Par Julien Amado Mise en ligne : 10 décembre 2015

Le gouvernement du Québec a annoncé que 100 % des véhicules neufs vendus dans la province seront zéro émission en 2050. Un objectif ambitieux qui sera difficile à réaliser.

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Photo: Julien Amado

Profitant de la Cop21, la Conférence de Paris sur le climat 2015, 12 états, provinces ou pays ont annoncé que la totalité des véhicules neufs vendus en 2050 n’émettront plus de gaz à effet de serre. Parmi les signataires, le Québec est la seule province canadienne à avoir pris cet engagement.

«Le Québec, reconnu pour sa production d’électricité et ses abondantes sources d’énergie renouvelable, souhaite accélérer l’électrification de ses transports», a déclaré David Heurtel, ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Cette annonce suit le plan d’électrification des transports annoncé en octobre dernier et dont l’objectif est d’atteindre 100 000 véhicules électriques et hybrides sur les routes du Québec d’ici 2020. Rappelons qu’environ 7 500 véhicules de ce type roulent actuellement dans la province.

Norme zéro émission: loin de faire l’unanimité


Pendant la Conférence de Paris sur le climat, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a déclaré que le «gouvernement doit aller de l’avant, notamment avec l’instauration d’une norme véhicule à émission zéro». Une question qui divise les Québécois: il s’agit d’une mesure indispensable pour les défenseurs de la voiture électrique, mais trop chère et contraignante pour ses détracteurs.

«Nous sommes très satisfaits que le gouvernement ait maintenu des incitatifs à l’achat des véhicules électriques, mais nous sommes contre une loi zéro émission. Si on impose un nombre minimum de véhicules électriques à vendre, ce sont les concessionnaires qui vont supporter les inventaires s’ils sont incapables de les vendre», explique Jacques Béchard, Président directeur général de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ).

Un avis qui n’est pas partagé par Stéphane Pascalon, coordonnateur de projets à l’Institut du véhicule innovant (IVI). «Le fait que le gouvernement évoque publiquement la possibilité d’une norme ou d’une loi zéro émission est encourageant. En effet, si on suit l’évolution du marché actuel, les objectifs annoncés ne seront pas atteints.»

Objectif réaliste?

Pour que 100 000 véhicules zéro émission roulent au Québec en 2020, il faudrait que les ventes doublent chaque année jusqu’en 2020. «C’est une cible intéressante, mais qui ne sera jamais atteinte sans une loi zéro émission», soutient Stéphane Pascalon.

Quant à l’objectif de vendre uniquement des véhicules neufs à zéro émission en 2050, il ne sera réalisable que si les ventes décollent et qu’elles atteignent au moins un demi-million d’autos par année. Pour vous donner une idée de l’ampleur du défi, sachez qu’il s’est vendu moins de 3 000 voitures électriques et hybrides neuves cette année.

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