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6 questions à se poser avant d'engager un designer d'intérieur

Par Kathy Noël Mise en ligne : 09 janvier 2011

6 questions à se poser avant d'engager un designer d'intérieur Shutterstock

Engager un designer d’intérieur pourrait métamorphoser votre résidence... ou vous faire perdre temps et argent avec un résultat décevant. Voulez-vous agrandir la cuisine? Embellir le salon? Donner un nouveau look à votre chambre à coucher? Nos conseils.

Les services de ces spécialistes de l’aménagement sont de plus en plus en demande. Ils se sont démocratisés, pour le meilleur… et pour le pire. Car cette soudaine popularité a ses effets pervers.

Ainsi, il y a sur le marché aussi bien des diplômés que des autodidactes, de bons et de moins bons designers, qui offrent de tous les services, pour toutes les bourses et tous les goûts. Comment s’y retrouver? Voici six questions à poser et à se poser avant de faire affaire avec un designer d’intérieur pour la construction ou la rénovation de sa maison.


1. Quel est votre projet?

Voulez-vous faire construire une maison? installer un cinéma maison dans votre sous-sol? réaménager tout un étage? rafraîchir la cuisine ou la salle de bains? Vous devez d’abord bien définir votre projet pour savoir si vous avez besoin d’un designer.

«Dans certains cas, cela peut valoir la peine, et dans d’autres moins, tout dépend de l’envergure des travaux, dit Frédric Clairoux, designer et fondateur de la firme FX studio design. Pour changer la couleur des murs ou la literie, un décorateur fera l’affaire, dit-il. Mais dès que vous incluez des rénovations et que vous jouez avec la division des pièces et l’éclairage, le choix d’un designer professionnel devient pertinent.»



En fait, le décorateur est un accessoiriste qui ajoute la touche­ finale après que le designer est passé, même si ce dernier peut aussi offrir ce service. Et la différence avec un architecte? «Les architectes travaillent souvent sur de plus grands projets et ne peuvent pas s’occuper à la fois de la structure d’un édifice de 10 étages et du détail de son aménagement. C’est là qu’on fera souvent appel à des designers d’intérieur», explique Richard Martel, professeur à la Faculté d’aménagement de l’Université de Montréal.



Par exemple, vous voulez refaire votre cuisine, l’ouvrir sur la salle à manger et installer un îlot; le designer peut vous proposer des plans, concevoir le mobilier et même superviser le chantier. Cependant, son intervention a des limites. La plupart vont éviter de modifier la structure de la maison, c’est-à-dire qu’ils ne toucheront pas aux murs porteurs. «Il faut faire un calcul des charges pour répartir le poids. Quand on arrive à cette étape, je dirige mes clients vers des experts», dit la designer Marie-Andrée Demers, de Mandrée Design.



2. Êtes-vous M. Bricole?


Le choix d’engager ou non un designer dépend aussi de vos capacités. Par exemple, vous rénovez votre salle de bains et remplacez le mobilier sans le changer de place? Vous pouvez toujours choisir vous-même les couleurs et les matériaux. L’avis d’un professionnel peut cependant être utile quand on ne sait plus par où commencer et que l’ampleur de la tâche paraît trop grande. «Je savais ce que je voulais, mais j’avais besoin de me faire rassurer dans mes choix et d’avoir d’autres idées auxquelles je n’aurais pas pensé», dit Stéphanie Leclerc, qui a fait appel à un designer d’intérieur pour réaménager sa copropriété après un incendie en 2009.



«L’une des valeurs ajoutées du designer est qu’il peut voir les conséquences de nos choix», ajoute Marie-Hélène Letendre, qui a pour sa part embauché un designer pour la construction de sa maison en 2007. «Il y a 10 ans, les gens nous appelaient pour réparer leurs erreurs; maintenant, ils nous contactent dès le début pour ne pas dépenser pour rien», dit Marie-Andrée Demers.

3. Êtes-vous prêt à vous engager?


«Ne leur laissez surtout pas carte blanche!» insiste Marjolaine Lalonde, qui a connu une expérience décevante avec une designer avec qui elle avait pourtant déjà fait affaire. «La première fois, c’était pour rénover une salle de bains. J’ai trouvé ça très utile, mais la deuxième fois, c’était pour redécorer une chambre et je n’ai pas trouvé que ça valait la peine», dit-elle.

La designer lui a conseillé des accessoires chers, qui ne répondaient pas aux besoins de la famille. «Je me suis retrouvée avec une chambre digne d’un magazine de décoration, mais pas très pratique», ajoute la dame. Pour ne pas suivre aveuglément les conseils du designer, le mieux est de se préparer. Pendant des semaines, Marie-Hélène Letendre a découpé des images dans des magazines et s’est monté son propre portfolio.



«J’étais prête quand j’ai rencontré la designer la première fois et je suis certaine que ça m’a épargné du temps et de l’argent», dit cette résidante de Marieville qui a fait appel à une designer en 2007 pour la construction d’une maison neuve. Bref, il ne faut pas s’imaginer que l’on pourra tout déléguer à son designer. Il faut s’attendre à l’accompagner sur le chantier, dans les magasins, bref, à s’engager à collaborer avec lui de trois à six mois selon l’envergure du projet.

«Avec les émissions de transformations extrêmes, les gens s’imaginent que ça se fait en deux semaines. Ce qu’on montre, c’est la réalisation, mais on ne montre pas tout le travail fait par le designer avant», dit Marie-Andrée Demers.

Avant:

Après:

4. Quelles sont ses qualifications?


Contrairement à l’architecte ou l’ingénieur, le designer d’intérieur n’est régi par aucun ordre professionnel. Si bien que n’importe qui peut s’improviser designer d’intérieur. Comment, dans cette confusion, trouver le bon? Les références deviennent cruciales. Sinon, l’Association professionnelle des designers d’intérieur du Québec (APDIQ) peut vous en proposer. L’APDIQ regroupe environ 300 membres, tous diplômés d’une école accréditée.

C’est bien peu par rapport aux 3 000 à 4 000 designers que compterait le Québec, mais cela assure d’en trouver un qui a au minimum une formation professionnelle.

«On trouve aussi de très bons autodidactes, dit Cindy Couture, rédactrice en chef du magazine Intérieurs. Mais dans ce cas, il est recommandé de prendre des références de clients.» Et peu importe la formation, il faut voir ses réalisations. 
«Le portfolio et les prix remportés peuvent donner une indication de la créativité. Cependant, ça ne veut pas dire que vous allez aimer», prévient-elle. Un bon designer sait s’adapter aux goûts de ses clients, mais pour Frédric Clairoux, il vaut mieux en choisir un dont on aime les réalisations. 

«Mon style est contemporain, je ne fais pas de champêtre.

Si c’est ce que veulent mes clients, je les dirige ailleurs.» Certains designers ont aussi des spécialités, comme les cuisinistes, spécialisés dans l’ergonomie des cuisines. Et ne négligez pas ses connaissances techniques. «Ce que la designer me conseillait, l’entrepreneur le défaisait parce qu’il disait que ce n’était pas logique ou adapté à la maison», raconte Daniel Labbé, un résidant d’Anjou qui a engagé une designer en 2010 pour refaire sa cuisine, sa salle à manger et son salon.

Les frictions entre entrepreneur et designer sont monnaie courante.

Si, comme lui, vous avez déjà un entrepreneur, il est sage de lui demander s’il connaît un bon designer. Généralement, il vous recommandera quelqu’un avec qui il a déjà travaillé. Les risques de différends seront diminués. Sinon, avant d’embaucher son designer, on suggère de demander des références d’entrepreneurs qui ont travaillé à partir de ses plans.



5. Quel est votre budget ?


Attendez-vous généralement à débourser de 1 500 à 10 000 $ pour les services d’un designer d’intérieur. Mieux vaut fixer une limite dès le début du projet et résister à ses ambitions de grandeur. «Dans le feu de l’action, quand on se fait présenter une Ferrari, on ne se demande pas où placer le siège de bébé! Il faut constamment se rappeler son budget et le rappeler au designer», dit Marjolaine Lalonde.

Les trois types de tarification le plus souvent proposés: à l’heure, à forfait et au pourcentage du projet. Les tarifs à l’heure peuvent varier de 45 à 125 $ selon l’expérience du professionnel, par exemple pour repenser une cuisine.

Les designers fixeront un prix à forfait pour les très petits projets, comme l’installation d’un placard dans l’entrée. Les coûts pour de gros projets, comme l’aménagement d’une maison neuve, seront calculés en pourcentage du coût total (généralement entre 1 et 3 %). Ainsi, pour une maison de 300 000 $, vous devriez payer de 3 000 à 9 000 $ pour ses services. Des designers offrent aussi de superviser le chantier moyennant un supplément. Peu importe le type de forfait, vous devez à la base vous attendre à recevoir au moins trois choses: un ou plusieurs plans d’aménagement à l’échelle (mobilier inclus), des plans des installations électriques et des plans d’élévation pour certains modules comme les armoires de cuisine, l’îlot, le meuble-lavabo de salle de bains.



Si vous envoyez votre designer magasiner à votre place, attendez-vous aussi à débourser à l’heure pour ses services. Le bon designer peut toutefois vous dénicher des produits plus rares et souvent à rabais grâce à son réseau de fournisseurs.

Certains sont aussi rattachés à des boutiques spécialisées, comme des détaillants d’armoires, ou à des grands magasins. Dans ce cas, les conseils en design sont gratuits, à condition d’acheter chez le détaillant en question, ce qui peut limiter le choix. Des formules hybrides commencent aussi à apparaître.

Par exemple, il y a un an, Rona a ouvert Studio par Rona, des petites surfaces axées sur la décoration, où l’on peut visualiser des échantillons et se procurer des produits qu’on ne trouve pas en entrepôt. Des services-conseils en design sont offerts gratuitement sur place, mais le designer peut aussi se déplacer au coût de 60 $ l’heure.

6. Est-ce que ça clique?


Vous aurez une relation plutôt intime avec votre designer. Il entrera dans votre vie et vous posera mille et une questions sur vos habitudes. Il faut donc que ça «clique» entre vous. Fiez-vous à votre instinct avant de choisir et, si possible, rencontrez plus d’un designer. C’est ce qu’a fait Marie-Hélène Letendre­. «Le premier que j’ai rencontré, je devais lui mettre les freins en partant! La deuxième avait conscience que ce n’était pas sa maison, mais la mienne et elle était prête à travailler avec mes goûts», dit-elle.

«Un bon designer écoute plus qu’il ne parle», dit Marie-Andrée­ Demers. Frédéric Raynaud, designer au Studio par Rona de Vaudreuil, conseille de prêter l’oreille à sa petite voix intérieure dès le début. «Il ne faut jamais avoir peur de dire non si ça ne clique pas dès la première rencontre, car il y a de fortes chances que ça se pour­suive par la suite.»



Méfiez-vous aussi si vous ne comprenez pas ce que le designer vous dit. «Dès le premier jour, vous devez savoir exactement où il s’en va. S’il connaît son métier, il ne vous laissera jamais dans le néant», dit Frédric Clairoux. Rien dans la loi ne protège les clients, ni les designers d’ailleurs, si les délais d’un projet s’éternisent ou si les services ne sont pas livrés. Pour cela, il y a toujours la cour des petites créances pour les réclamations de moins de 7 000 $. (AJOUT: la limite est désormais 15 000 $)

Ressources utiles


À l’Association professionnelle des designers d’intérieur du Québec, vous trouverez les coordonnées d’environ 300 designers diplômés d’une école accréditée.



Une plateforme Web qui propose une liste de designers par région et une liste de fournisseurs de produits par pièce et par projet.

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Maison

Commentaires 5 Masquer

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  • Par Christiane St-Jean | 21 décembre 2012

    Oui, j'ai eu la sensation d'être abusée. (10,000$ sans la main d'oeuvre) Lors d'un problème avec la céramique, notre décoratrice décida d'ignorer nos appels à l'aide. Pourtant, elle a commerce sur rue, elle fait travailler son frère à gros frais, elle exige que l'on achète chez elle, elle inclut ses honoraires à elle-même et elle emploie 4-5 personnes. Cette dame de Saint-Hilaire, ne respecte pas ses clients - Payez et allez vous en!

    Par Jean-François Henry | 27 avril 2013

    Il faut aussi faire la différence entre une désigner et une decoratrice, qui plus est possède un magasin. En fait cela ressemble à un magasin qui offre des services de décoration. Donc c'est sur que la décoratrice veut vendre ! En gros une décoratrice fait uniquement de la décoration, une designer d'intérieur fait en plus de la decoration des plans et devis, peux déplacer des murs (non porteur) etc...
    Pour les coûts cela représente en moyenne 10% du coûts des travaux, mais cela peux être plus si vous demandez des choses supplémentaires, comme dessiner des meubles de cuisine etc...

  • Par Carole Guay | 18 décembre 2014

    Oui, j'ai eu une très mauvaise expérience, j'ai dû payé pour la décoration d'une chambre décorée uniquement par une décoratrice? qui m'a imposé son style, ses couleurs. J'ai été très déçue et j'ai eu très peur par la suite J'ai eu à refaire mon salon et je ne savais vraiment pas ou me tourner. très difficile de trouver la compétence adaptée à nos goûts.

    Carole

  • Par JEANNINE MALO | 22 août 2013

    Oui, à deux reprises avec la même personne et nous en avons été enchantés. Je connaissais la désigner un peu, je savais donc dès le début que nous nous entendions bien. Nous voulions agrandir la maison et refaire les divisions de la cuisine et du salon. Mon mari et moi avions discuté longuement de notre projet et nous avions très bien cerné ce que nous voulions. Nous avons donc pu lui expliquer précisément nos idées. Elle a très bien écouté et est revenue quelques temps après avec une ébauche. Toutes nos idées étaient là mais avec la touche professionnelle. Le résultat a été plus que satisfaisant. Nous avons refait affaire avec elle quelques années plus tard pour créer une chambre au sous-sol et nous en avons encore une fois été très satisfaits. Malheureusement, elle ne prend plus de contrats car elle enseigne maintenant. Notez que c'est nous qui avons magasiné tout, armoires, couvre-plancher etc.

  • Par Jean-François Henry | 25 mai 2013

    Effectivement elle ne devrait jamais vous imposer qq chose que vous n'aimez pas. Cela m'est par contre arrivé qu'elle me donne des arguments qui m'ont fait changer d'avis et grand bien m'en a pris car au final c'était merveilleux. Il faut dire qu'une bonne designer voit le produit fini dans sa tête contrairement à nous.

  • Par Jean-François Henry | 18 juin 2013

    C'est comme dans tout les métiers, les pires côtoient les meilleurs. 10 000$ ça veut dire des travaux d'environ 100 000 $. La moyenne est d'environ 10% du montant des travaux. Ensuite une désigner ne devrait pas vous faire prendre "ses" fournisseurs. Elle devrait être indépendante, dans votre cas il semble y avoir eu conflit d'intérêts. Oui elle charge ses honoraires... Quand elle fait le travail, et celui de ses employés quand c'est eux qui travaillent. C'est normalement détaillé sur sa facture. Idéalement elle vous a fait signer un contrat détaillant ce qu'elle vous fournira comme services. Puis une fois le contrat signé, elle vous fera un design, en fonction de votre budget correspondant à vos goûts et corrigé au besoin pour s'adapter à vos demandes. Puis elle vous fournira une estimation (à +/- quelques %) du montant total que devrait coûter vos travaux, ceci vous donnera un bon outil pour faire faire des soumissions.
    Elle ne se mêlera pas des travaux par la suite, à moins que vous ne l'ayez demandé et signé dans le contrat. Elle aurait du vous aider aussi pour la céramique si le problème est de sa faute sinon cela peut-être un service payant ou une faveur. Ensuite côté magasinage, la designer peut en faire, mais c'est au taux horaire donc souvent elle vous proposera de le faire vous même avec des recommandations et/ou des photos de modèles approchants. Il y a aussi un facteur important, qui est vrai pour n'importe quel fournisseur, médecins etc... Il faut que cela clique entre vous. Mon expérience a été excellente mais j'ai trop souvent entendu des histoires d'horreur