Vieillir en santé… jusqu’à 1 000 ans?

Par Frédéric Perron Mise en ligne : 11 octobre 2017

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Selon le gérontologue biomédical Aubrey de Grey, de nouvelles thérapies permettront bientôt d’augmenter la longévité de l’humain de façon exponentielle.

Visionnaire ou savant fou? On peut se poser la question quand Aubrey de Grey, un célèbre chercheur spécialisé dans le vieillissement, affirme que le premier être humain qui vivra 1 000 ans est sans doute déjà au monde.

Le scientifique était invité à une conférence sur le futur de la santé, organisée par TechnoMontréal et présentée mardi dans le Vieux-Montréal. Selon lui, la plupart des maladies liées au vieillissement sont des conséquences néfastes de notre métabolisme. Par exemple, au fil du temps, certaines cellules cessent de se reproduire; d’autres, au contraire, se reproduisent de façon désordonnée.

D’après le chercheur, dans un futur rapproché, des «entretiens préventifs» tout au long de notre vie nous permettront de vieillir longtemps et en santé. Il pourrait s’agir de remplacer des organes ou des cellules du corps, notamment grâce à l’implantation de cellules souches, une thérapie déjà à l’étude pour traiter la maladie de Parkinson et pour remplacer le thymus, un organe qui joue un rôle important dans le système immunitaire.

Selon Aubrey de Grey, une première vague de traitements (quand ils seront au point) pourrait permettre à une personne de vivre 30 ans de plus, par exemple. Une deuxième vague, administrée 30 ans plus tard, lui permettrait de vivre 60 ans de plus grâce à des thérapies encore plus avancées. Et ainsi de suite, au fil des progrès scientifiques… et tant que la personne ne se fait pas happer par un autobus!

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Oui, mais…

Avec sa vision pour le moins optimiste de la longévité humaine, Aubrey de Grey pourrait passer pour un hérétique dans la communauté scientifique. Or, ce n’est pas tout à fait le cas. Il est invité dans le cadre de nombreuses conférences internationales, et sa fondation de recherche SENS est soutenue par un solide conseil consultatif scientifique.

N’empêche que sa vision soulève de nombreuses questions. Si l’humain vivait des centaines d’années, n’aurions-nous pas des problèmes de surpopulation? L’accès aux traitements serait-il universel? Ne risquons-nous pas de mourir d’ennui plutôt que de la maladie?

«Ces questionnements sont valables, mais il faut quand même s’attaquer au problème, dit-il. Chaque jour, plus de 100 000 personnes décèdent de maladies liées au vieillissement. C’est notre devoir face aux générations futures de développer des thérapies. Le choix leur appartiendra ensuite de les utiliser ou pas.»

D’ici là, les conseils habituels s’appliquent: bougez, cessez de fumer et mangez sainement!

 

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