Par Stéphan Dussault Mise en ligne : août 2011

Photo: Réjean Poudrette

Les yeux rivés sur son ordinateur portable, le courtier immobilier que vous avez invité chez vous pour discuter de la vente de votre maison tente d’en estimer la valeur. Il assure pouvoir en obtenir 250 000 $. Il suggère une commission de 6 % pour s’occuper de tout. Vous faites un rapide calcul mental pour constater que ça représente 15 000 $. Et il ne vous a pas dit que sa commission est taxable, un imprévu de plus de 2  000 $. En estimant qu’il aura mis une cinquantaine d’heures pour parvenir à vendre votre demeure, il s’agit d’un stratosphérique taux horaire de 300 $. Et encore! Dans des marchés comme Montréal, les maisons se vendent souvent bien plus vite.

Le courtier vous gratifie d’un sourire compatissant pour bien marquer votre incompréhension des vraies affaires. Il vous explique alors qu’il doit le plus souvent partager une partie de sa commission avec le courtier de l’acheteur et débourser environ 1 500 $ de frais mensuels divers relatifs à la location du bureau, à la publicité et aux autres frais de sa chaîne de courtiers. En 15 secondes, sa commission a fondu à 7 250 $. Vous refaites vos calculs et constatez que, dans le pire des cas, le pauvre courtier s’en tire encore avec un taux horaire de 145 $.

«Dites-moi ce que vous exigeriez de quelqu’un contre une rémunération de 15 000 $. Le travail des courtiers est important, mais leur commission est excessive», résume un notaire qui préfère ne pas se nommer de peur de faire fuir des courtiers.

«Il n’y a aucune loi qui régit la commission d’un courtier, tout est une question d’offre et de de­mande», rétorque Robert Nadeau, président de l’Organisme­ d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ). Alors, qu’est-ce qui vous empêche de négocier le taux de sa commission?

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