Chauffe-eau: gare aux fausses bonnes affaires!

Par Rémi Maillard Mise en ligne : 26 septembre 2013

Chauffe eau gare aux fausses bonnes affaires Shutterstock

L’arrivée au Québec d’une compagnie ontarienne pratiquant le porte-à-porte sème le trouble au sein du petit monde des loueurs de chauffe-eau.

Connaissez-vous par cœur la consommation énergétique de votre chauffe-eau? Vous souvenez-vous du nom de la compagnie qui vous l’a vendu ou loué il y a 10 ou 15 ans? Sans doute pas, surtout si vous faites partie des quelque 30 % de Canadiens qui ignorent jusqu’au montant qu’ils paient chaque mois en frais de location…

L’entreprise ontarienne Services aux Foyers, spécialisée dans la vente de chauffe-eau, fournaises, climatiseurs et thermopompes, est implantée au Québec depuis peu. Selon certains témoignages reçus par Protégez-Vous, des vendeurs itinérants, disant travailler pour cette compagnie, auraient incité des particuliers à changer leur chauffe-eau sans motif valable. Pour les convaincre, ils auraient utilisé l’argument selon lequel leur appareil était trop vieux ou ils leur auraient fait miroiter des économies d’énergie, et donc de coûts.

Le site de Services aux Foyers annonce d’ailleurs qu’un changement de chauffe-eau permet d’économiser «jusqu'à 25 % sur les coûts énergétiques et d’opération». Un dépliant de l’entreprise se montre encore plus alléchant en affirmant: «Économisez jusqu’à 40 % sur vos coûts de chauffage d’eau».

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Pour Denis Boyer, coordonnateur en efficacité énergétique chez Écohabitation, ces chiffres ne sont pas crédibles. «L’économie annoncée de 40 % sur les coûts de chauffage d’eau est inexacte. Il faudrait plutôt parler d’une baisse de 40 % en pertes d’énergie. Et comme celles-ci représentent à peine 10 % de la dépense énergétique d’un chauffe-eau, l’économie véritable en frais de chauffage de l’eau chaude domestique pour une famille de trois personnes tournera en réalité autour de 6 %.»

Plaintes et enquêtes

Services aux Foyers, qui apparaît parfois aussi sous l’appellation de Services aux Foyers du Québec, est dans le collimateur du Bureau de la concurrence du Canada, tant en Ontario, où elle œuvre depuis 2010, qu’au Québec. À ce jour, l’Office de la protection du consommateur (OPC) a reçu cinq plaintes concernant l’entreprise.

«Nous nous engageons à agir avec honnêteté, transparence et intégrité avec nos clients, se défend Marilyn Cantin, porte-parole de Services aux Foyers. Tous ceux qui agissent pour notre compte doivent suivre une formation durant laquelle on leur explique quelles sont les exigences réglementaires ainsi que nos attentes par rapport à leur conduite professionnelle.»

Si vous estimez avoir été floué par une transaction, vous pouvez porter plainte auprès de l’OPC. Mais attention, dans le cas d’une vente de porte-à-porte, vous avez 10 jours seulement pour agir à compter du moment où vous recevez le contrat signé, met en garde Jean Jacques Préaux, porte-parole de l’Office. «Par contre, si le contrat utilisé n’est pas conforme aux dispositions de la Loi de la protection du consommateur, le délai pour demander sa résiliation est d’un an», précise-t-il.

Cinq conseils pour réduire les risques

Vérifiez que la compagnie qui vous sollicite possède un permis de commerce itinérant. Son représentant doit être en mesure de vous en fournir le numéro, qui doit aussi figurer sur le contrat.

Lisez attentivement le contrat avant de le signer (durée, possibilité d’y mettre fin et, dans ce cas, ce qu’il vous en coûtera). Faites-vous expliquer les points qui vous paraissent obscurs et ne signez rien dans l’urgence. «Donnez-vous quelques jours pour réfléchir, insiste Jean Jacques Préaux, porte-parole de l’OPC. Ce qui est bon aujourd’hui devrait l’être aussi demain. Et si le vendeur vous dit le contraire, c’est qu’il y a sans doute un problème.»

Vérifiez si la date qui figure au contrat est la bonne, l’OPC ayant déjà constaté que certains vendeurs itinérants de thermopompes ou de climatiseurs avaient inscrit une date plus ancienne afin d’empêcher ce recours de 10 jours.

Prenez le temps de magasiner pour trouver le meilleur rapport qualité-prix possible.

Assurez-vous que les appareils seront installés par du personnel qualifié. «Le raccordement électrique doit absolument être fait par un artisan détenteur de la licence “entrepreneur en électricité” de la Régie du bâtiment du Québec, explique Sylvain Lamothe, porte-parole de l’organisme. Seul le raccordement en eau peut être effectué par le propriétaire, s’il s’agit de sa propre résidence, même si nous recommandons qu’il le soit plutôt par un entrepreneur spécialisé en plomberie.»

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