Sécurité des produits: protégés mais pas blindés

Par Mise en ligne : 12 février 2018  |  Magazine : mars 2018

Systèmes de freinage défectueux, commodes qui se renversent, aliments contaminés... Des millions de produits dangereux sont rappelés chaque année. Sommes-nous bien protégés par les lois et règlements qui régissent leur mise en marché?

Il n'y a pas 100 ans, dans les grandes villes québécoises, au moins un bébé sur quatre mourait avant son premier anniversaire à cause d’aliments insalubres. Au rang des meurtriers : le lait de vache, produit et livré dans des conditions sanitaires écœurantes – on y trouvait notamment du fumier, des poux, de l’urine et des vers… C’était sans compter les produits falsifiés vendus par des marchands sans scrupules, dont des cornichons contenant du cuivre pour les verdir, et de l’alcool frelaté qui aurait pu servir de décapant !

Heureusement pour nos boyaux, une armée d’inspecteurs veille aujourd’hui à faire respecter les normes dont le Canada et le Québec se sont dotés au cours du dernier siècle afin d’enrayer pareilles calamités. Notamment la Loi canadienne sur les aliments et drogues, adoptée en 1954 et maintes fois mise à jour depuis, ainsi que la batterie de lois et règlements sur la sécurité des biens de consommation.

Mais ces mesures suffisent-elles vraiment à nous protéger ? Après tout, des millions de produits dangereux sont rappelés chaque année, non sans faire des blessés et des morts : laitue romaine contaminée, téléphones qui prennent feu, coussins gonflables défectueux dans les voitures… La situation préoccupe-t-elle les Québécois ? Se sentent-ils en confiance lorsqu’ils achètent ? Ces questions étaient au cœur des discussions de la troisième et dernière table ronde organisée en l’honneur des 45 ans de Protégez-Vous. Voici le bilan de ces échanges, enrichis d’observations d’experts en nutrition et en sécurité des produits.

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Diane Roy se souvient comme si c’était hier des expéditions familiales au chalet de « mononc’ Gérard », à Auteuil, à la fin des années 50. Un joyeux bordel régnait à bord de la Chrysler blanche et verte, où s’entassaient ses parents, leurs six enfants et Pitou. Une fois, un de ses frères, qui aimait se tenir debout sur la banquette avant, s’était retrouvé les palettes dans le pare-brise à la suite d’un arrêt brusque. « Mon père s’étirait le bras pour nous retenir ! » témoigne l’infirmière de 64 ans, une participante à la table ronde.

C’était le temps de l’innocence, celui des voitures pas de ceinture et de la bière entamée posée entre les cuisses du conducteur ; une hérésie aux yeux de la société actuelle. C’est que l’évolution des connaissances scientifiques nous a rendus plus que jamais conscients des risques, juge Marie-Ève Arbour, spécialiste de la sécurité des produits et de la santé des consommateurs et professeure à l’Université Laval. D’accidents en crises – rappelons, par exemple, le scandale de la thalidomide, un médicament contre les nausées populaire dans les années 1950 auprès des femmes enceintes, mais qui causait des malformations congénitales –, les gouvernements se sont mis à intervenir pour protéger les populations.

« Avant, on considérait que l’État n’avait pas à se mêler de la consommation, et que les mauvais produits allaient disparaître d’eux-mêmes parce que les gens cesseraient de les acheter, explique la spécialiste. La culture n’était pas à la prévention : on n’imaginait pas un employé du gouvernement inspectant une usine, par exemple. » Aujourd’hui, c’est une autre paire de manches : les entreprises canadiennes peuvent recevoir en tout temps la visite d’agents fédéraux, provinciaux et municipaux chargés de faire respecter la ribambelle de lois en matière de salubrité et de sécurité, réputées dans le monde pour leur robustesse.

Et si les sanctions pour des infractions dans l’industrie alimentaire n’étaient pas très « dissuasives » jusqu’à présent, les entreprises délinquantes auront bientôt intérêt à marcher droit, croit Samuel Godefroy, spécialiste en analyse de risques à l’Université Laval et ex-chercheur à Santé Canada. Car à partir de cette année, les peines pourront atteindre 5 millions de dollars et même occasionner un séjour derrière les barreaux.

Des zones d'ombre

Un système de surveillance ambitieux, donc, mais pas à toute épreuve. « Certains secteurs comportent des failles, notamment celui des produits de santé naturels », observe Samuel Godefroy.
Marie-Ève Arbour, dont l’un des thèmes de recherche est la santé des consommateurs, s’inquiète quant à elle de l’encadrement dans le domaine des cosmétiques, dont certains d’entre eux pourraient contenir des substances chimiques nocives perturbant le système hormonal. « On commence à peine à documenter leurs effets. Il y a de la surveillance, mais pas autant que pour les médicaments, les automobiles et les aliments, parce que les impacts se manifestent plus lentement », dit-elle.

De l’avis de Sylvie Turgeon, directrice de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l’Université Laval, les instances réglementaires de Santé Canada font du bon boulot en fonction des données mises à leur disposition. « Mais c’est sûr que demain matin, une nouvelle étude pourrait remettre en cause l’usage d’un additif alimentaire ou d’un pesticide permis à l’heure actuelle, explique-t-elle. Notre système de surveillance est en constante évolution : il s’adapte au rythme des progrès de la science. »

Des entreprises plus scrupuleuses?

En général, la plupart des participants à la table ronde se fient aux procédures d’inspection mises en place par les autorités. C’est le cas de Pierre Tulk, un agronome de 26 ans. « C’est peut-être irrationnel, mais j’ai une sorte de confiance aveugle qui me fait croire qu’un bien sur le marché doit forcément se conformer à des standards de sécurité », affirme-t-il.

- « C’est peut-être irrationnel, mais j’ai une sorte de confiance aveugle qui me fait croire qu’un bien sur le marché doit forcément se conformer à des standards de sécurité. » - Pierre Tulk

À la limite, même les rappels de produits le rassurent, car pour lui, ils sont le signe que le gouvernement et les industriels s’occupent du problème : « Quand les voitures Toyota ont eu des ennuis de pédale d’accélérateur en 2010, tout de suite le fabricant a agi pour corriger la situation. Même chose pour Samsung avec la saga des téléphones Galaxy Note 7, en 2016. J’ai l’impression qu’il y a 50 ans, le consommateur était davantage laissé à lui-même. » C’est que les fabricants craignent désormais l’atteinte à leur réputation sur les réseaux sociaux, estime Diane Roy : « Quand un produit ne fonctionne pas, et que tu te mets à déblatérer contre une marque sur le Web, ce n’est pas long que ça fait le tour ! Et puis, de nos jours, on peut intenter des recours collectifs, ce qui n’était pas le cas avant les années 70. »

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Afin de rester dans les bonnes grâces des consommateurs, de nombreuses entreprises se soumettent maintenant aux critères de qualité émis par des organismes privés de certification, et auxquels elles sont libres d’adhérer, comme ISO. « La dernière chose que souhaite une organisation, c’est un scandale lié à ses produits, car il y a peu de pardon : les gens sont durs et s’inquiètent de tout ce qui pourrait être un peu à côté de la coche », note Sylvie Turgeon. Elle rappelle le sort de la brasserie montréalaise Dow, disparue en 1967 après la mort subite de 20 hommes – possiblement à cause du sel de cobalt utilisé à l’époque pour produire de la bière : « C’est impressionnant de voir l’ampleur des efforts déployés aujourd’hui dans les usines pour assurer de bonnes conditions sanitaires. Les clients ont beaucoup plus de pouvoir par rapport à l’industrie qu’il y a 50 ans. »

- « Quand un produit ne fonctionne pas et que tu te mets à déblatérer contre une marque sur le Web, ce n’est pas long que ça fait le tour. » - Diane Roy

Encore du chemin à faire

N’empêche, la fréquentation du site de Santé Canada a de quoi éveiller la paranoïa du consommateur le plus « roger-bontemps » : pour l’année financière 2016-2017, 3 788 aliments, médicaments, voitures et produits de consommation ont été rappelés au pays, soit près de 73 par semaine – manteaux d’enfant aux cordons dangereux, produits naturels qui tachent la peau, œufs de truite possiblement contaminés à la bactérie responsable du botulisme... À l’hiver 2017, la publication Food Safety Magazine rapportait même une hausse de 22 % des rappels de nourriture en 2016 par rapport à 2015, associés surtout à la présence de salmonelles ou des bactéries Listeria et E. coli.

La récurrence de ces incidents préoccupe Jacques St-Amant, qui présente chaque semaine de nouveaux cas à ses étudiants en droit de la consommation à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Comment les expliquer ? À son avis, la pression grandissante que subissent les entreprises pour réduire leurs coûts les incite à prendre des risques qui compromettent la sécurité des consommateurs – « ce qu’elles font en s’autopersuadant que perdre sa réputation n’arrive qu’aux autres » !

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Ainsi, bon nombre d’entre elles confient la fabrication des composantes de leurs produits à diverses industries disséminées partout sur la planète, « là où les règles sont laxistes ou peu observées », remarque le juriste. « Une toute petite modification clandestine par un sous-traitant quelconque dans un pays lointain, et on se retrouve avec des enfants à l’hôpital ! » dit-il, faisant référence à Bindeez – un jeu de bricolage à base de billes commercialisé sous le nom d’Aqua Dots au Canada –, qui avait empoisonné de petits Australiens il y a 10 ans. Bref, malgré la sévérité accrue des règles de surveillance, « le péril s’accroît plus vite qu’on ne peut le prévenir, et les consommateurs le soupçonnent sourdement ». 

Jacques St-Amant précise tout de même que le risque zéro est une utopie, puisque ce sont de simples mortels qui appliquent les normes... Il suffit d’une négligence, d’un instant d’inattention ou d’une consigne mal comprise pour que la catastrophe survienne. C’est ce qui s’est produit du côté de Maple Leaf, en 2008, lorsque des employés ont manqué de démonter et de nettoyer une partie d’un appareil qui a contaminé 200 produits alimentaires à la bactérie Listeria. Au moins 23 Canadiens en sont morts.

« L’affaire a profondément ébranlé la population, car le rappel était spectaculaire, mais il ne faut pas oublier que 85 % des éclosions de bactéries dangereuses proviennent de nos mauvaises pratiques de manipulation de la nourriture à la maison ! » soutient Sylvain Charlebois, chercheur en agroalimentaire et doyen de la Faculté de gestion de l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse, qui a collaboré à l’enquête sur l’épisode Maple Leaf. En dépit des scandales qui secouent l’industrie de temps à autre, il estime tout de même que manger est moins risqué aujourd’hui qu’il y a 50 ans, « car chaque crise a permis d’apprendre et d’améliorer les pratiques ». Le budget de l’Agence canadienne d’inspection des aliments est d’ailleurs passé de près de 30 millions de dollars en 1997 à quelque 800 millions en ce moment.

L’expert s’inquiète surtout de la fraude alimentaire, un phénomène plutôt méconnu ; aucun des participants à la table ronde de Protégez-Vous n’en avait eu vent. Il s’agit, en gros, d’un crime qui consiste à vendre un aliment sous une fausse étiquette. Par exemple, le consommateur achète de la goberge en croyant qu’il s’agit de vivaneau, ou de l’huile d’olive alors qu’il s’agit d’huile de canola.

Difficile de mesurer l’étendue du méfait à l’heure actuelle, mais Sylvain Charlebois est persuadé que tous les Québécois se sont fait avoir au moins une fois. Rien qu’en décembre dernier, les produits de Breuvages Blue Spike, dont la populaire boisson Four Loko, ont dû être retirés des tablettes d’un bout à l’autre de la province parce qu’ils prétendaient être faits d’alcool de malt fermenté, alors que c’était de l’alcool éthylique.

« Mais il y a une sorte de déni général : beaucoup croient que ça n’arrive qu’avec des produits étrangers, alors qu’on a eu chez nous des cas de sirop de poteau qui se faisait passer pour du sirop d’érable, ou de homards qui venaient supposément des Îles-de-la-Madeleine, même si c’était faux », constate Samuel Godefroy, dont les travaux portent en partie sur la fraude alimentaire. Ces escroqueries peuvent avoir des répercussions sur la santé des gens, comme dans le cas du lait dilué dans l’eau, auquel de fourbes producteurs avaient ajouté de la mélamine pour lui donner un meilleur aspect.

Une vingtaine de bébés en sont morts en Chine, en 2008, et plus de 200 000 autres ont été hospitalisés. « On n’a pas conscience de tout ce qui se passe, car les fraudeurs sont très ingénieux, et les instances réglementaires ne sont pas toutes armées pour prévenir le problème », affirme le chercheur, qui s’implique à l’échelle internationale pour mettre en place un système de surveillance efficace.

Mieux nourris ou sur-nourris?

Les années 70, c’était le règne du Paris Pâté, des recettes Kraft et des petits gâteaux Vachon. Menoum ! L’assiette a bien évolué depuis, comme en témoignent les cinq consommateurs réunis à l’occasion de notre table ronde.

Ann Ross a été élevée en partie aux patates Shirriff, au Hamburger Helper et à la pizza assortie d’un « sachet de poudre ». Sa mère, comme tant d’autres à l’époque, ne jurait que par la bouffe ultratransformée – « c’était à la mode, comme le chou frisé aujourd’hui ! » Elle y a survécu, manifestement. Tout comme Diane Roy, qui pète le feu après des décennies de légumes en conserve, « sauf l’été ». « Je n’ai découvert le brocoli que tard dans ma vie ! » Quant à Michel Tremblay, l’amoureux d’Ann, les repas oscillaient entre le steak, le spaghetti et le pâté à la viande. « Ce n’est pas qu’on mangeait mal – le bœuf bourguignon de ma mère était fabuleux –, mais c’était répétitif. »

- « Ma mère ne jurait que par la bouffe ultratransformée. C’était à la mode, comme le chou frisé aujourd’hui ! » - Ann Ross

Son alimentation classique de Québécois moyen a subi une transformation majeure, comme celle de la plupart de ses concitoyens, qui ont vu leurs menus se diversifier de façon remarquable, estiment les experts en nutrition consultés. Entre autres grâce à l’apport des immigrants à notre culture culinaire ainsi qu’à la mondialisation de l’économie. Car n’en déplaise aux chantres du « manger local », 47 % de notre panier d’épicerie provient de l’extérieur du Québec, selon l’édition 2017 du Bottin consommation et distribution alimentaires du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) ! Aussi, il se consomme moins de sucres concentrés et de viandes, et plus de grains entiers et de fruits et légumes frais qu’il y a 40 ans, indiquent diverses enquêtes portant sur les apports nutritionnels des adultes au Québec.

- « Avant, ce n’est pas qu’on mangeait mal – le bœuf bourguignon de ma mère était fabuleux –, mais c’était répétitif. » - Michel Tremblay

Même s’ils se sentent souvent confus devant les multiples théories sur la bouffe – que penser du « sans gluten » ou du mercure dans le poisson ? –, tous les participants au groupe de discussion estiment avoir de meilleures habitudes alimentaires aujourd’hui. Fini la viande pour les uns ; bonjour haricots noirs, quinoa et paniers bio pour les autres. À part pour Geneviève Deslauriers, qui n’a connu ni les Froot Loops ni les jus Tang dans les années 70. « Ma mère était fille de maraîcher et me préparait des lunchs étranges pour l’époque, avec des épinards dans mes sandwichs… Je trouvais ça ben plate ! »

Bonne nouvelle, les véritables carences sont à peu près inexistantes aujourd’hui, note Isabelle Galibois, directrice de l’École de nutrition de l’Université Laval. Notamment grâce à l’enrichissement de certains aliments en vitamines et minéraux à partir des années 30, comme le lait, la farine et le sel. Et pourtant, la « pauvreté nutritionnelle » persiste, observe le chercheur Samuel Godefroy, qui se spécialise entre autres en normes alimentaires. « Au point, même, de menacer les nouvelles générations, qui pourraient être les premières à vivre moins longtemps et en moins bonne santé que les précédentes. » Pas tant faute d’accès à la nourriture – quoique cela existe chez nous aussi – qu’en raison de la surconsommation d’aliments transformés, riches en sucre, en sel et en gras, précise-t-il.

Chips, biscuits, pizzas « pochette », pains industriels, croquettes de poulet… Des produits dont les Québécois sont friands, puisqu’ils constituent la moitié des calories qu’ils ingèrent dans une journée, rapporte la dernière Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, menée par Statistique Canada. « L’ennui, c’est que ces aliments moins nutritifs sont souvent plus accessibles ; le lait coûte plus cher que le Coke, par exemple », constate Véronique Provencher, nutritionniste à l’Université Laval. Et s’il est possible d’avoir accès à de la nourriture santé à prix décent – peut-être même plus qu’il y a 50 ans –, encore faut-il convaincre les gens de faire de meilleurs choix à l’épicerie... «Se nourrir sainement » a beau être la principale valeur de 73 % des Québécois en matière d’alimentation, « il y a souvent un écart entre ce que les gens veulent et ce que les gens font ! » ajoute celle qui se spécialise en régulation de la prise alimentaire.

Pierre Tulk, un des participants à la table ronde, l’a compris quand il s’est occupé d’un jardin communautaire à Pointe-Claire, en 2014. « On l’avait planté près d’un HLM, et les résidents étaient invités à se servir : c’était gratuit. Mais personne n’est venu chercher le moindre légume… J’ai réalisé à quel point les habitudes alimentaires sont liées au statut socioéconomique. D’ailleurs, les produits santé sont mis en marché pour les riches. » Et pour cuisiner du frais, ça prend des instruments de cuisine que tous n’ont pas les moyens de se procurer, ajoute Véronique Provencher. « Quand une personne défavorisée habite dans une petite chambre, sans four ni couteaux, que voulez-vous qu’elle fasse d’une courge ? »

- « Ma mère était fille de maraîcher et me préparait des lunchs étranges pour l’époque, avec des épinards dans mes sandwichs… Je trouvais ça ben plate ! » - Geneviève Deslauriers
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