Par Annick Poitras Mise en ligne : 18 mars 2015

Pas si simple de faire sa déclaration de revenus. Et c’est un fiscaliste qui le dit! Tour d’horizon des principaux frais que vous pouvez déduire et quelques trucs de pro pour optimiser votre remboursement.

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Photo: Shutterstock

La comptabilité n’a plus de secret pour Sylvain Moreau, associé en fiscalité au cabinet Raymond Chabot Grant Thornton, à Montréal. «Beaucoup de gens oublient de demander certains crédits ou ne sont pas au courant qu’ils peuvent combiner certains revenus ou certaines dépenses dans le but de payer moins d’impôt», explique-t-il.

Pour Protégez-Vous, il identifie ici des oublis courants et clarifie des éléments nébuleux pour le commun des contribuables.

Charité bien ordonnée

Si vous faites partie des généreux qui font des dons de bienfaisance et que vous êtes en couple, bingo, vous voilà doublement gagnant! Mais encore faut-il savoir partager avec votre conjoint. «Les conjoints qui tendent à vouloir garder leurs crédits chacun pour soi se pénalisent», dit Sylvain Moreau.

En effet, si le total des dons atteint 200 $ et plus, les crédits d’impôt augmentent considérablement, passant de 15 à 25 % au fédéral, et de 20 à 24 % au provincial.

Il recommande donc de regrouper tous les dons sur une même déclaration pour gonfler le total – peu importe si celui qui fait la déclaration gagne plus ou moins dans le couple.

Vous n’avez jamais fait de don? Le temps est venu d’y penser. Depuis 2013, l’Agence du revenu du Canada (ARC) accorde un super crédit pour premier don de bienfaisance. Ce nouveau crédit temporaire, qui ne peut être demandé qu’une seule fois entre 2013 et 2017, ajoute une déduction d’impôt de 25 % pour les dons, jusqu’à concurrence de 1 000 $.

Par exemple, pour un don de 500 $, un premier donateur récoltera 125 $ de plus en crédit, pour une déduction d’impôt totale de 242 $, au fédéral seulement.

Frais médicaux

Quels frais sont déductibles? La grande question! Mieux vaut vous référer à la documentation de Revenu Québec et de l’ARC en cette matière pour tout savoir.

«Mais oubliez votre massothérapeute!», souligne Sylvain Moreau. Les frais pour massages, même s’ils sont prescrits par un médecin, ne sont déductibles ni au provincial ni au fédéral. Cependant, les soins payés à un homéopathe, à un naturopathe ou à un ostéopathe sont déductibles, mais au provincial seulement.

Autre rappel: les frais encourus pour des soins esthétiques ne passent plus, même si un médecin procède à l’intervention: augmentations mammaires, botox, etc., ne sont plus admissibles au Québec depuis un moment, et depuis 2013 au fédéral.

Sylvain Moreau suggère de toujours regrouper les frais de toute la famille sur une même déclaration. De plus, au fédéral, il peut être avantageux d’inscrire ce montant sur la déclaration de la personne qui gagne le moins. «Parce que seuls les frais excédant 3 % du revenu net sont admissibles.»

Et n’omettez pas de déclarer vos primes d’assurances maladie et médicaments: elles sont admissibles. «Les gens oublient souvent, car ils n’ont pas de reçus attestant le versement de ces sommes», dit Sylvain Moreau. Si vous payez une assurance avec votre employeur, le montant figure sur votre talon de paie. Et conservez vos reçus lorsque vous achetez des médicaments.

Frais de garde

Les frais de garde de 7 $ ne sont pas déductibles au Québec parce que, en soit, c’est déjà une subvention de l’État, explique le spécialiste. Mais, surprise, ils le sont au fédéral, ce que beaucoup de contribuables ne savent pas.

Frais d’automobile

Si un employeur exige d’un employé qu’il utilise son véhicule à des fins d’emploi, celui-ci peut déduire des frais automobiles pour la portion commerciale, pourvu qu’ils ne soient pas déjà remboursés par l’employeur, évidemment, précise Sylvain Moreau.

Frais d’intérêt

Bien des gens omettent de déduire les frais d’intérêt payés sur un emprunt utilisé pour gagner des revenus. Par exemple, quelqu’un qui a emprunté une somme pour investir dans des actions, acheter un triplex à revenus ou un condo qui sera loué, peut profiter de cet allègement. Dans les deux derniers cas, les frais d’intérêts hypothécaires deviennent alors déductibles. Intéressant!

Il y a toutefois une exception: les emprunts pour investir dans votre REER ou votre CELI. «Puisque le revenu est exempté d’impôt, on ne permet pas de déduire les intérêts. Ce serait trop beau!», dit Sylvain Moreau.

Cotisations REER

Plusieurs croient qu’ils doivent empocher la déduction REER pour l’année même où ils ont cotisé, souligne Sylvain Moreau. C’est faux! Vous pouvez reporter ce bénéfice, et ce, sans limite de temps. Par exemple, si vous faites une cotisation de 20 000 $, vous pouvez demander une première déduction pour une tranche de 10 000 $ et utiliser plus tard votre déduction pour l’autre moitié, quand vous aurez un revenu plus élevé et que vous serez donc imposé davantage.

Pertes en capital

Vous perdez de l’argent? Vous pourriez en économiser plus tard, rappelle Sylvain Moreau, qui suggère de toujours garder trace et de déclarer toutes vos pertes en capital liées à vos placements. «Même si ça ne donne pas d’avantages à court terme, ces pertes pourront être utilisées plus tard pour réduire tout gain en capital sur lequel vous pourriez être imposé au cours de notre vie.» Mais, encore une fois, toutes les pertes enregistrées dans vos REER et CELI font exception.

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