Par Benoîte Labrosse Mise en ligne : 09 janvier 2017  |  Magazine : 01 février 2017

Shutterstock

Belairdirect, Co-operators, Intact... certaines compagnies d’assurance proposent une police qui «pardonne » un ou deux accidents responsables. Mais vous font-elles vraiment un cadeau ?

La Police qui pardonne de Belairdirect, le Pardon en cas d’accident de Co-operators, la Protection bon dossier d’Intact, la Solution accident pardonné de TD... Certains assureurs offrent d’ajouter à votre contrat d’assurance auto une protection supplémentaire garantissant que votre prime n’augmentera pas même en cas d’un, parfois deux accidents responsables.

Les conditions d’admissibilité à cette protection, aussi appelée avenant, varient d’une compagnie à l’autre. Toutes exigent cependant que le conducteur principal du véhicule à usage personnel possède un permis de conduire depuis au minimum cinq ou six ans et qu’il n’ait pas été impliqué dans un accident au cours des cinq ou six dernières années.

S’il arrive que la limite d’accidents soit atteinte (un ou deux selon le contrat), l’assuré ne pourra pas renouveler l’avenant sur-le-champ, mais il sera autorisé à y souscrire de nouveau dès qu’il aura accumulé le nombre requis d’années sans sinistre.

Utile à qui ?

«Cette protection est attrayante pour les conducteurs prudents et responsables, car elle leur permet de contrôler leur coût d’assurance », déclare Alexandre Royer, porte-parole d’Intact Assurance pour le Québec. « Elle protège le dossier de conduite de l’assuré chez nous, car aucune augmentation n’est liée à ses deux premiers accidents » s’ils surviennent alors qu’il est protégé par l’avenant, renchérit Jason Patuano, directeur principal des communications chez Belairdirect.

Pourtant, selon Martin Boyer, professeur titulaire spécialisé en assurances à HEC Montréal, ce type d’avenant « n’a pas vraiment de valeur pour les bons conducteurs » et avantage surtout les assureurs. « Le fait d’y souscrire revient à signaler que vous pensez être un mauvais conducteur », estime-t-il. Un tel avertissement permet selon lui aux assureurs de « mieux évaluer le risque d’accidents de leur portefeuille d’assurés ».

>> À lire aussi sur notre site: Les 38 véhicules les plus sécuritaires

Une protection qui vous lie à l’assureur

Cet avenant est parfois offert gratuitement aux nouveaux clients. Dans le cas contraire, vous paierez moins d’une centaine de dollars par an pour l’obtenir.

Chose certaine, cette protection vous attache à un assureur pour un bon moment. « Si vous allez voir une autre compagnie, on vous demandera si vous avez eu un accident dans les cinq dernières années. [Si c’est le cas], votre prime augmentera de 150 $, au minimum », met en garde Martin Boyer. Et pardonné ou pas, chaque accident est inscrit au Fichier central des sinistres automobiles, auquel ont accès tous les assureurs.

Chez Intact, « tant que votre protection s’applique, [aucun] accident n’est comptabilisé à des fins de tarification », explique Alexandre Royer. Cependant, ajoute-t-il, une fois l’avenant échu – que ce soit après deux accidents responsables ou quand vous choisissez d’arrêter de payer pour cette protection –, « les sinistres qui n’étaient pas considérés le deviennent », ce qui a des répercussions sur votre prime d’assurance.

À l’inverse, les accidents « pardonnés » par Belairdirect « n’influencent pas la [nouvelle] prime » d’un client qui demeure assuré chez eux, affirme Jason Patuano.

« Finalement, pour le consommateur, la meilleure manière de se protéger est de magasiner et de prendre le temps de lire les contrats », conclut Martin Boyer.

• Fichier central des sinistres automobiles: gaa.qc.ca
• Autorité des marchés financiers, renseignements sur l'assurance automobile: lautorite.qc.ca

Ajouter aux favoris
Ajouter aux favoris

Pour suivre toutes les mises à jour et nouveautés sur cet article, vous devez être connecté.