes, dont plusieurs en surpoids, de remplir un questionnaire afin d’évaluer l’intensité des symptômes.

Causes mystérieuses

Le hic, c’est que les chercheurs ignorent pour l’instant si le syndrome de fringale nocturne engendre ces problèmes de santé ou résulte de ceux-ci. Jusqu’à maintenant, les études à ce sujet ne sont pas concluantes. Les résultats divergent également quant à l’impact de l’heure des repas sur le poids et sur la quantité de nourriture absorbée quotidiennement.
Les causes de l’hyperphagie nocturne demeurent bien nébuleuses.

Annette Gallant et ses collègues ont toutefois mis le doigt sur une piste intéressante. «Plusieurs personnes ont indiqué avoir vécu un épisode stressant avant l’apparition des symptômes, mentionne la chercheuse. Dans une moindre mesure, d’autres ont évoqué le début d’une diète et le travail de nuit.» Ces hypothèses devront cependant être étudiées davantage avant de tirer des conclusions.

Traitement

Puisque les causes du syndrome de fringale nocturne ne sont pas clairement établies, il est impossible de le prévenir pour l’instant. Certains traitements ont toutefois donné de bons résultats chez les personnes atteintes. Parmi ceux-ci, la thérapie cognitivo-comportementale, une psychothérapie centrée sur la modification de pensées et de comportements problématiques. «Une de nos collaboratrices de l’Université de Pennsylvanie en a étudié l’effet, raconte Annette Gallant. Elle a découvert qu’une thérapie de dix semaines permettait une réduction des fringales nocturnes.» Quelques médicaments antidépresseurs ont également engendré une diminution de tous les symptômes en huit semaines. «Le problème, c’est que peu de médecins connaissent ce trouble. De plus, les patients sont souvent gênés d’aborder le sujet», déplore Annette Gallant.

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