Par Cécile Gladel Mise en ligne : 09 décembre 2010

Le greenwashing, ou maquillage vert, ça vous dit quelque chose? C’est cette fâcheuse tendance qu’ont les entreprises à présenter leurs produits et services comme plus verts qu’ils ne le sont en réalité.

Jean-Sébastien Trudel, président d’Ellipsos, firme d’experts-conseils en développement durable, vient de publier Le grand mensonge vert. Point de départ pour aborder l’ouvrage, en trois questions.

Quels sont les mensonges les plus courants?

Les entreprises ne cessent d’inventer de nouveaux logos pour faire croire que le produit vert est en pleine croissance. Or, la fiabilité de ces certifications n’est pas vérifiée par des organismes indépendants. On devrait aussi se méfier des sept pièges énoncés par Terra Choice. Par exemple, on parle de papier recyclé sans indiquer les autres caractéristiques du produit. Est-il fabriqué au Québec? Car du papier recyclé provenant de Chine peut être moins vert que du papier vierge du Québec.

Il faut garder en mémoire que le simple fait de consommer a un impact sur la planète. Il n’y a donc pas de produit 100 % vert, seulement des produits plus verts que d’autres. Il ne faut pas se leurrer: l’impact neutre est impossible, même en achetant des crédits de carbone. Par exemple, la voiture électrique est à l’origine d’émissions, puisqu’on doit bien produire l’électricité qui la fera avancer. On peut aussi crier trop vite au suremballage. Les concombres se conservent plus longtemps emballés. On évite ainsi le gaspillage alimentaire.

Utilise-t-on de fausses idées reçues pour encourager la consommation de certains produits?

Je ne pense pas que ce soit de la mauvaise foi. C'est plutôt de l’ignorance et une absence de réglementation claire. On pense que les produits biodégradables sont merveilleux. Sauf qu’au Québec, il n’existe pas d’installation de compostage de niveau industriel pour les traiter. Les sacs, les assiettes et les autres produits biodégradables émettent du méthane en se dégradant dans un site d’enfouissement, un gaz pire que les gaz à effet de serre.

Comment découvrir ce que les fabricants et les commerçants nous cachent?

Le consommateur doit se poser des questions et consulter des outils en ligne comme Ethiquette, un site général de conseils d’achat, et Goodguide (en anglais seulement), qui note l’impact environnemental des produits, classés par catégories. On doit aussi faire ses recherches sur les produits que l’on consomme souvent et les achats coûteux, comme une maison ou une voiture. La revue La Maison du 21e siècle, les dossiers de Protégez-vous, le CAA, les certifications LEED et Novoclimat sont de bonnes sources, mais rien ne remplacera le jugement et la vigilance de l'acheteur.

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