Jouets à collectionner: un intérêt certain… pour l’industrie

Par Mise en ligne : 29 novembre 2018

Plusieurs enfants adorent les collections de jouets, et les fabricants l’ont bien compris. Hatchimals, poupées Lol, Grumblies et autres figurines ou peluches se multiplient dans les magasins.

Ce n’est pas d’hier que des produits semblables envahissent les tablettes des magasins de jouets, selon Danielle Charbonneau, qui a coordonné le Guide jouets de Protégez-Vous pendant plusieurs années.

Pensons aux Pouliches, Pokémon, Transformers, Shopkins, cartes de hockey, Pogs, etc. «La demande pour ce type de jouets est encore plus grande qu’il y a 10 ans», constate toutefois Isabelle Mathieu, présidente des boutiques Le Tambourin et La Ronde Enchantée.

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Marketing à l’œuvre

Le marketing s’est également raffiné au fil des années. De plus en plus de fabricants exploitent notamment l’effet de surprise. «On le voyait auparavant avec les cartes de hockey, mais il y a de plus en plus de jouets qu’on achète sans savoir ce qu’on va obtenir, remarque Isabelle Mathieu. Les fabricants introduisent aussi davantage le phénomène de rareté pour certains jouets.»

Des enfants se retrouvent donc souvent avec plusieurs exemplaires du même jouet, mais continuent d’en acheter dans l’espoir d’obtenir celui qui leur manque. La facture peut grimper rapidement. Les petits Hatchimals, des jouets dans un œuf à éclore, sont vendus environ 4 $. 

«La plus récente collection en compte 70, c’est beaucoup pour les parents», note Danielle Charbonneau. De plus, certains modèles plus gros valent jusqu’à 80 $! Les gros modèles sont toutefois souvent moins nombreux. Il n’y a, par exemple, que quatre Grumblies, vendus environ 25 $ chacun.

La popularité grandissante de ce type de jouets est probablement en partie attribuable à la publicité les entourant. Sauf exception, la publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans est interdite au Québec. Néanmoins, on en retrouve un peu partout sur Internet.

«Ma fille les a découverts sur YouTube, dans l’une de ces fameuses vidéos où des enfants ouvrent des jouets», raconte Josianne Bouchard. Certains sont carrément les vedettes de dessins animés pour les tout-petits, comme les Cry Babies Magic Tears.

Évidemment, le fait de proposer une collection pousse à la dépense. «Je voulais éviter d’acheter ce genre de jouets, mais ma fille a reçu un Hatchimal et maintenant, elle les veut tous», témoigne Tanya Lavoie.

Avantages des jouets à collectionner

• Plusieurs de ces jouets sont très mignons, note Danielle Charbonneau. Ils séduisent les petits.

• Certains jouets, comme les dinosaures Fingerlings, ne nécessitent pas d’avoir plus d’un exemplaire pour s’amuser. «Dans ce cas-ci, il y a aussi un aspect éducatif quand on parle de dinosaures», souligne Mme  Charbonneau. 

• Le fait d’avoir plusieurs personnages ou accessoires, comme les poupées Lol Surprise, permet d’imaginer différents scénarios de jeu.

• Les échanges de jouets de collection entre les enfants peuvent les aider à développer des habiletés en négociation. «Ils vont déterminer la “valeur” en fonction de la rareté», souligne Isabelle Mathieu.

Inconvénients des jouets à collectionner

• L’effet de surprise. «C’est un peu ennuyeux de ne pas voir le jouet, car l’enfant pourrait être déçu», note Danielle Charbonneau.

• Le suremballage indéniable de certains produits. «J’ai eu deux petits œufs Hatchimals de 3 cm de haut et la boîte était plus de trois fois plus grosse», constate Mme Charbonneau.

• Sons parfois agaçants, stridents ou douteux. Le Grumblies, par exemple, rote, pète et vomit. «En plus, il faut le secouer, le frapper et le mettre à l’envers, explique Mme Charbonneau. C’est le genre de comportement qu’on veut généralement éviter chez les tout-petits. C’est de mauvais goût.» Les sons peuvent aussi devenir rapidement répétitifs.

• Jouets souvent étroitement associés aux stéréotypes de genre. Très peu sont unisexes, déplore Isabelle Mathieu.

• Niveaux de difficulté parfois mal adaptés à l’âge recommandé. Danielle Charbonneau note que le Hatchimal a mis beaucoup de temps avant d’éclore. Quant aux jouets Lol Surprise, les enfants doivent entrer différents «codes secrets» pour ouvrir les compartiments. «C’est long; je suis loin d’être convaincue qu’un enfant de trois ans va y parvenir», note Mme Charbonneau.

• Absence d’un bouton d’arrêt sur plusieurs jouets. Ils cessent automatiquement au bout d’un moment, mais l’enfant pourrait être réveillé par le bruit si, par exemple, il les touchait en dormant.

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Vos enfants vont-ils vraiment s’amuser avec ces petits jouets à collectionner? Cela semble varier beaucoup d’un enfant à l’autre, selon les parents interrogés.

«J’ai acheté deux Hatchimals à mes filles de 5 et 12 ans l’an dernier, raconte Mélanie Robinson. La plus grande s’est vite désintéressée. Ma plus jeune a toutefois joué avec  le sien plus longtemps et elle le fait encore de temps à autre.» La fillette de six ans de Geneviève René, pour sa part, a perdu tout intérêt pour le jouet après l’éclosion de l’œuf.

Bref, l’intérêt de ce type de jouet est souvent limité. Par contre, si vous avez un petit collectionneur, cela pourrait bien lui plaire!

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