Honoraires des pharmaciens: des disparités toujours présentes

Par Catherine Crépeau Mise en ligne : 05 septembre 2018 Shutterstock.com

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Près d’un an après l’entrée en vigueur de la loi 92 obligeant les pharmaciens à inscrire leurs honoraires sur leurs factures, les disparités perdurent pour les assurés du secteur privé qui peuvent payer de 9 à 130 $ pour une prescription.

Une situation inéquitable, dénonce l’Union des consommateurs, qui réclame un régime totalement public d’assurance médicaments.

Depuis le 15 septembre 2017, les pharmaciens doivent indiquer distinctement le prix du médicament (identique partout), la marge versée au distributeur (6,5 % du coût du médicament) et leurs honoraires professionnels sur toutes les factures qu’ils remettent aux clients.

En imposant cette transparence, le gouvernement voulait permettre aux patients de refuser un médicament ou de changer de pharmacie si les honoraires demandés étaient trop élevés.

Il souhaitait ainsi inciter les pharmaciens à diminuer leurs tarifs. «C’est mettre beaucoup de poids sur les épaules des patients que de leur demander de magasiner leurs médicaments quand beaucoup de pharmaciens ne donnent pas l’information par téléphone. Quant aux baisses espérées, on n’a reçu aucun témoignage en ce sens», souligne Élisabeth Gibeau, analyste santé à l’Union des consommateurs.

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Des écarts énormes

En revanche, l’organisme de défense des droits des consommateurs constate que les honoraires demandés aux patients couverts par une assurance privée peuvent être 12 fois plus élevés que ceux exigés des personnes inscrites au régime public. Québec a négocié pour eux des honoraires fixes d'environ 9 $ par ordonnance, laissant les pharmaciens libres de fixer le montant de leur ordonnance pour les assurés privés. Et les montants varient beaucoup.

Une patiente a payé 129,95 $ d’honoraires  pour un médicament vendu 671,69 $. Il s’agit toutefois d’un seul cas parmi les 40 factures analysées par l’Union des consommateurs. Les autres patients ont payé entre 9,10 et 40,82 $ pour les honoraires du pharmacien, qui incluent les services rendus, un montant pour l’exploitation de la pharmacie (loyer, salaires, taxes) et un profit. Le problème: il n’y a pas de logique pour l’établissement de ces honoraires.

«Ça ne représente pas un montant fixe ni un pourcentage du prix du médicament. On comprend mal comment les pharmaciens les déterminent», déplore Élisabeth Gibeau.

Un système à revoir

Pour l’Union des consommateurs, de telles disparités sont inacceptables et montrent qu’il est urgent de réformer le régime public de santé pour y intégrer les médicaments. L’organisme profite de la campagne électorale pour demander aux principaux partis de s’engager en faveur d’un régime d’assurance médicaments entièrement public.

Il invite la population à l’appuyer en écrivant à leur député par l’intermédiaire de Le remède aux coupures, ça existe et on l’a de la Coalition solidarité santé.

Vous voulez porter plainte?

Vous trouvez que votre pharmacien exagère? Vous pouvez faire une demande d’enquête à l’Ordre des pharmaciens du Québec. Le processus peut cependant être long. Élisabeth Gibeau a déposé plainte à titre personnel en mars 2018 et son dossier est toujours à l’étude.

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