Des véhicules moins polluants mais trop nombreux

Par Julien Amado Mise en ligne : 20 mars 2018  |  Magazine : avril 2018 Shutterstock.com

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Les voitures modernes polluent beaucoup moins que celles qui roulaient sur nos routes dans les années 1990. Problème: leur nombre a tellement augmenté que cela annule le bénéfice qu’on pourrait en tirer

Les premières lois limitant les émissions polluantes des véhicules au Canada remontent au début des années 1970. En 1974, l’arrivée sur le marché du carburant sans plomb et des catalyseurs à l’échappement contribuent eux aussi à réduire la pollution. À la fin des années 1980, les constructeurs, contraints par le resserrement progressif des normes, ont déjà réduit les émissions polluantes de manière drastique. L’essence au plomb est  bannie à la pompe en 1990. Le remplacement des carburateurs au profit de l’injection électronique a aussi contribué à rendre les véhicules moins polluants. Cette avancée technologique a également permis de réduire la consommation des moteurs. La progression la plus notable concerne les véhicules dotés de gros moteurs, qui ont réalisé des progrès importants (voir tableau).

Cela dit, la diminution de la consommation de carburant n’est pas aussi spectaculaire que les progrès réalisés au chapitre de la sécurité ou de la performance des véhicules. «Les véhicules consomment moins, mais quand on sait que certaines autos ont vu leur puissance doubler en 30 ans, on peut se poser des questions sur les priorités réelles des constructeurs», indique George Iny, président de l’Association pour la protection des automobilistes (APA).

Explosion du nombre de véhicules

En toute logique, l’amélioration des systèmes antipollution et la réduction de la consommation de carburant auraient dû faire baisser la quantité de polluants imputables aux véhicules routiers. Pourtant, le dernier rapport publié par Environnement Canada explique que de 1990 à 2005 les émissions liées aux transports routiers ont augmenté de 31 % ! Cette croissance a été la plus marquée de 1990 à 1999, notamment favorisée par le coût de l’essence, particulièrement bas pendant cette période. En effet, même si chaque véhicule pollue moins individuellement, il y en a beaucoup plus en circulation, ce qui nuit grandement à la qualité de l’air. Au Québec, selon la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), 3,9 millions de véhicules circulaient sur les routes de la province en 1989. En 2015, ce chiffre avait bondi à 6,3 millions ! Tout porte à croire que l’engouement récent des consommateurs québécois pour les VUS et les camions contribue aussi à augmenter la pollution atmosphérique liée au transport routier.

Quelle solution?

À moyen terme, la réduction des rejets polluants passe en partie par l’adoption par les consommateurs des véhicules électriques et hybrides. Par exemple, une Toyota Prius ne consomme que 4,5 L/100 km en moyenne contre 7,5 L/100 km pour une Toyota Corolla à essence. L’adoption des véhicules électriques et hybrides à grande échelle pourrait avoir une influence positive sur les émissions polluantes. Et grâce à son hydroélectricité, propre, abondante et bon marché, le Québec dispose d’un avantage important pour améliorer la qualité de l’air.

1997

2007

2017

Honda Civic

8,6 L/100 KM

8,3 L/100 KM

6,6 L/100 KM

Toyota RAV4

11,5 L/100 KM

10,5 L/100 KM

9,5 L/100 KM

Ford F-150

13,9 L/100 KM

14,9 L/100 KM

10,9 L/100 KM

Chevrolet Malibu

11,4 L/100 KM

9,4 L/100 KM

7,8 L/100 KM

Consommation moyenne la plus basse observée pour des modèles dotés de la boîte automatique. Source : Ressources naturelles Canada.

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