Endettement: plusieurs salariés pensent retarder leur départ à la retraite

Par Rémi Leroux Mise en ligne : 08 septembre 2016

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Plus du tiers des salariés québécois vivent d’une paie à l’autre – le taux le plus bas au pays. Et près d’un salarié sur quatre aurait de la difficulté à ramasser les 2 000 $ nécessaires pour les cas d’urgence. En faites-vous partie?

La situation financière au pays n’est pas rose et une récente enquête de l’Association canadienne de la paie (ACP) est venue confirmer une certaine tendance à la morosité économique.

Un sondage annuel réalisé auprès des salariés canadiens révèle que la stagnation des revenus et la hausse des dépenses ont des effets importants sur leur capacité à épargner. Lorsqu’ils reçoivent leur chèque de paie, 34 % des salariés québécois en dépensent la totalité ou davantage, contre 40 % à l’échelle nationale. Le communiqué de l’ACP précise que, parmi eux, 42 % des Québécois sont incapables d’épargner plus de 5 % de leurs gains nets, contre 47 % à l’échelle nationale.

Dur de joindre les deux bouts

Patrick Culhane, président et chef de la direction de l’ACP, affirme qu’un «pourcentage important de travailleurs a une vision sombre de l’économie locale et craint une hausse des taux d’intérêt, de l’inflation et du coût de la vie». Il leur recommande donc d’appliquer le principe «Payez-vous d’abord», c’est à dire prendre les mesures pour qu’au moins 10 % de leur salaire net soit automatiquement transféré vers un compte d’épargne distinct ou un régime de retraite.

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L’endettement, toujours l’endettement

Le sondage de l’Association canadienne de la paie vient également confirmer le poids de l’endettement dans les difficultés financières rencontrées par les salariés québécois.

Selon l’ACP, le pourcentage de Québécois se sentant accablés par les dettes a augmenté de 3 % depuis un an, passant de 19 à 22 %. Au niveau national, cette portion est de 39 %.

Une tendance qui confirme les résultats d’une étude TransUnion rendus publics en août 2016. L’agence de crédit y révélait que le solde moyen de la dette à la consommation au Québec avait connu, au deuxième trimestre 2016, une augmentation de 3,8 % par rapport à la même période l’an dernier, passant de 17 151 à 17 809 $, soit la plus forte hausse au pays.

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La retraite, ce n’est pas pour demain!

«Incapable d’épargner adéquatement, la grande majorité des travailleurs québécois a pris beaucoup de retard par rapport à ses objectifs de retraite», mentionne le sondage de l’ACP. À cet égard, 73 % d’entre eux affirment qu’ils ont épargné seulement le quart ou moins des réserves dont ils auront besoin à la retraite.

Une situation qui a pour effet de reporter, dans l’esprit des répondants, l’âge auquel ils prendront leur retraite. Ainsi, il y a cinq ans, les employés canadiens visaient une retraite à 60 ans. Leur objectif est depuis passé à 62 ans…

Quelque 5 629 employés à travers le Canada, représentant plusieurs secteurs d’activité, ont rempli le sondage en ligne du 27 juin au 5 août 2016. Une méthode d’échantillonnage de commodité a été utilisée. Le sondage réalisé par la firme Framework Partners a une marge d’erreur de plus ou moins 1,3 % 19 fois sur 20 (puisqu’une méthode non probabiliste a été utilisée, il est impossible d’exprimer une marge d’erreur définitive).

 

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