Produits d'occasion: plus d'acheteurs que de vendeurs!

Mise en ligne : 29 octobre 2013

Les Québécois achètent de plus en plus de produits usagés grâce au Web. Et leur principale motivation ne concerne pas l’économie d’argent.

79 % des gens ayant acheté des produits d’occasion dans la dernière
année l'ont fait par l'entremise d'un site Web.   Photo: Shutterstock


Acheter des produits neufs serait-il démodé? Quand même pas, mais les produits d’occasion, plus accessibles que jamais grâce aux petites annonces qui prolifèrent sur le Web, sont populaires: plus de sept Québécois sur dix s’en seraient procuré au cours de la dernière année, constate l’Observatoire ESG UQAM de la consommation responsable. L’organisme a mené une étude (PDF) qui évalue pour la première fois les comportements des Québécois qui achètent et vendent d’occasion. Voici les grands constats.

Le Web, grand favori
Les sites de petites annonces rivalisent désormais avec les traditionnels marchés aux puces, ventes-débarras, brocantes, etc. Près de 60 % des personnes ayant acheté des produits d’occasion dans la dernière année les ont trouvés sur le Web. Au Québec, les sites Kijiji, lesPac, eBay, Craigslist et Amazon ont d’ailleurs la faveur des vendeurs.

La majorité des Québécois interrogés ne perçoivent pas de problèmes majeurs avec le fait d’acheter des produits d’occasion en ligne. Mais pour 42 % d’entre eux, le principal frein demeure le fait qu’il n’y a pas, dans ce cas, de garantie de remboursement.

Pas seulement pour les économies
L’enquête révèle que les Québécois achètent des produits d’occasion pour obtenir un prix plus juste, certes, mais aussi pour protéger l’environnement. «On pensait que le besoin d’économiser serait mis de l’avant dans l’étude. Au contraire, les préoccupations majeures des acheteurs sont plutôt environnementales. Ils veulent consommer mieux, lutter à leur manière contre la société de consommation et payer un prix plus juste», explique Fabien Durif, professeur en marketing à l’UQAM et directeur de l'Observatoire de la consommation responsable.

En effet, se distancer de la société de consommation arrive en deuxième position en ce qui concerne les motivations, suivi du désir de «chasse aux trésors» et de l’aspect nostalgie, c’est-à-dire trouver des objets anciens qui possèdent une histoire. Enfin, le contact social et l’aspect local de ces transactions encouragent aussi les gens à acheter des biens d’occasion.

Moins enclins à la vente?

Si l’achat de produits d’occasion est désormais entré dans les mœurs, affirme l’étude, ce n’est pas le cas pour la vente, qui serait moins ancrée dans les habitudes. Seulement quatre Québécois sur dix auraient vendu des biens usagés dans la dernière année.

Faire du ménage, prolonger la vie des produits et rendre service à des personnes moins favorisées arrivent en tête des motivations des vendeurs de produits d’occasion en ligne. Arrivent ensuite le souhait de gagner de l’argent et celui de lutter contre la surconsommation et contre la dégradation de l’environnement.

L’étude affirme que le principal frein à la vente de produits en ligne est la tendance des Québécois à vouloir tout garder. «En se débarrassant d’un produit, on a l’impression de perdre quelque chose qui pourrait encore servir.» «De plus, dans le cas de la vente, la motivation écologique est moins forte, commente Fabien Durif. Un téléphone cellulaire, par exemple, peut nuire à l’environnement, car il contient des polluants. Or, il est pourtant peu revendu, alors qu’il existe des circuits pour ce faire.»

  Produits d'occasion

  Produits les plus achetés
 
Voitures
  Objets de collection et tableaux
  Vélos
  Meubles
  Instruments de musique
  Livres
  Objets de décoration
  Jouets

  Produits les moins achetés
  Cellulaires
  Tablettes électroniques
  Imprimantes
  Chaussures
  Appareils photo



Femmes en tête
«On aurait pu penser que l’acte d’achat ou de vente était surtout lié à la catégorie sociale, au niveau d’éducation et aux revenus des personnes. Or, en croisant nos données, on a constaté que ce qui joue, c’est surtout le sexe!» explique Fabien Durif.

En effet, ce sont surtout les femmes âgées en moyenne de 41 à 46 ans qui sont au cœur du circuit des produits d’occasion. Elles représentent 56 % des acheteurs et 55 % des vendeurs. Leur préoccupation plus prononcée pour l’environnement et la quête d’un revenu d’appoint expliqueraient leur plus forte présence dans ce marché; 23 % des femmes interrogées ont empoché plus de 1 000 $ dans la dernière année grâce à la vente de produits d’occasion.

33 000 personnes interrogées

L’enquête a été menée du 21 septembre au 1er octobre 2013 sur le panel de MBA Recherche représentant 33 000 Québécois. L’échantillon a été redressé en fonction des données de Statistique Canada pour s’assurer d’une meilleure représentativité. Au total, 1 104 personnes ont répondu à un questionnaire électronique. Le site de petites annonces Kijiji a participé au financement de l’étude, «car il voulait aussi avoir une image globale du comportement de la population québécoise en ce qui concerne l’achat et la vente de produits d’occasion», indique Fabien Durif.

• 39 % des Québécois ont acheté de deux à cinq produits d’occasion dans la dernière année.

• 21 % des Québécois ont vendu de deux à cinq produits d’occasion dans la dernière année.

Ajouter aux favoris
Ajouter aux favoris

Pour suivre toutes les mises à jour et nouveautés sur cet article, vous devez être connecté.