Par Rémi Leroux Mise en ligne : 17 mars 2016

Faites-vous partie des 25 000 clients du Mouvement Desjardins ayant reçu la «bonne nouvelle» à 16 % d’intérêt dans leur boîte aux lettres?

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Photos: Desjardins

À la veille du dépôt du budget du gouvernement québécois, une passe d’armes a eu lieu à l’Assemblée nationale le 16 mars autour de la contribution additionnelle pour frais de garde. L’opposition a vivement réagi à une publicité du Mouvement Desjardins, distribuée le jour même à 25 000 clients, dans laquelle l’institution propose d’aider les familles à payer leur contribution additionnelle pour services de garde subventionnés.

«Bonne nouvelle, annonce l’institution dans son dépliant. Si vous n’avez pas prévu cette dépense supplémentaire, ne vous en faites pas: Accord D est là pour vous. En quelques minutes seulement, vos fonds seront déposés dans votre compte à la caisse.» Le hic? Lorsqu’on se rend sur le site pour en savoir plus, on constate que le taux d’intérêt peut atteindre jusqu’à 16 %... On est donc loin de la «bonne nouvelle» annoncée dans le dépliant!

Alors que les familles québécoises «ne sont même pas capables de payer l’épicerie, elles sont maintenant obligées de s’endetter pour payer les frais de garde», a déploré à l’Assemblée nationale François Legault, chef de la Coalition Avenir Québec.

La contribution additionnelle, payable au moment de la déclaration de revenus au printemps 2016, peut atteindre plusieurs milliers de dollars, selon vos revenus, le nombre d’enfants et le nombre de jours de garde.

S’endetter pour financer les services publics

Pris dans la tourmente, le Mouvement Desjardins a été contraint de publier une mise au point pour s’excuser sur la façon dont son offre a été perçue. «Cette offre s’inscrivait dans la volonté de Desjardins de pouvoir soutenir ses membres dans la gestion de leurs finances, en permettant un accès rapide à des liquidités, que ce soit pour réaliser des projets ou pallier des imprévus», peut-on y lire.

Pour Carole Laberge, conseillère budgétaire à l’ACEF du Nord de Montréal, la publicité du Mouvement Desjardins témoigne de l’ironie de la situation économique actuelle. «C’est l’illustration du lien direct entre les coupes budgétaires dans les services publics, les augmentations des frais pour les familles et l’accroissement de l’endettement, dit-elle. On utilise sa carte de crédit pour financer un service public.»

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