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Fenêtres: comparatif des différents matériaux

Par Rémi Leroux Mise en ligne : 11 avril 2017  |  Magazine : mai 2017

shutterstock.com

Bois, aluminium, fibre de verre ou PVC... Selon leur composition, les cadres de fenêtre n’offrent pas tous la même efficacité énergétique. Quels matériaux privilégier pour leur résistance et leur coût à long terme ?

Si ouvrir et fermer une fenêtre n’est jamais bien compliqué, la magasiner est une autre affaire tant les modèles et les matériaux de fabrication offerts sont diversifiés. De quoi vous donner une soudaine envie d’air frais !

Choisir les fenêtres qui orneront votre résidence comporte en effet plusieurs étapes clés. D’abord, selon vos besoins et le type de maison que vous possédez, il vous faudra déterminer le modèle qui convient (fixe, à battant, à auvent, à soufflet, à guillotine, etc.). Ensuite, vous devrez réfléchir au vitrage que vous installerez, car c’est lui qui est en grande partie responsable de la fonction isolante des fenêtres. La norme est le double vitrage (aussi appelé « thermos » ou « fenêtre à isolation thermique »), qui offre de bonnes performances énergétiques.

Selon Hydro-Québec, le quart des pertes de chaleur d’une résidence se fait par les portes et les fenêtres. Faire la chasse aux courants d’air pourrait donc réduire votre facture énergétique annuelle de 8 %, affirme Ressources naturelles Canada. C’est pourquoi il est souhaitable d’acheter un produit certifié Energy Star, économe en énergie.

« La performance écoénergétique de vos fenêtres doit également être adaptée à votre lieu de résidence », précise Jean-François Kogovsek, expert-conseil pour Maxam, une entreprise qui conseille les PME dans le choix de leurs portes et fenêtres. Pour les besoins de la norme Energy Star, le Canada a été divisé en trois zones climatiques (plus ou moins froides). Avant d’acheter un produit certifié, vérifiez s’il correspond à votre zone. Le site de Ressources naturelles Canada vous donnera toutes les indications à ce propos.

Le cadre, un élément déterminant

Une fois que vous avez décidé le type de fenêtres et de vitrage à installer, l’étape suivante consiste à choisir le matériau du cadre : bois, aluminium, fibre de verre, polychlorure de vinyle (PVC), produit hybride, etc.

Puisqu’il s’agit de la caractéristique qui aura le plus d’incidence sur votre facture finale, Protégez-Vous a demandé à Cossette & Touchette, un groupe de technologues spécialisés dans l’inspection et l’entretien d’immeubles, d’évaluer les coûts à long terme de six matériaux. Résultat : selon la fenêtre pour laquelle vous optez, le coût peut varier d’environ 60 % (voyez « Le coût à long terme des matériaux »). D’où l’importance de bien réfléchir avant de fixer votre choix.

- « Les fenêtres en PVC exposées aux rayons solaires se dilatent et se contractent constamment. Cela a une incidence sur la durée de vie du joint de scellement, qui devra être remplacé plus souvent que celui d’une fenêtre en bois ou en aluminium. » David et Réjean Touchette

 

PVC, OU PVC ET ALUMINIUM (HYBRIDE)

Durée de vie: de 20 à 25 ans

Prix: 43 $/pi2, achat et installation inclus

Tout en offrant une isolation efficace, de même qu’une bonne résistance à l’humidité et à la corrosion, ces matériaux sont les moins chers sur le marché québécois. Et contrairement aux cadres en bois par exemple, ils sont faciles d’entretien : ils se lavent aisément et n’ont pas besoin d’être repeints. Proposés en diverses teintes autres que le blanc (en bleu, gris, rouge, brun, etc.), les cadres de couleur sont cependant plus chers et peuvent ternir avec le temps, sous l’effet des rayons du soleil.

Le PVC est également sensible aux écarts de température – il se dilate ou se courbe –, ce qui peut à la longue abîmer les joints de scellement. Par ailleurs, l’organisme Écohabitation signale que l’exposition du PVC aux rayons UV provoque une lente décomposition du matériau. Ce dernier dégage alors du bisphénol A, lequel est soupçonné d’être un perturbateur endocrinien (un type de molécule qui agit sur le système hormonal et qui peut avoir divers effets néfastes sur la santé).

Apparence : La fenêtre hybride en PVC et aluminium possède une structure en PVC et une extrusion (moulure ou pièce de recouvrement) en aluminium sur la face extérieure.

 

BOIS, OU BOIS ET FIBRE DE VERRE (HYBRIDE)

Durée de vie: de 20 à 25 ans, et jusqu’à 75 ans avec un entretien minutieux

Prix: 57 $/pi2 (bois) et 71 $/pi2 (hybride), achat et installation inclus 

Classique, esthétique et chaleureux, le cadre en bois est offert en diverses essences (pin, chêne, etc.) et teintes. Il présente également de bonnes propriétés isolantes. Comme il est aussi recyclable, le bois se révèle « le gagnant sur tous les tableaux en termes d’impact environnemental », indique Écohabitation. Le principal défaut de ce type de cadre ? Il exige un entretien minutieux tous les quatre ans environ, soit l’application d’une teinture, d’un vernis ou d’une peinture hydrofuge.

Un cadre hybride offre aussi une résistance et des propriétés isolantes élevées. En effet, l’alliance du bois et de la fibre de verre renforce la protection contre l’humidité. De plus, son entretien est facilité, étant donné que le revêtement extérieur est en fibre de verre (ou parfois en aluminium). Vous n’aurez donc pas besoin de le peindre ou de le teindre.

Hybride ou non, un cadre qui comprend du bois compte parmi les plus chers au pied carré.

Apparence : La fenêtre hybride est composée d’une structure en bois et d’un revêtement protecteur en fibre de verre sur sa face extérieure

 

ALUMINIUM

Durée de vie: de 20 à 30 ans

Prix: 61 $/pi2, achat et installation inclus

Durable et facile à entretenir, l’aluminium présente de nombreux avantages, dont une résistance qui permet de bâtir des cadres étroits. Cela augmente la surface de vitrage, et donc l’exposition à la lumière du jour.

Par contre, ce matériau est un conducteur thermique. Selon la température extérieure, le cadre devient chaud ou froid. Il est donc important de vérifier avec le vendeur que le modèle qui vous intéresse dispose d’intercalaires en plastique. Ces pièces, qui séparent les parois de verre, forment une barrière thermique plus efficace que les intercalaires en aluminium.

« Les [cadres de] fenêtres en aluminium sont maintenant aussi performants que ceux en PVC », affirme Jean-François Kogovsek. Toutefois, ce matériau coûte plus cher. Le soleil peut également affecter les couleurs de l’aluminium.

Bien que ce matériau soit recyclable, Écohabitation rappelle qu’il est à forte énergie grise, « c’est-à-dire qu’il a fallu dépenser énormément d’énergie pour le fabriquer, de l’extraction du minerai jusqu’à sa fabrication en usine », explique l’organisme.

 

FIBRE DE VERRE

Durée de vie: de 20 à 30 ans

Prix: 51 $/pi2, achat et installation inclus

Léger et durable, un cadre en fibre de verre promet une bonne isolation. Plus cher que le PVC, mais moins coûteux que le bois et l’aluminium, il résiste bien aux écarts de température et aux méfaits de l’humidité et du soleil. Il peut par ailleurs être peint et repeint, ce qui est idéal pour les fenêtres exposées au soleil, qui peuvent se décolorer au fil des ans. Seule ombre au tableau : on trouve peu de modèles sur le marché québécois, souligne Jean-François Kogovsek.

 

Le coût à long terme des matériaux

Le bois pour l’esthétique, l’aluminium pour la longévité, le PVC pour le faible coût… Quel matériau choisir ? 

Pour calculer le coût à long terme des matériaux utilisés dans la fabrication des cadres de fenêtres, les technologues de chez Cossette & Touchette ont utilisé une fenêtre de 48 po x 72 po à battants conçue pour une profondeur de mur standard (6 916 po ou 16,7 cm). Cette fenêtre était munie d’un vitrage thermique injecté d’argon.

Les experts ont basé leurs calculs sur une période de 30 ans, ce qui correspond à la durée de vie théorique de la plupart des matériaux. Ils ont pris en compte :

• le remplacement de la fenêtre (cadre et vitrage) ;

• le remplacement des joints de scellement ;

• l’entretien nécessaire (la restauration de la peinture dans le cas des cadres en bois, par exemple).

Cossette & Touchette a considéré une inflation constante de 2,7 % par an, un pourcentage qui correspond à l’augmentation annuelle des coûts de construction des 25 dernières années dans la région de Montréal. Aux coûts d’acquisition, d’installation et de remplacement de la fenêtre, des frais de 15 % ont été ajoutés pour prendre en compte les coûts liés à la livraison et à l’installation de la nouvelle fenêtre. Les taxes sont également incluses.

Le PVC : le plus compétitif

Avec un coût annuel de 5,09 $/pi2, le PVC et son modèle hybride se révèlent les matériaux les plus économiques sur une période de 30 ans. Viennent ensuite la fibre de verre (5,46 $/pi2) et l’aluminium (6,43 $/pi2).

Si le bois et l’hybride bois et fibre de verre sont les solutions les plus coûteuses, c’est notamment en raison des frais d’entretien : les coups de pinceau réguliers augmenteront à eux seuls les dépenses d’environ 750 $ sur 30 ans (pour une fenêtre de 48 po x 72 po), soit environ 25 $ par an. « Si vous êtes prêt à l’entretenir, une fenêtre en bois est cependant un excellent choix, qui peut être très durable », précise Jean-François Kogovsek, expert-conseil pour Maxam, une entreprise qui conseille les PME dans le choix de leurs portes et fenêtres.

Les fenêtres en PVC ont également besoin d’être entretenues puisqu’elles se dilatent et se contractent constamment sous l’effet des rayons solaires. Ce mouvement sollicite le joint de scellement situé entre le cadre et le revêtement mural et réduit sa durée de vie, explique David Touchette, technologue professionnel chez Cossette & Touchette. Prévoyez donc remplacer ce joint tous les huit ans. Pour les autres matériaux (qui ne se dilatent pas autant), un remplacement tous les 10 ou 12 ans est suffisant.

Coût des matériaux sur 30 ans

Remplacer seulement le vitrage ?
 
Avant de changer une ou plusieurs fenêtres, faites vérifier l’état du cadre par un installateur professionnel. « S’il est encore en bon état, la solution consiste peut-être à ne changer que le thermos », explique Jean-François Kogovsek.
 
Cette option vous fera économiser et vous permettra de renforcer l’efficacité énergétique de vos fenêtres en choisissant un vitrage plus performant que celui qui est déjà en place. L’organisme Écohabitation recommande de privilégier un modèle contenant un gaz inerte, comme l’argon ou le krypton, qui assure une meilleure isolation que les vitrages remplis d’air. Optez pour des intercalaires à faible conductivité thermique (en plastique). Finalement, choisissez une vitre recouverte d’une pellicule à faible émissivité (Low E), qui laisse passer les rayons du soleil mais empêche la chaleur de s’échapper.

Pour trouver un installateur professionnel: Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec: apchq.com

>> À lire aussi sur notre site: un article sur les quatre principaux modèles de fenêtres (écrit en 2010) et notre dossier sur les portes, fenêtres et portes de garage (2013).

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Maison

Commentaires 1 Masquer

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  • Par André Clermont | 22 septembre 2017

    Bonjour,
    Avez-vous pris le temps d'examiner les fenêtres de bois recouvert de profilés d'aluminium extrudés?
    Si oui, qu'en pensez-vous en comparaison des autres modèles analysés dans cet article?
    Merci de votre attention à cette demande