11 produits et services qui coûteront plus (ou moins) cher en 2017

Par Annick Poitras Mise en ligne : 12 décembre 2016

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Pour savoir où ira l’argent des Québécois l’an prochain, nous avons vérifié quels postes budgétaires coûteront le plus cher parmi ceux-ci: épicerie, électricité, taxes municipales, santé, télécoms, essence, transport, assurance parentale, école et garderie.

Les consommateurs devront se serrer la ceinture en 2017.Si les augmentations annuelles de tarifs pour les services essentiels sont toujours difficiles à encaisser pour les travailleurs à revenus modestes, elles le sont aussi davantage pour la classe moyenne, «qui s’enfonce de plus en plus dans la chnoute», affirme d’emblée Philippe Viel, responsable des communications à l’Union des consommateurs.

«Les ménages se font détrousser de tous les côtés par diverses hausses tarifaires des services essentiels: nourriture, électricité, frais de garde et de rentrée scolaire, télécoms, taxes municipales… Et puisque les salaires stagnent, les travailleurs ont de moins en moins de pouvoir d’achat. On entre dans une impasse», dit-il.

En effet, selon l’Institut de la statistique du Québec, les Québécois disposent du revenu disponible par habitant le plus bas au pays, soit 26 046 $ nets par an. Et lorsque ce revenu augmente, il est bien souvent sapé par une hausse équivalente de l’inflation. C’est ce qui risque de se passer encore une fois en 2017.

À l’heure où la Banque du Canada vise à maintenir un taux d’inflation de 2 %, l’augmentation moyenne des salaires prévue est de 2,6 %, soit le plus faible taux enregistré depuis 20 ans! «Presque tous les secteurs d’activité sont touchés par une diminution des hausses de salaire. (…) Le contexte économique difficile et les incertitudes sur les marchés entraînent une certaine prudence des employeurs», lit-on dans l’étude annuelle publiée par Mercer et le Conseil du patronat du Québec.

«Les Québécois n’auront donc pas beaucoup plus d’argent dans leurs poches pour faire face à l’augmentation annuelle de certains tarifs, le tout dans un contexte où plusieurs organismes publics offrent moins de services depuis les récentes coupes budgétaires, poursuit Philippe Viel. Sans compter que les taux d’intérêt sur l’épargne sont à peu près nuls, il est donc difficile de faire fructifier son argent...»

Bref, avant de garnir le dessous du sapin, voici les principales hausses de tarifs à prévoir à votre budget 2017.

CE QUI COÛTERA PLUS CHER

1. Panier d’épicerie

La nourriture continuera à avaler une bonne part du budget des Québécois en 2017. Selon les prévisions du Rapport sur les prix alimentaires à la consommation au Canada, la hausse des dépenses relatives à l’alimentation pour une famille canadienne moyenne pourrait atteindre 420 $ en 2017. Les prix des légumes, des fruits, des noix, de la viande et des produits de la mer pourraient connaître des hausses allant jusqu’à 6 %. 

Plusieurs facteurs contribuent à cette hausse, dont la faiblesse du dollar canadien. «Notre économie alimentaire est vulnérable face aux fluctuations de la devise en raison de la quantité de produits alimentaires que nous importons. Nous nous attendons aussi à ce que la future administration Trump ait un impact sur le prix des aliments au Canada», explique dans un communiqué Sylvain Charlebois, auteur de ce rapport et doyen de la Faculté de gestion de l’Université Dalhousie. Il croit notamment que la nouvelle administration américaine pourrait adopter des mesures protectionnistes.

Bonne nouvelle toutefois: les hausses prévues pourraient être moins soutenues dans certaines provinces, dont le Québec. D’ailleurs, selon l’Indice des prix à la consommation, ce poste budgétaire, le plus important pour les ménages, a baissé de près de 1 % entre l’automne 2015 et 2016.

2. Électricité

Les familles verront encore une fois leur facture d’électricité augmenter. Mince consolation: Hydro-Québec compte limiter, pour 2017, sa demande de hausse tarifaire au niveau de l’inflation, soit à 1,6 %. Selon la société d’État, cette modification tarifaire représenterait une hausse moyenne de 5,16 $ par an pour un logement, 28,32 $ pour une petite maison, 46,08 $ pour une maison moyenne et 61,32 $ pour une grande maison.

La Régie de l’énergie rendra sa décision en début d’année, pour une entrée en vigueur des nouveaux tarifs en avril 2017. Si cette requête est acceptée, les coûts d’électricité au Québec auront alors grimpé de 12 % depuis 2013.

3. Taxes municipales

Autre épine dans le pied des consommateurs: les taxes municipales, qui grimpent encore dans les régions urbaines, par exemple, Montréal (+ 1,7 %), Longueuil (+ 0,5 %) et Laval (+ 1,4 %). «Les propriétaires doivent vraiment inscrire cette dépense considérable et récurrente à leur budget», conseille Philippe Viel.

Ô surprise: un gel est annoncé pour 2017 et 2018 à Québec. La Ville calcule que les propriétaires d’une résidence moyenne évaluée à 283 000 $ économiseront 57 $ en 2017 et 115 $ en 2018.

4. Frais de garde

Les célèbres «garderies à 5 $» sont chose du passé. Depuis 2015, les tarifs pour services de garde subventionnés sont désormais modulés pour les ménages selon le revenu familial annuel net. Avec la grille de tarification qui entre en vigueur en janvier 2017, le tarif de base quotidien par enfant passe à 7,75 $. Pour les ménages ayant un revenu net de plus de 50 920 $, une contribution additionnelle quotidienne est exigée; elle est payable lors de la production de votre déclaration de revenus et c’est pourquoi le gouvernement conseille de faire des provisions durant l’année pour être en mesure d’acquitter cette somme le moment venu.

«La facture salée a surpris bien des parents l’an dernier, confirme Philippe Viel. Ce sont des frais considérables à mettre au budget pour les familles, qui doivent s’efforcer de mettre les sommes nécessaires de côté durant l’année pour ne pas se retrouver endettées face au gouvernement au printemps. Le système de calcul est devenu complexe. Il faut se montrer vigilant.»

5. Frais scolaires

Frais de rentrée scolaire, augmentation des tarifs pour services de garde lors des journées pédagogiques, multiplication des activités payantes, frais de photocopies… Philippe Viel juge «inacceptable» la hausse des divers frais facturés aux parents par les commissions scolaires. «Elles cherchent ainsi à combler leur déficit, causé par les coupes gouvernementales en éducation, dit-il. Elles ne sont plus outillées pour accompagner efficacement les élèves, et la facture est refilée aux parents. Ces frais, qui peuvent atteindre des centaines des dollars, diffèrent en plus d’une école à l’autre et ne sont pas modulés selon le revenu des familles.»

CE QUI POURRAIT COÛTER MOINS CHER

6. Services de santé

À partir de janvier 2017, les médecins pratiquant en clinique ne pourront plus facturer de frais accessoires aux patients. Un paiement pourra cependant encore être exigé pour des frais de transport d’échantillons biologiques prélevés dans un cabinet privé ou un centre médical spécialisé. La somme demandée ne devra pas dépasser 15 $ pour les échantillons comprenant un prélèvement sanguin et 5 $ pour les autres. Tous les autres frais accessoires sont désormais interdits. Avant leur abolition par le ministère de la Santé et des Services sociaux, ces frais représentaient une facture annuelle estimée à 50 millions de dollars pour les usagers du système de santé.

Le gouvernement abolit également la contribution santé dont les contribuables devaient s’acquitter depuis 2010 au moment de faire leur déclaration de revenus. Modulée en fonction du revenu, la contribution santé pouvait atteindre 100 $ pour les contribuables à faible revenu, 200 $ s’ils appartenaient à la classe moyenne et 1 000 $ si leurs revenus étaient élevés. Ces montants seront versés pour la dernière fois au printemps 2017 (pour l’année fiscale 2016), allégeant ainsi le fardeau fiscal des Québécois de 759 millions de dollars par année.

«L’abolition des frais accessoires et de la contribution santé sont certes de bonnes nouvelles, car il y avait des iniquités, signale Philippe Viel. Mais attention: ces sommes servaient aussi à financer le système de santé. Comment ce grand vide sera-t-il comblé? Il faut demeurer alerte. On risque de se retrouver avec un panier réduit de services médicaux assurables ou des hausses de tarifs dans d’autres services gouvernementaux.»

7. Télécommunications

Deux mouvements importants pourraient faire baisser votre facture de services de télécommunications en 2017. D’abord, depuis le printemps 2016, les entreprises de câblodistribution comme Bell et Vidéotron doivent offrir un service d’entrée de gamme à 25 $ par mois ou moins, incluant des chaînes d’information continue. Depuis le 1er décembre, elles doivent aussi offrir la possibilité de s’abonner à davantage de canaux à la carte ou à de petits forfaits abordables.

Ensuite, le CRTC souhaite une meilleure transparence en ce qui a trait à l’offre de services Internet sur le territoire canadien. «L’offre est actuellement contrôlée par les grands joueurs qui possèdent les infrastructures; c’est ce qui fait en sorte que nous payons les frais de télécommunications parmi les plus élevés du monde», ajoute Philippe Viel.

Le CRTC limite désormais les montants que peuvent facturer les gros distributeurs comme Bell et Vidéotron aux petits fournisseurs Internet haute vitesse. «Cette volonté de favoriser la concurrence envoie un signal fort en faveur de la protection du consommateur, dit Philippe Viel. C’est prometteur à moyen terme pour des baisses de prix des forfaits.»

Selon certains observateurs, cette politique pourrait faire en sorte que les forfaits pourraient coûter jusqu’à 50 % moins cher.

LES DÉPENSES EN MODE «YOYO» OU «INDEXATION»

8. Essence

Étant donné la surabondance de pétrole sur le marché, entre autres facteurs, le prix du carburant à la pompe a plongé en 2014, puis a été volatile en 2015 et en 2016. Certains observateurs avancent que l’offre et la demande mondiale de pétrole pourraient être plus équilibrées en 2017, mais avec peu d’effets sur le prix à la pompe étant donné les surplus accumulés. Avis aux intéressés: la Régie de l’énergie fait un suivi quotidien des prix à la pompe à la grandeur du Québec.

9. Permis de conduire et immatriculation

En 2016, la Société de l’assurance automobile du Québec avait substantiellement baissé ses tarifs à la suite de l’amélioration du bilan routier. Pour 2017, le prix du permis pour conduire un véhicule de promenade est simplement indexé à 83,23 $ et les frais d’immatriculation passent à 264,84 $ pour les habitants de l’île de Montréal (en incluant la contribution supplémentaire de 45 $ pour le transport en commun) et à 219,84 $ dans le reste du Québec.

Mais si votre véhicule est énergivore, vous devez débourser un coût additionnel d’immatriculation allant de 35,50 à 376 $, selon la capacité de votre moteur (de 4 à 7 L et plus). S’ajoutent des droits d’acquisition pour un véhicule énergivore neuf ou usagé; ceux-ci varient de 50 $, pour un 4 L, à 200 $, pour un 6 L et plus.

10. Transport en commun dans la région métropolitaine

Après avoir haussé ses tarifs en juillet 2016, la Société de transport de Montréal (STM) donnera un répit aux usagers en janvier. Cependant, elle pourrait encore revoir sa grille tarifaire à la hausse au cours de l’été 2017 compte tenu de sa promesse d’investir 23 millions de dollars dans l’ajout de services. De son côté, l’Agence métropolitaine de transport (AMT) indexe ses tarifs de 2 % encore cette année. 

11. Assurance parentale

Le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) célèbre déjà son dixième anniversaire. Près de 16 milliards de dollars ont depuis financé les congés parentaux liés à 750 000 naissances au Québec depuis sa création. Pour 2017, le RQAP maintient les taux de cotisation de 2016, mais le plafond de revenus assurables passe de 71 500 $ à 72 500 $. Ainsi, la cotisation maximale d’un salarié est de 397,30 $ (0,548 %), celle de l’employeur de 556,08 $ (0,767 %) et celle d’un travailleur autonome de 705,43 $ (0,973 %).

Coupez dans le bon gras
 
«Il est très important pour la classe moyenne de faire un budget et de s’y tenir pour s’assurer qu’une fois toutes les autres dépenses payées, il reste assez d’argent pour ne pas avoir à rogner dans la qualité du panier d’épicerie», souligne Philippe Viel. Avant de couper dans les aliments sains, planifiez vos menus et vos lunchs, surveillez les soldes, évitez le gaspillage et consommez moins de viande, désormais dispendieuse. Acheter des produits locaux permet d’économiser puisque les produits importés sont souvent plus chers à cause de la faiblesse du dollar. Pour donner un peu d’air à votre budget, réajustez aussi certains postes budgétaires sur lesquels vous avez du contrôle: par exemple, renégociez à la baisse vos services de télécommunication (cellulaire, Internet, câble, etc.), d’assurances auto et habitation, ainsi que vos frais bancaires. Au besoin, changez de fournisseur pour bénéficier des promotions offertes aux nouveaux clients.


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