Plus de 1400 morts liées aux implants médicaux au Canada

Par Mise en ligne : 29 novembre 2018

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Le manque de contrôle des implants médicaux (stimulateurs cardiaques, prothèses de hanche, etc.) aurait fait 1400 morts et 14 000 blessés au Canada au cours des dix dernières années.

L’enquête, baptisée «Implant Files», a été menée par plus de 250 journalistes, dans le cadre du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Elle révèle que le nombre d’incidents liés aux «implants médicaux», comme les pompes à insuline, les stimulateurs cardiaques, les prothèses mammaires, de hanche, d’épaule ou de genou, est en hausse dans les 36 pays étudiés, dont le Canada, les États-Unis, le Japon, la Norvège et l’Australie.

Davantage d’incidents

Aux États-Unis, qui disposent d’un recueil de déclarations via une base de données, ces incidents auraient été multipliés par cinq en dix ans, selon l’ICIJ. Ils auraient fait 82 000 victimes et 1,7 million de blessés pendant cette période.

Au Canada, où les incidents sont rapportés sur une base volontaire, le nombre d’incidents liés à des dispositifs médicaux aurait quadruplé en dix ans, passant d’environ 400 en 2006 à environ 1660 en 2017, incluant 1358 décès, rapporte Radio-Canada.

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Manque de contrôle et de transparence

Cette hausse s’expliquerait par «des essais cliniques insuffisants et des délais de mise sur le marché trop courts», selon le Consortium. Radio-Canada, qui a participé à l’enquête, précisait dimanche que ces dispositifs ont été approuvés par Santé Canada sans aucune preuve de leur efficacité ni de leur sécurité.

Santé Canada n’exige pas systématiquement d’études sur des êtres humains avant d’homologuer de nouveaux dispositifs médicaux. Ainsi, ceux-ci peuvent avoir été testés sur des animaux sur de courtes périodes. Les demandes peuvent aussi être fondées sur des dispositifs médicaux similaires déjà approuvés.

De plus, dans la majorité des pays étudiés, les données sont incomplètes et souvent confidentielles, toujours selon l’enquête. Il est donc difficile d’établir le nombre et la nature des incidents, ainsi que les dispositifs les plus concernés. Ici, Santé Canada se contente de demander aux fabricants et aux importateurs de dispositifs médicaux de signaler les plaintes reçues, ainsi que les problèmes liés à leur usage.

Médecins et patients peuvent aussi déclarer, de façon volontaire, les incidents et les effets indésirables en remplissant un formulaire en ligne.

Que faire avec vos dispositifs?

La nouvelle a de quoi inquiéter les patients qui ont un stimulateur cardiaque ou une prothèse de hanche, admet la porte-parole du Collège des médecins du Québec. Elle les encourage à contacter leur médecin traitant qui pourra répondre à leurs questions.

Même son de cloche à Santé Canada qui incite les patients à remplir un formulaire de déclaration s’ils ressentent des effets indésirables. Ces déclarations, si elles s’accumulent, peuvent amener Santé Canada à réévaluer certains dispositifs.

Les spécialistes en chirurgie plastique et esthétique du Québec ont pour leur part tenu à rassurer leurs patients en précisant que toutes les prothèses utilisées au Québec, à des fins reconstructives (cancer du sein, accident grave, etc.) ou esthétiques, sont approuvées par Santé Canada et par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis.

Mieux vaut tout de même poser des questions à votre médecin et demander si des incidents ou des effets indésirables ont été notés par rapport au dispositif qu’il s’apprête à vous implanter.

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