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Conseils pour acheter un solarium

Par Mise en ligne : 15 février 2012

Shutterstock

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Les constructions de solarium qui finissent mal sont moins nombreuses qu’avant, mais il faut rester vigilant. Isolation, fondation, type de verre: il y a plusieurs éléments à prendre en considération.

L’ancêtre du solarium moderne n’a pas… 25 ans. Les premiers utilisateurs qui se sont fait installer cette pièce dédiée au culte du soleil ont eu la vie dure: toit qui coule, structure mal assemblée, fenêtres mal isolées, moisissures dans les fondations, chaleur insoutenable l’été, congélateur garanti l’hiver… Les histoires d’horreur étaient légion. Elles le sont de moins en moins, même si plusieurs cas de mauvaise installation finissent encore dans les palais de justice du Québec.

Au moment de magasiner leur solarium, constate Guylain Hénault, directeur des ventes chez Zytco, plusieurs clients ignorent encore qu’il en existe deux types bien distincts: les trois saisons et les quatre saisons.

La différence fondamentale, outre quelques dizaines de milliers de dollars: le chauffage. Un solarium trois saisons n’est pas chauffé. Il peut même n’avoir que des moustiquaires, et ressembler à un gazebo collé sur la maison.

Trois saisons pour petit budget

Le modèle le plus populaire demeure le solarium de Paris, selon Yves Perrier, expert conseil en bâtiment. C’est l’entreprise québécoise Solarium de Paris qui est à l’origine du concept. Ce sont des solariums en tubes d’aluminium recouverts de plastique poly­mère. Le vitrage est aussi en polymère, une feuille souple qui permet de donner une forme arrondie aux fenêtres. Le vitrage du toit peut être teinté pour empêcher la surchauffe l’été, et il peut être remplacé en partie par des moustiquaires.

Évidemment, la pièce reçoit son congé pour l’hiver. Mais on peut quand même étirer la saison: même s’il fait -5 °C à l’extérieur, voire jusqu’à -10 °C, le vitrage capte le soleil et la température à l’intérieur du solarium peut grimper jusqu’à 20 °C à midi… et atteindre le point de congélation à minuit! D’où l’importance, note l’ingénieur René Vincent, de toujours conserver une porte hermétique et bien isolée entre ce type de solarium et la maison, afin de conserver la chaleur l’hiver et la fraîcheur l’été.

Le solarium de Paris est vendu en kit et une majorité d’acheteurs sont assez débrouillards pour l’assembler eux-mêmes. Le prix? À partir de 4 500 $ pour un modèle de base de 3 X 3,6 m (10 X 12 pi). Il offre un excellent rapport qualité-prix, estime Yves Perrier, et il est fabriqué au Québec. Le polymère est garanti 10 ans et son espérance de vie est d’environ 15 ans. «Le défaut du polymère, poursuit Yves Perrier, c’est que ça fait toujours un peu cheap. Et l’architecture très contemporaine du modèle peut contraster sur une maison ancienne.»

Attention au polymère de mauvaise qualité fabriqué en Chine, que l'on voyait plus couramment sur les solariums trois saisons il y a sept ou huit ans. «Certains plastiques se fendaient carrément», dit Yves Perrier. «Si vous voyez un solarium fait de polymère fabriqué en Chine, ne l’achetez pas!», prévient-il.

Trois saisons de luxe

Il existe des solariums trois saisons plus haut de gamme, dont la finition est plus soignée et les matériaux plus robustes que ceux des solariums de Paris. Une entreprise comme Vérandas MKL fabrique des produits en polymère, mais avec de multiples châssis qui peuvent s’ouvrir. «C’est une structure renforcée, indépendante, qui a une grande résistance et est suffisamment forte pour soutenir un toit standard», explique Yves Perrier. Les cadres sont en aluminium et le toit en polycarbonate, un plastique transparent utilisé dans les serres commerciales qui isole mieux que le polymère.

Pour un solarium de 3 X 3,7 m (10 X 12 pi), il faut compter environ 14 000 $. Le prix peut atteindre 25 000 $ pour un modèle où le polymère est remplacé par un vitrage en verre trempé. Un matériau plus joli, résistant et isolant que le polymère mais qui, contrairement à ce dernier, ne tolère aucun mouvement, souligne Yves Perrier. «En général, on ne l’installe pas soi-même. Le verre est très lourd et le scellement, complexe.»

Quatre saisons

Avec un solarium quatre saisons, on change de registre, autant sur le plan de la qualité d’ensemble et de l’isolation que du prix, qui peut atteindre 45 000 $. Le solarium quatre saisons constitue une pièce de la maison à part entière. C’est un agrandissement qui doit être ancré solidement dans le sol. Il faudra donc creuser une fondation ou, à tout le moins, ériger des colonnes de béton, chauffer l’hiver, parfois climatiser l’été. Toutes sortes de considérations qui font grimper la facture à environ 400 $ du pi2.

Vérifiez avec la ville

Avant de songer à mettre ne serait-ce qu’une moustiquaire sur son vieux balcon, il faut contacter le service d’urbanisme de sa municipalité et vérifier les normes de construction en vigueur. Un solarium chauffé est considéré comme un agrandissement de la maison et il doit donc être conforme aux règlements en vigueur sur les matériaux, les normes de protection contre les incendies, la distance avec les voisins, etc. Le solarium non chauffé est considéré comme une annexe de la maison et les normes entourant sa construction peuvent être différentes. «Dans tous les cas, dit André Gagné, directeur de l’expertise technique de l’Association provinciale des constructeurs d’habitations du Québec (APCHQ), il faut vérifier avec sa municipalité ce qu’elle considère comme un agrandissement.» Certaines villes, comme Mont-Royal, Blainville et La Prairie, obligent les propriétaires à creuser une fondation. D’autres, comme bien des arrondissements montréalais, permettent de construire le solarium sur des pieux vissés ou encore, des pilotis de béton.

Ça s’améliore, mais...

Les techniques de construction se sont raffinées, les matériaux, les structures, les performances énergétiques aussi, et le marché a suivi. D’une trentaine de fabricants dans les années 1980, il en reste moins d’une demi-douzaine. «Et ceux qui sont demeurés en affaires sont sérieux», affirme André Gagné, directeur de l’expertise technique de l’Association provinciale des constructeurs d’habitations du Québec (APCHQ). Les acheteurs types de solarium en 2012? Des boomers dont la maison est à peu près payée et qui veulent l’améliorer. «C’est un produit de luxe, une pièce pour se gâter», dit Guylain Hénault, directeur des ventes chez Zytco, qui en installe de 400 à 500 par an. «La décision d’installer un solarium chez soi se fait souvent sur un coup de tête, met en garde André Gagné. Elle n’est pas toujours réfléchie. Et on peut la regretter.»

Comment gérer les coûts de chauffage?

Chauffer et climatiser un solarium quatre saisons peut aisément coûter 500 $ par année. Pour réduire la facture, une solution simple consiste à ne pas ouvrir complètement le solarium sur la maison. C’est moins joli, mais en n’abattant pas le mur qui sépare la maison de son agrandissement, on peut baisser substantiellement le chauffage la nuit sans trop refroidir le reste de la maison. André Gagné suggère aussi de se doter d’un ventilateur pour distribuer la chaleur l’hiver et la fraîcheur l’été. «La climatisation et les plinthes électriques ne suffisent pas», soutient-il. Il faut aussi tenir compte de l’exposition du solarium non seulement à l’ensoleillement, mais aussi aux vents dominants. Le choix du verre, ainsi que l’emplacement des moustiquaires, seront tributaires de ces éléments naturels.

Creuser ou non une fondation?

Les experts ne s’entendent pas sur l’utilité de creuser une fondation lors de l’aménagement d’un solarium quatre saisons. Du côté de la sécurité, André Gagné estime que les pilotis sont adéquats et que les municipalités qui les interdisent «n’ont aucune raison valable de le faire­». Mais sur le plan du confort, les pilotis de béton ou les pieux vissés ne peuvent rivaliser avec la fondation. «Avec les pilotis, on a beau avoir la meilleure isolation possible, les planchers demeurent froids. Si on opte pour cette solution, je recommande des carreaux de céramique accompagnés d’un chauffage radiant», dit André Gagné. Même s’il admet que les avis divergent, Yves Perrier, expert conseil en bâtiment suggère de creuser une assise dès que le solarium dépasse 36,5 m2 (120 pi2). Au final, ce sont souvent des considérations monétaires qui orienteront le choix des acheteurs: il en coûte entre 8 000 et 10 000 $ de plus pour faire creuser une fondation plutôt que d’installer des pilotis et d’isoler le plancher.

Directement sur le balcon?

Il peut aussi être tentant de construire­ son solarium à même une terrasse ou un balcon déjà existant, ajoute l’ingénieur, président du Centre d’inspection et d’expertise en bâtiment du Québec René Vincent. Il faut alors s’assurer que la structure, qu’elle soit en bois ou en béton, soit en excellent état, relativement neuve et à l’abri du gel. Sinon, le mouvement de la structure risque fort de causer des infiltrations d’eau.

Quel verre choisir?

À la base, dit René Vincent, un solarium quatre saisons nécessite un verre énergétique efficace, une pellicule à faible émissivité (communément appelée low-E) et au moins un gaz inerte (souvent de l’argon) entre les deux vitres thermos. Comment savoir si le verre est vraiment de qualité? En demandant quel est son facteur d’isolation, ou facteur R. Le facteur R est la norme utilisée au Canada pour estimer la résistance thermique des matériaux. Plus la valeur est élevée, plus le pouvoir isolant est grand. Pour un solarium, les experts estiment que la valeur doit être d’au moins R-4. Mais on peut trouver des verres dont le facteur d’isolation peut atteindre R-13. En guise de comparaison, un mur a un facteur de R-20. Il existe même des verres chauffants.

Mais cette qualité a un coût. «À partir de R-7, les prix explosent , souligne Guylain Hénault. Pour un solarium valant à la base 40 000 $, on peut ajouter jusqu’à 30 000 $ à la facture quand on tombe dans les verres chauffants ou très performants.» Est-ce que ça vaut le coût? Côté confort, on peut très bien vivre avec des verres R-4, nous ont répondu les spécialistes rencontrés. Selon eux, mieux vaut investir dans du verre teinté et des stores pour limiter l’ensoleillement l’été, et ajouter un plancher radiant pour l’hiver, de préférence des dalles de céramique, moins fragiles que le bois franc.

Ça coule!

L’ingénieur René Vincent se rend régulièrement en Cour en qualité d’expert dans des causes impliquant des clients mécontents de leur solarium et des installateurs censés s’y connaître. Le problème numéro un: le manque d’étanchéité du solarium. Le sol de plusieurs produits, pourtant installés par des pros, se transforme en lac l’été et en anneau de glace l’hiver. Alors imaginez lorsque des bricoleurs du dimanche se mettent en tête de construire eux-mêmes le solarium de leurs rêves! «C’est possible, mais il y a des règles à suivre que vous ne trouverez pas nécessairement dans le manuel d’installation», précise René Vincent.

Il faut surtout porter attention à l’étanchéité entre ce nouveau bâtiment et la maison. Dans bien des cas, dit René Vincent, on appuie la structure sur le bâtiment principal, on applique le scellant et le tour est joué. Le risque d’infiltration est dé­cuplé lorsqu’on doit fixer le solarium au fascia (l’extrémité du toit), au lieu de l’accrocher au mur, sous le soffite (la partie du toit qui dépasse du mur). L’installation sur un mur de briques offre aussi son lot de défis, l’eau pouvant parfois s’infiltrer entre le mur et la brique pour pénétrer dans la maison. Bref, à moins d’être absolument sûr de soi, il vaut peut-être mieux se fier à un entrepreneur spécialisé dans l’installation de solariums.

MISE À JOUR 07/03/2012: Nous avons modifié le texte pour associer le prix de départ de 4 500 $ aux solariums trois saisons de 3 X 3,6 m (10 X 12 pi) plutôt qu’à ceux de 2,5 X 2,5 m (8 X 8 pi). Par ailleurs, le texte original pouvait laisser croire que tout le polymère utilisé au Québec est fabriqué ici, alors que certaines entreprises achètent encore leur polymère en Asie. Nous l'avons modifié pour clarifier cette information.

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Maison

Commentaires 28 Masquer

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  • Par michel brosseau | 20 septembre 2015

    Bonjours vous,

    Il est certain que désirer avoir un salarium est une bonne idée. Mais avant de voir la réalisation d'un tel projet,il y a de nombreuses décisions a prendre. Où achèter mon salarium? À qui peut-on vraiment faire confiance? Est-il possible d'avoir de l'information sur des vendeurs,représentants ou installateurs qui n'ont pas bonne réputation; soit pour la qualité des produits vendus, de l'installation ou du respect des garantis offertes? OÙ des endroits non recommandés. Merci, s'il vous est possible de me donner de l'information sur mes point d'intérogations. Se serait bien aprécié. Citoyen BD

  • Par NANCY BISSON | 16 mars 2016

    Nous avions fait faire une soumission avec Veranda MKL (véranda 2 saisons). Nous avons fait faire tout les travaux avant l'installation (enlever rampes, murets...). La cie est venu prendre les mesures et n'est jamais revenu installé le produit!! Nous avons donc perdu confiance en ce fournisseur. Nous avons passé l'hiver à penser à notre véranda/solarium et maintenant nous hésitons à faire un solarium 2 saisons ou 4 saisons. Que me conseillez-vous? Nous avons une terrasse en béton avec un toit. Il ne manque que les fenêtres et l'isolation selon le choix du 2 ou 4 saisons. Le balcon est situé Nord-Est (soleil quelques heures le matin seulement). Merci!

  • Par THÉRESE DUBÉ | 12 janvier 2016

    a faire attention apres la guarantie est terminer les cout de deplacement sont dispendieux,plus L'ouvrage

  • Par M ASSELIN | 31 mars 2016

    J'ai un solarium 4 saisons installé par mousti-zz-abo:c'est la pièce préférée et la plus utilisée (repas-travail etc).
    Çà vaut le prix.

    Il est chauffé à infra-rouge (merveilleux).

    Claudette roy

    Par Lucie Piché | 08 mars 2015

    Cela fait déjà un an que vous avez écrit ce commentaire. Êtes vous toujours satisfaite aujourd'hui?

  • Par Johanne Claveau | 04 mai 2013

    Bonjour,

    J'ai une verrière 4 saisons de 24' dont je dois remplacer les verres en raison de l'éfficacité énergétique déficiente. J'ai trouvé un fournisseur de verre à Montréal qui m'assure un R-11 avec un verre à l'argon. Toutefois, les fournisseurs de Québec disent que ce n'est pas possible...Comment vérifié la vérificacité du rendement énergétique des verres à part se fier à l'information promotionnel des forunisseurs.

    Merci

    Johanne Claveau