Par Protégez-Vous en partenariat avec l'ACEF de l'Est de Montréal Mise en ligne : janvier 2012

Pour le savoir, vous devez étudier attentivement deux grands facteurs: vos finances personnelles et la situation économique de votre région (et plus généralement celle du pays et même du monde). 

Vous trouverez dans ce guide des outils pour évaluer votre propre situation financière. Mais qu’en est-il de la conjoncture économique actuelle, tant au Canada qu’au Québec? Depuis près de 15 ans, le prix des maisons (unifamiliales, «plex» et condos) n’a cessé d’augmenter au Québec. Les faibles taux d’intérêt hypothécaires des dernières années ont poussé nombre de gens à devancer leur projet d’achat ou encore à acheter une résidence plus chère.

Les données qui suivent vous donneront un aperçu des principaux indicateurs et vous permettront de vous comparer aux familles moyennes qui font l’achat d’une propriété. Vous constaterez, par exemple, que si des taux d’intérêt relativement bas sont à l’avantage des emprunteurs hypothécaires, les Canadiens, par contre, n’ont jamais été aussi endettés. Et même si la pression diminue sur le marché immobilier de plusieurs régions du Québec, limitant ainsi la croissance des prix, cela ne signifie pas pour autant que le moment est venu d’acheter selon vos critères.

Un grand nombre de facteurs sont à considérer avant de faire un achat. Comme même les spécialistes ont de la difficulté à prédire les variations dans l’économie, le mot d’ordre reste la prudence et une bonne planification budgétaire. Vous serez ainsi mieux placé pour faire face à une éventuelle crise économique et plus en mesure de conserver ce lieu au cœur de votre vie: votre maison.

Portrait des ménages canadiens ayant acheté un logement en 2010
En 2010, au Canada, 6 % des ménages ont acheté un logement. Parmi eux, environ 38 % accédaient à la propriété pour la première fois, ce qui signale une baisse: la proportion était de 43 % en 2009. Si l’on examine les réponses valables obtenues dans cinq centres étudiés , on constate que la répartition par âge des acheteurs est relativement équilibrée:

- 23 % de 25 à 34 ans;
- 26 %, de 35 à 44 ans;
- 23 %, de 45 à 54 ans;
- 26 %, 55 ans ou plus.

Pour faire leur mise de fonds, 88 % des acheteurs ont utilisé leurs économies (ce qui comprend les REER et les placements). Dans 31 % des cas, la mise de fonds était de 5 à 19 %, tandis que 41 % des acheteurs ont fait un paiement initial correspondant à au moins 20 % de la valeur de l’habitation. 72 % d’entre eux ont opté pour un logement en revente plutôt que neuf.
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Source: SCHL, Rapport sur la rénovation et l’achat de logements – Faits saillants des principaux marchés, 2011.

Prix de vente moyen des maisons unifamiliales au Québec au troisième trimestre 2011
243 650 $ était le prix de vente moyen des maisons unifamiliales au Québec au troisième trimestre 2011, soit une hausse de 31 % en cinq ans.

Pour une copropriété il fallait compter 243 135 $, et 332 934 $ pour un « plex » (de deux à cinq logements), soit une augmentation de respectivement 28 % et 32 % en cinq ans.

À la même période :
- à Montréal : prix moyen d’une unifamiliale, 322 805 $ ; d’un condo, 264 197 $ ; d’un « plex » (de 2 à 5 logements), 421 444 $ ;
- à Québec : prix moyen d’une unifamiliale, 248 799 $ ; d’un condo, 203 520 $ ; d’un « plex » (de 2 à 5 logements), 285 323 $.
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Source : Le Baromètre MLS® du marché résidentiel, 3e trimestre 2011, Fédération des chambres immobilières du Québec.

Évolution du taux directeur de la Banque du Canada de 2001 à 2011
Taux cible du financement à jour et taux directeur de la banque du Canada

Le taux directeur d’une banque centrale indique le cap que la banque souhaite donner aux taux d’intérêt à court terme. Ainsi, les changements que fait la Banque du Canada ont une influence sur le taux préférentiel des banques commerciales et sur d’autres taux, dont celui des prêts hypothécaires. Le taux d’intérêt préférentiel est le taux d’intérêt sur lequel une institution financière se fonde pour calculer les taux d’intérêt qu’elle applique à ses clients. La Banque du Canada a comme politique monétaire de maintenir un taux d’inflation autour de 2 %. Pour cela, elle hausse ou baisse le taux directeur. L’anticipation de conditions économiques difficiles incite la Banque du Canada à garder les taux d’intérêt bas.
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Source: Banque du Canada.

Qu’est-ce que l’indice d’accessibilité à la propriété?
Il s’agit de la proportion du revenu médian avant impôts qu’un ménage consacre aux frais liés à sa propriété. Plus l’indice est élevé, plus il coûte cher d’acquérir et de détenir une propriété. Au Québec, 40 % des ménages sont locataires. Les propriétaires ont un revenu médian plus élevé que l’ensemble de la population. Les données ci-dessous décrivent une tendance et non la situation des nouveaux propriétaires. Par exemple, un indice d’accessibilité de 50 % signifie que le coût de la propriété, remboursements hypothécaires, services publics et impôts fonciers pris en compte, absorbe 50 % du revenu mensuel avant impôts du ménage.

Il faut comprendre qu’actuellement acheter une maison n’est pas accessible aux gens à faibles revenus. Ces données mettent en lumière la difficulté pour nombre de Canadiens de devenir propriétaires.

La Banque Royale du Canada (RBC) publie chaque trimestre un état de la situation en la matière. Au deuxième trimestre de 2011, les indices établis par la RBC étaient tous à la hausse, ce qui équivaut à une baisse de l’accessibilité (tableau ci-dessous).

Indice d’accessibilité à la propriété
Canada Montréal
2e trimestre 2011 Moyenne depuis 1985 2e trimestre 2011 Moyenne depuis 1985
Maison individuelle de plain-pied (« bungalow détaché ») 43,3 % 39,4 %  42,6 %
 37,3 %
Maison à deux étages
49,3 %
43,8 %
 55,0 %
 42,3 %
Appartement en copropriété 29,2 %
27,1 %
 32,8 %
 29,5 %

À Montréal, on le voit, l’indice avait atteint 42,6 % pour une maison individuelle de plain-pied, ce qui reste un peu en deçà du niveau national mais toutefois au-dessus du niveau moyen mesuré depuis 1985, qui est de 37,3 %. Pour les maisons à deux étages, le paysage s’assombrit : un ménage qui voulait en acquérir une devait être prêt à y consacrer 55 % de ses revenus bruts, plus de 10 % au-dessus de la tendance depuis 1985 (42,3 % en moyenne).
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Source : Tendances immobilières et accessibilité à la propriété, août 2011, RBC.

Endettement
Les faibles taux d’intérêt et la stagnation des revenus réels pour les personnes à faible et moyen revenus, ont entre autres, contribué à la hausse de l’endettement. Le ratio dette-revenu des ménages canadiens a atteint un nouveau sommet de 146,9 % au premier trimestre de 2011, selon un rapport de l’Association des comptables généraux accrédités du Canada paru en juin 2011.

Les Canadiens sont toujours aux prises avec des niveaux records d’endettement des ménages – défini comme étant le solde impayé du crédit des ménages, y compris le crédit à la consommation, le crédit hypothécaire à l’habitation et le crédit aux travailleurs autonomes. La hausse du crédit à la consommation reste la plus préoccupante, celle du crédit hypothécaire étant encore corrélée à une hausse de la valeur des actifs (valeur de la maison).

Toujours selon ce rapport, un Canadien sur cinq serait incapable de faire face à une dépense imprévue de 5 000 $, malgré l’aide d’une carte ou d’une marge de crédit, et un Canadien sur 10 ne pourrait pas gérer une dépense imprévue de 500 $. De plus, si on répartissait la dette des ménages également entre tous les Canadiens, une famille avec deux enfants devrait environ 176 461 $.

Enfin, les Canadiens épargnent encore moins qu’avant. Quelque 27 % des Canadiens non retraités n’affectent aucune somme à une formule d’épargne régulière quelle qu’elle soit, même pas en vue de la retraite. En 2007, ils étaient 25 %. Globalement, quatre Canadiens sur 10 ne savent pas si leur situation financière à la retraite sera adéquate.
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Source : L’endettement au Canada : Les consommateurs canadiens ont-ils encore les moyens d’être un moteur de l’économie ? Résumé des faits saillants du rapport accessible en ligne. Association des comptables généraux accrédités du Canada, juin 2011.

Nombre de saisies hypothécaires au Québec depuis 2007
En 2010, on estime qu’une propriété sur 860 a été saisie au Québec. Au mois d’avril 2010, certains critères d’obtention d’un prêt hypothécaire ont été resserrés au Canada dans le but de diminuer les risques de mauvaises créances.
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Source : Le point sur les saisies hypothécaires : Un bilan comparatif entre les cas américains et québécois. Publié par la Fédération des chambres immobilières du Québec, mai 2010.

Prix moyen des loyers au Canada et au Québec
864 $ était le loyer moyen d’un quatre et demi (deux chambres) au Canada en avril 2011, immeubles neufs et existants confondus. Il était de 848 $ un an plus tôt. Au Québec, le loyer moyen était de 690 $ en avril 2011 et de 668 $ un an plus tôt.
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Source : Société canadienne d’hypothèques et de logement, Rapport sur le marché locatif – Faits saillants, Québec, printemps 2011.

Propriétaires et locataires au Québec
De 1982 à 2008, la valeur marchande moyenne d’une maison au Canada a quadruplé, passant de 71 800 $ à 303 500 $. Le prêt hypothécaire moyen approuvé est passé de 52 000 $ à 262 000 $ pour l’achat d’une maison neuve et de 37 700 $ à 173 000 $ pour une maison en revente, faisant passer la dette hypothécaire moyenne de 41 200 $ à 176 200 $.
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Source : Statistique Canada, La répartition de la dette hypothécaire au Canada.

Source : Statistique Canada, recensement de 2006.

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