Les 10 erreurs des investisseurs débutants

Par Protégez-Vous en partenariat avec l’Autorité des marchés financiers Mise en ligne : 06 février 2018

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La plupart des investisseurs – sinon tous – se trompent parfois. Heureusement on peut apprendre de ses erreurs et même de celles des autres. Voici 10 exemples d’erreurs fréquentes et des conseils pour les éviter.

La première chose en matière d’investissement est de vérifier si la personne et l’entreprise qui vous offrent le placement sont autorisées à vous le vendre. Pour cela, un simple appel à l’Autorité des marchés financiers (1 877 525-0337) ou une recherche dans le Registre des entreprises et des individus autorisés à exercer suffisent

1. Calquer ses décisions d’investissement sur celles du voisin

Rappelez-vous qu’un placement qui fait l’affaire d’une personne ne vous conviendra pas nécessairement. Calquer ses décisions d’investissement sur celles du voisin vous semble une erreur simple à éviter ? Voici un exemple de situation qui pourrait risquer d’influencer vos choix d’investissements.

Un collègue de bureau vous indique avec enthousiasme qu’il vient d’investir dans des actions d’une petite société dont la valeur va certainement décupler d’ici un an ou deux. Il justifie son investissement avec des arguments qui semblent bien fondés. Il commence à vous dire ce qu’il achètera avec ses profits.

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Vous comprenez que l’investissement présente des risques importants et qu’il ne respecte pas votre profil d’investisseur. D’un autre côté, vous n’aimeriez pas du tout voir votre collègue s’enrichir de façon si importante alors que vous rateriez votre coup. Que faites-vous ? Certains choisiront d’investir même si le placement est trop risqué pour leur profil d’investisseur ! Le même principe s’applique pour les billets de loterie, mais dans ce cas, la somme en jeu est minime.

Chaque investisseur a ses propres objectifs, son niveau de tolérance au risque et son horizon de placement. Si vous avez une politique de placement écrite qui s’applique à l’ensemble de vos placements, cela vous aidera à éviter d’investir dans des placements qui ne répondent pas à votre profil d’investisseur.

2. Investir dans un placement qu’on ne connaît pas ou qu’on ne comprend pas

Voici quelques exemples qui peuvent conduire à investir dans des placements qu’on ne connaît pas.

• On investit simplement parce qu’un analyste financier recommande l’achat d’un titre : il prévoit un gain important d’ici un an.

• On a entendu parler de la société dans les médias et ça semble une bonne idée d’y investir.

• Notre représentant nous propose cet investissement. On s’y fie sans réfléchir et sans lui poser de questions pour bien comprendre l’investissement.

Si vous ne comprenez pas le placement qui vous est offert, il est préférable de vous abstenir d’y investir ou de peaufiner d’abord vos connaissances financières. Une de vos responsabilités d’investisseur est de bien comprendre le placement dans lequel vous investissez. Pour ce faire, vous devez notamment en comprendre la liquidité, le rendement, le risque et les frais.

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3. Acheter en se fondant sur une information sans l’avoir vérifiée

N’investissez jamais dans un placement sans vous informer. Toute l’information diffusée sur Internet n’est pas exacte. Ainsi, si une personne prédit que la valeur d’un placement augmentera rapidement et de façon importante, ce ne sera pas nécessairement le cas. S’il s’agit d’une action d’une société, il peut être important de savoir quels sont les bénéfices prévus de cette société.

Ces bénéfices sont-ils stables ou croissants ? La société dispose-t-elle de liquidités suffisantes ? Vous pouvez consulter la banque de données SEDAR, qui regroupe sur le site sedar.com toutes les données utiles sur les activités commerciales des sociétés ouvertes et les fonds d’investissement.

4. Ne pas tenir compte de sa tolérance aux risques

Lorsqu’un représentant vous pose des questions sur votre tolérance aux risques, répondez le plus honnêtement possible. Par exemple, si vous ne pouvez pas supporter que la valeur de vos placements fluctue, dites-le.

5. Ne pas admettre ses erreurs

Certains investisseurs ne veulent pas vendre un placement à perte, même si les perspectives d’avenir de ce placement se détériorent considérablement, car ce serait admettre qu’ils ont fait une erreur… Le problème, c’est que plus ils conservent ce placement improductif, plus la perte potentielle risque d’être élevée.

Certains investisseurs vont même jusqu’à acheter davantage d’un même placement pour diminuer leur coût d’acquisition moyen. Cette stratégie peut parfois fonctionner, mais à la condition que la valeur du placement remonte suffisamment. Si la valeur du placement continue de chuter, la perte sera alors plus grande.

Pour vous aider à éviter cette erreur, vous pourriez préciser des limites dans votre politique de placement, par exemple ne pas investir plus qu’un certain pourcentage de votre portefeuille dans une société.

Ne pas confondre cette erreur avec le fait de ne pas vendre ses placements lorsque le marché boursier baisse.

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6. «Tomber amoureux» d’un titre boursier

Un placement que vous détenez depuis longtemps et qui vous a rapporté un rendement appréciable dans le passé ne cesse de perdre de la valeur depuis un certain temps. Les récentes nouvelles financières ne semblent pas positives quant à son avenir commercial. Qu’à cela ne tienne, vous anticipez que les difficultés de l’entreprise et la perte de valeur ne sont qu’un phénomène temporaire. Vous en rachetez plusieurs fois, même si cela nuit grandement à la diversification de votre portefeuille.

Il est risqué de «tomber amoureux» d’un titre boursier et de perdre ainsi toute objectivité. Il est tout aussi important de ne pas oublier que le rendement passé d’un titre n’est jamais garant de son rendement futur.

Laissez de côté vos émotions lorsque vous investissez et imposez-vous des limites sur la base de votre tolérance aux risques et surtout de votre horizon de placement. N’oubliez pas les principes de diversification du portefeuille.

7. Adopter un biais de confirmation

Cette erreur consiste à n’écouter que les conseils et les informations qui corroborent ce que vous pensez déjà. Par exemple, vous croyez qu’un titre va prendre de la valeur. Vous faites des recherches et retenez tous les points positifs qui soutiennent votre hypothèse, par exemple que la société œuvre dans un secteur prometteur et a peu de dettes.

D’un autre côté, vous ne vous intéressez pas du tout aux éléments susceptibles de nuire à la valeur future du titre, par exemple au fait qu’un nouveau concurrent important fait son entrée dans le secteur, ou que la société ne dégage pas de profits.

8 Adopter un biais d’optimisme

Ce biais consiste à se croire meilleur qu’on ne l’est, à voir l’avenir plus positivement que la réalité. Par exemple, la grande majorité des gens pensent qu’ils sont au-dessus de la moyenne. Nous nous croyons meilleurs que ce que nous sommes réellement. Ce biais peut nuire aux investisseurs, par exemple investir en ne voyant que les gains potentiels et oublier les risques.

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Une façon de diminuer les erreurs causées par ce biais est de se demander quelle est la pire perte que vous pourriez subir en investissant dans le placement visé. Pour ce faire, regardez les fluctuations boursières du titre visé. Cette fluctuation pourrait se reproduire, même si le passé n’est pas garant du futur.

9. Effectuer une diversification naïve

Par «diversification naïve», on entend notamment répartir équitablement son argent parmi tous les produits proposés, peu importe si ces produits sont similaires ou différents. Par exemple, si le représentant nous propose quatre fonds d’actions et un fonds d’obligations, on investit un cinquième dans chaque fonds.

Nous aurons donc 80 % d’actions et 20 % d’obligations. Cela ne respecte pas nécessairement notre profil d’investisseur. À l’inverse, si on nous propose quatre fonds d’obligations et un fonds d’actions, on n’aura que 20 % de notre portefeuille en actions.

10. Adopter un biais de l’employeur

Cette erreur consiste à investir une proportion démesurée de son actif dans des titres de la société pour laquelle on travaille en se disant qu’on la connaît bien et qu’il s’agit d’une bonne société. Après tout, votre employeur compte au moins un excellent employé : vous !

Même si l’idée d’investir dans un secteur connu est bonne, cela ne doit pas nuire aux principes de base de l’investissement, comme la diversification. Pire : si la société pour laquelle vous travaillez connaît des difficultés financières, vous pourriez perdre à la fois votre emploi et voir la valeur de vos titres chuter considérablement.

Une façon de limiter les conséquences de certains biais de comportement consiste à investir périodiquement des sommes dans un portefeuille diversifié.

Cet article est extrait de notre guide pratique Investir réalisé en partenariat avec l’Autorité des marchés financiers. Il est disponible en kiosque et sur notre nouvelle application dans l’App Store (iPhone et iPad) et dans Google Play Store (Android).

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