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Voyager dans le Sud et soutenir l'économie locale

Par Céline Montpetit Mise en ligne : 04 décembre 2017  |  Magazine : janvier 2018 Shutterstock.com

Shutterstock.com

Voyager en formule « tout-inclus » au Mexique, à Cuba ou en République dominicaine, c’est aussi côtoyer la misère des populations locales. Mis à part les pourboires et les cadeaux au personnel hôtelier, comment soutenir l’économie du pays visité ?

La Montréalaise Julie Nault adore voyager. Au moment de notre entretien, elle s’apprêtait à s’envoler pour la Corse. Mais lorsqu’elle a besoin de repos, elle choisit des « vacances faciles » de type « tout-inclus » dans le Sud – comme le font des milliers de Québécois chaque année. « Je me fais beaucoup solliciter par des marchands sur les plages. Plutôt que de les ignorer, je refuse poliment si je ne suis pas intéressée. C’est une question de respect. Ce ne sont pas des mendiants, mais des personnes qui ont besoin de gagner leur vie », explique-t-elle.

>> À lire aussi: Comparatif de forfaits cellulaires pour voyageurs

L’économie de plusieurs pays du Sud repose sur le tourisme. Or, souvent, les retombées profitent peu aux populations locales, qui vivent dans des conditions précaires. Selon les données de la Banque mondiale, en République dominicaine, 32 % des gens vivaient sous le seuil de la pauvreté en 2015. Au Mexique, cette proportion était de 53 % en 2014. À Cuba ? Difficile à dire, car cette donnée n’est pas comptabilisée par cette source. Cependant, on n’a qu’à s’aventurer un peu hors des complexes hôteliers pour constater les conditions de vie modestes des habitants. À titre de comparaison, 12 % des Canadiens vivent sous le seuil de pauvreté, indiquent les plus récentes données de Statistique Canada (2012).

Cadeaux ou pourboires ?

À Cuba, la tradition pour bien des touristes québécois consiste à apporter des « cadeaux » au personnel des hôtels, notamment des produits d’hygiène corporelle (rasoirs, tampons hygiéniques, brosses à dents, dentifrice, déodorant, maquillage, etc.). Est-ce une bonne idée ? « Le personnel les accepte avec plaisir et les apprécie. Mais comme [ces employés] ont accès à ces produits – le choix et les quantités sont cependant limités –, il est préférable de leur offrir un pourboire », souligne Fidel Valdivie, agent de voyages à Uniktour et spécialiste des séjours à Cuba.

« Peu importe la destination, le pourboire est une excellente façon d’aider les populations locales  », confirme Debbie Cabana, porte-parole de Transat, qui suggère de laisser 1 ou 2 $ par jour au personnel de chambre, idéalement en devises américaines (qui sont faciles à changer sur place). S’il n’y a pas d’enveloppe prévue à cet effet, ne laissez pas l’argent sur le bureau ou la table de chevet, mais plutôt sous l’oreiller. Ainsi, l’employé saura qu’il ne s’agit pas d’argent de poche que vous avez laissé traîner, mais bien d’un pourboire qui lui est destiné.

Consommez local

«Bien que ce soit un bon geste, donner du pourboire ou des cadeaux au personnel hôtelier n’aide cependant qu’une poignée d’individus », fait remarquer Marie-Andrée Delisle, consultante en développement touristique qui étudie depuis plus de 25 ans les tendances du tourisme tant à l’échelle nationale qu’internationale.

Une façon d’aider la collectivité est de consommer à l’extérieur de votre hôtel . Manger dans les restaurants environnants, acheter des souvenirs dans les boutiques, encourager l’artisanat local et prendre les transports en commun permettent d’injecter de l’argent dans l’économie locale, ce que les géants de l’industrie touristique ne font que partiellement.

En effet, la plupart des grands complexes hôteliers appartiennent à des entreprises internationales qui ne s’approvisionnent pas sur place, explique Alain A. Grenier, professeur au Département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « Une bonne partie de la nourriture est importée des mêmes pays dont viennent les touristes afin de minimiser le choc culturel sur le plan alimentaire », ajoute-t-il.

La situation est la même à Cuba, où les hôtels sont toutefois détenus par l’État et administrés par des chaînes hôtelières étrangères. Les deux se répartissent les revenus générés par ces établissements, indique Fidel Valdivie.

>> À lire aussi: Voyager autrement, une vision responsable

Dans certains hôtels, des marchands sont autorisés à vendre souvenirs et services aux hordes de touristes qui se font dorer sur la plage. Bien qu’il puisse devenir irritant d’être sollicité de cette manière, « cette activité aide bien des habitants à joindre les deux bouts et à nourrir leur famille », dit Marie-Andrée Delisle. Pour cette raison, la consultante est d’avis qu’il ne faut pas négocier exagérément le prix de ce qui nous intéresse : l’idée n’est pas de profiter de la vulnérabilité de la population, mais plutôt de chercher à donner un coup de main.

« En République dominicaine, j’ai acheté un massage au coût de 30 $ US d’une dame sur la plage. J’ai été très satisfaite, raconte Julie Nault. Avec mon mari, nous avons aussi tenté l’expérience d’un souper chez l’habitant. Le succulent repas, dégusté avec une dizaine d’autres touristes, était composé de langouste grillée et accompagné de bon vin. Ce fut une très belle soirée ! » Voilà le genre d’expérience qui permet d’établir un contact avec les habitants et d’en apprendre un peu sur leur culture, tout en donnant un coup de main financier, croit Marie-Andrée Delisle.

Partez en excursion

Participer à l’une ou l’autre des nombreuses excursions offertes par les voyagistes – visites culturelles, activités nautiques, etc. – permet aussi de créer et de maintenir des emplois de guides touristiques et de personnel d’entretien, souligne Marie-Andrée Delisle. « [À] Transat, nous nous efforçons toujours de collaborer avec les entreprises locales lorsque nous développons un portfolio d’excursions. Nous sélectionnons celles qui sont les mieux structurées et capables d’accueillir un grand nombre de touristes de façon sécuritaire. Les profits générés par ces activités leur reviennent », précise la porte-parole Debbie Cabana.

Soutenez des organismes humanitaires

Nombreux sont les voyageurs qui demandent comment aider spécifiquement les enfants, ajoute Debbie Cabana. C’est pour cette raison que Transat a mis sur pied, en 2004, le programme « Petite monnaie, grands cœurs », qui invite les voyageurs à glisser pièces de monnaie et petites coupures – toutes devises confondues – à l’intérieur d’une enveloppe qui se trouve dans la pochette de chaque siège des avions de cette compagnie aérienne. Les sommes recueillies sont versées à deux organismes, soit SOS Villages d’enfants (qui aide des enfants abandonnés ou orphelins dans 132 pays) et la Fondation Rêves d’enfants, laquelle donne l’occasion à des enfants québécois malades de réaliser un rêve.

En 2016, l’initiative a permis de verser près de 99 000 $ à chacun de ces organismes. « Donner à des organismes humanitaires permet non seulement de distribuer des dons de façon équitable, mais de le faire de façon structurée et là où sont les besoins », soutient Debbie Cabana. Air Canada offre un programme semblable, baptisé « Chaque sou compte », à bord de ses avions. Une autre façon de donner au suivant…

>> À voir aussi: Carte interactive des agences de voyages québécoises

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Loisirs et famille

Commentaires 1 Masquer

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  • Par LOUISE BONIN | 31 juillet 2018

    Il y a quelques années en se rendant compte que la majorité des voyageurs par avion atteignent rarement la limite maximale de poids de leurs valises, une voyageuse américaine a eu l’idée d’utiliser ce surplus inutilisé pour répondre aux besoins des organismes communautaires du pays de destination.


    Le site Pack for a purpose permet aux voyageurs de choisir un organisme communautaire dans leur pays de destination, de connaître leurs besoins et d’avoir l’adresse d’un endroit où déposer son don (souvent un lieu public comme un grand hôtel).

    https://www.packforapurpose.org/

    Le site est seulement en anglais.