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Investir ou non dans les cryptomonnaies?

Par Mise en ligne : 12 octobre 2018  |  Magazine : novembre 2018

Photos: Shutterstock.com, Réjean Poudrette, Louise Leblanc

Photos: Shutterstock.com, Réjean Poudrette, Louise Leblanc

Faut-il investir dans les monnaies virtuelles comme le bitcoin, le litecoin, le ripple et l’ethereum? Bien que les avis soient partagés, les experts s’entendent sur le fait que la prudence s’impose.

Un bitcoin acheté 1 000 $ en décembre 2016 valait plus de 25 000 $ à la fin de 2017… mais 10 000 $ en septembre 2018. Voilà qui explique pourquoi les cryptomonnaies, ces devises virtuelles dont le bitcoin est la plus ancienne et importante, font autant la manchette. Gérées et émises par un code informatique et non par une banque centrale comme c’est le cas des monnaies traditionnelles, ces monnaies numériques sans frontières peuvent offrir un rendement exceptionnel, mais aussi chuter de façon vertigineuse lorsque les investisseurs perdent confiance.

Depuis la création du bitcoin il y a 10 ans, ce sont surtout des geeks qui ont acheté cette devise quand sa valeur était basse. Mais aujourd’hui, autant l’industrie traditionnelle de la finance que le commun des mortels s’y intéressent. Alors que seulement 2 % des investisseurs américains possèdent des bitcoins, 26 % d’entre eux se disent intrigués par la cryptomonnaie, indique un sondage portant sur cette devise, réalisé au début de 2018 par la firme Gallup pour la banque Wells Fargo. D’ailleurs, l’agence de presse financière Thomson Reuters collige désormais des données sur des dizaines de devises numériques.

Les investisseurs doivent connaître les avantages et les inconvénients des monnaies virtuelles : outre la volatilité extrême de ces devises, ils doivent se méfier des risques de piratage informatique, du peu d’encadrement légal actuel et de l’absence de recours juridiques en cas de pertes financières.

« Dans la construction d’un portefeuille diversifié, il peut être intéressant d’intégrer cette nouvelle classe d’actifs. Mais comme ces devises sont émergentes, il faut être prudent », estime Jonathan Hamel, président de l’Académie Bitcoin, une firme québécoise qui assiste les organisations de tous genres dans l’apprentissage du fonctionnement du bitcoin. Selon lui, les investisseurs les plus téméraires, qui recherchent des gains substantiels et sont capables d’absorber des pertes financières, devraient en considérer l’achat.

Derrière le jargon technologique et les espoirs de rendement mirobolant se cache un investissement (presque) comme les autres, qui peut être analysé sous les angles traditionnels de la performance, de la sécurité et de la liquidité. Une analyse cruciale à faire puisque dans le cas des cryptomonnaies, la ligne est mince entre un possible enrichissement et la perte totale d’un investissement.

Cryptomonnaies 101

Le bitcoin a été la première cryptomonnaie à apparaître en 2009. Un individu (ou groupe de personnes) agissant alors sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto a publié sur le Web le programme informatique à l’origine de cette monnaie. Si on ignore toujours qui est Satoshi Nakamoto, la technologie à l’origine du bitcoin, appelée « chaîne de blocs », est désormais connue dans le monde entier. Une chaîne de blocs est une base de données publique et pratiquement inviolable dans laquelle sont inscrites toutes les transactions effectuées en bitcoins dans le monde. Cette technologie est maintenant utilisée dans bien d’autres domaines.

Chaîne de blocs : une technologie à surveiller

Pour plusieurs, le grand intérêt des cryptomonnaies n’est pas tant leur valeur monétaire, mais la technologie qui leur permet de fonctionner comme devise numérique, c’est-à-dire la chaîne de blocs – blockchain –, qui est une base de données publique dans laquelle sont inscrites toutes les transactions effectuées en bitcoins dans le monde.

Cette technologie peut être adaptée à presque toutes les sauces, et est « particulièrement intéressante pour tout ce qui touche la traçabilité des produits », indique Louis Roy, leader Blockchain chez Raymond Chabot Grant Thornton. « Dans une chaîne d’approvisionnement, plusieurs entreprises peuvent partager un registre décentralisé au lieu d’avoir chacune le leur. La chaîne de blocs renforce alors la sécurité informatique et réduit les frais administratifs. »

La gestion des droits d’auteur et la finance sont d’autres des secteurs prometteurs pour l’utilisation de la chaîne de blocs. « Plusieurs entreprises s’y intéressent », assure Louis Roy, qui a contribué à lancer quelques projets pilotes au Québec.

La plupart des monnaies virtuelles qui ont été créées depuis par des développeurs indépendants, des jeunes entreprises ou des organisations établies s’inspirent du bitcoin, chacune ayant ses particularités. Par exemple, le monero est une cryptomonnaie qui mise sur l’anonymat de ses détenteurs.

Les devises numériques sont gérées par un code informatique ouvert, c’est-à-dire dont les entrailles technologiques sont accessibles à tous. Contrairement aux monnaies traditionnelles qui sont émises par une banque centrale, les cryptomonnaies sont décentralisées, donc encadrées par des groupes de développeurs qui dictent son évolution. Aucune pièce ou billet ne leur sont associés et aucun gouvernement ne garantit leur valeur. C’est pourquoi si demain plus personne ne s’intéressait aux monnaies virtuelles, leur valeur pourrait chuter à 0 $. Tout repose sur l’offre et la demande.

Les cryptomonnaies sont généralement composées d’une clé publique, qui est une combinaison de chiffres et de lettres accessible à tous, et d’une clé privée, qui sert de mot de passe à son détenteur. Alors que la première permet d’identifier la monnaie elle-même (un peu comme un numéro de série), la seconde permet de prouver que vous en êtes le propriétaire. Cette seconde clé est donc essentielle pour effectuer une transaction.

Ces clés sont habituellement enregistrées dans un portefeuille numérique, c’est-à-dire un document chiffré sauvegardé en ligne ou sur un ordinateur. Pour vous protéger des pirates informatiques, vous pouvez imprimer les clés et en conserver seulement une copie papier. Attention toutefois de ne pas l’égarer.

Bientôt monnaie courante  ?

En plus d’être conservées comme placement, certaines cryptomonnaies, particulièrement le bitcoin, peuvent être utilisées pour effectuer des paiements en ligne ou en magasin.

Le nombre d’entreprises qui acceptent ces devises est toutefois restreint. Le marchand virtuel canadien de produits électroniques Newegg accepte les bitcoins, et le site Coincards.ca offre d’échanger des bitcoins, des litecoins et des dogecoins contre des cartes-cadeaux de magasins (Amazon, Walmart, Tim Hortons, etc.).

La lente adoption du bitcoin par les commerces s’explique par sa grande volatilité, mais aussi par le temps d’attente requis – parfois plusieurs minutes – pour confirmer les transactions (visant à s’assurer que celui qui paye avec un bitcoin est bien son propriétaire). Avec d’autres cryptomonnaies, le processus est plus rapide, et des changements au code informatique du bitcoin pourraient aider à accélérer le traitement.

Il faudra donc attendre que les prix des cryptomonnaies se stabilisent et que la technologie évolue avant que les investisseurs puissent espérer les voir adoptées en masse comme monnaie d’échange dans la vie de tous les jours. Si elles ne s’effondrent pas d’ici là, évidemment.

Ces devises représentent à la fois une monnaie avec laquelle vous pouvez acheter des biens en ligne ou en magasin (bien qu’actuellement très peu d’entreprises dans le monde les acceptent). C’est aussi un moyen de faire des affaires sans devoir s’adresser à des intermédiaires, comme des banques ou des émetteurs de cartes de crédit.

Les propriétaires de cryptomonnaies peuvent s’échanger entre eux des devises, ou les vendre directement à des acheteurs. Sinon, il existe des dizaines de plateformes en ligne pour en faire l’achat et la vente, comme Coinbase.com, Cex.io et Coinmama.com. Vous pouvez même en acheter avec votre carte de crédit.

Pour rendre l’achat et la vente de bitcoins aussi simple que le retrait d’un billet de banque, des entreprises comme Instacoin au Québec ont installé des guichets automatiques notamment à Drummondville, Montréal, Québec et Trois-Rivières. Au lieu d’y retirer des billets de 20 $, vous obtenez la clé publique et les clés privées des bitcoins que vous achetez.

Une performance en montagnes russes

Si le bitcoin et ses principaux concurrents (l’ethereum et le ripple) affichent sporadiquement des hausses de 10 à 20 % en quelques jours, une baisse similaire s’ensuit souvent. Ainsi, comme c’est le cas en bourse, les spéculateurs qui savent acheter et vendre au bon moment peuvent chercher les bonnes affaires avec les cryptomonnaies.

Au moment d’écrire ces lignes, en septembre 2018, plus de 17 millions de bitcoins étaient en circulation dans le monde, chacun s’échangeant à 10 000 $. Mais qu’en est-il de la valeur à long terme des principales cryptomonnaies ? La manne est-elle passée ? De l’avis de Fred Pye, cofondateur de la firme canadienne de gestion de fonds de placement 3iQ, un bitcoin pourrait valoir un jour 100 000 $, soit dix fois plus que sa valeur à l’été 2018. « Est-ce que ça va prendre deux ans ou vingt ans pour s’y rendre, je l’ignore. Mais même à 100 000 $ l’unité, le bitcoin demeurerait une monnaie mineure à l’échelle planétaire en comparaison des monnaies traditionnelles. »

- Le fait que ces monnaies existent depuis peu de temps et que leur rendement est en montagnes russes nous incite à rester prudents pour le moment. » - Stéphane Beaulieu, vice-président investissement au cabinet de services financiers MICA, à Québec

Une bonne liquidité

Dans le monde de l’investissement, les placements peuvent être classés selon leur facilité à être transformés en argent sonnant. Par exemple, les actions boursières sont plus liquides que l’immobilier, car vendre une maison peut demander du temps.

En ce qui a trait aux cryptomonnaies, leur liquidité varie selon la popularité de chaque devise. Comme plusieurs centaines de millions de dollars de bitcoins sont vendus et rachetés quotidiennement, il est facile de se départir rapidement de cette monnaie.

Les fonds de placement basés sur les cryptomonnaies offrent aussi une bonne liquidité, comparable à celle des fonds communs de placement traditionnels. Il pourrait toutefois être plus ardu de revendre une devise virtuelle émergente.

- « Dans la construction d’un portefeuille diversifié, il peut être intéressant d’intégrer cette nouvelle classe d’actifs. Mais comme ces devises sont émergentes, il faut être prudent. » - Jonathan Hamel, président de l’Académie Bitcoin

Investir ou non ?

À la Bourse, les investisseurs privilégient généralement l’achat d’actions provenant de compagnies fiables susceptibles de générer de la croissance qui profitera aux actionnaires. Le même principe s’applique aux cryptomonnaies. Même s’il en existe actuellement des milliers dans le monde, seules quelques-unes, notamment le bitcoin, ont une valeur bien établie. Et de l’avis de Jonathan Hamel, seul le bitcoin mérite l’attention des investisseurs, car « c’est un peu le dollar américain des cryptomonnaies ».

Les devises plus récentes, et pour l’instant moins convoitées, ont cependant plus de chances de prendre de la valeur, indique coinmarketcap.com, un des sites qui recensent quotidiennement la valeur des devises virtuelles. En contrepartie, elles courent un plus grand risque de s’effondrer si personne ne s’y intéresse.

D’ailleurs, une option pour les investisseurs consiste à acheter les premières émissions d’une cryptomonnaie (appelées les PEC, Initial Coin Offering en anglais). Depuis 10 ans, l’argent investi dans les PEC a été multiplié par 10, indique une étude de la firme de placement européenne Mangrove Capital.

Mais une grande prudence s’impose. Alors que certains PEC représentent une forme de financement pour de jeunes entreprises, d’autres ne visent qu’à enrichir leurs créateurs, souvent de façon illégale (voyez « Sécurité : le talon d’Achille »), indique l’Autorité des marchés financiers sur son site. « Certains émetteurs pourraient utiliser les fonds recueillis à d’autres fins que celle précisée dans la présentation du projet. » Et puisque ces nouvelles cryptomonnaies n’ont pas encore fait leurs preuves, ce pari est encore plus risqué que d’acheter les monnaies numériques établies.

Les cryptomonnaies représentent un investissement hasardeux, estime Stéphane Beaulieu, vice-président investissement au cabinet de services financiers MICA, à Québec. « Le risque de pertes financières est tellement grand qu’on n’offre pas de produits reliés aux cryptomonnaies à nos clients, explique-t-il. Le fait que ces monnaies existent depuis peu de temps et que leur rendement est en montagnes russes nous incite à rester prudents pour l’instant. »

Pour le célèbre homme d’affaires américain Warren Buffett, les cryptomonnaies ne représentent pas un investissement. « Si tu en achètes, tu n’obtiens rien qui produise quoi que ce soit. Tu ne fais qu’espérer que quelqu’un souhaitera le racheter encore plus cher. C’est de la spéculation », a-t-il expliqué au site Yahoo Finance plus tôt cette année.

Comme les cryptomonnaies sont nouvelles et complexes, Jonathan Hamel recommande aux intéressés de n’investir qu’un petit montant pour commencer. Même si un bitcoin vaut 10 000 $ (valeur en septembre 2018), il est toujours possible de n’en acheter qu’une fraction pour une vingtaine de dollars. Même chose pour l’ethereum entre autres, qui se vendait autour de 370 $ en septembre 2018.

Sécurité : le talon d’Achille

Les monnaies virtuelles nécessitent une analyse rigoureuse de la part des investisseurs, qui doivent évaluer les pour et les contre de ce placement à haut risque, notamment pour mesurer leur potentiel de croissance, mais aussi la crédibilité de leurs créateurs. Car n’importe qui ayant un minimum de connaissances informatiques peut lancer une cryptomonnaie, du financier aguerri à l’adolescent qui a échoué à son cours de programmation 101 à l’école.

Certaines devises créées au cours des derniers mois se sont d’ailleurs révélées être des arnaques ; certaines promettaient des taux de rendement irréalistes, tandis que les créateurs d’autres monnaies virtuelles sont disparus dans la nature. Selon une étude de la firme américaine d’experts-conseils en PEC Satis Group LLC, les investisseurs devraient se méfier d’environ 80 % des nouvelles cryptomonnaies.

Lire les documents techniques qui décrivent les monnaies proposées et analyser le curriculum vitæ des créateurs est donc de mise pour ceux qui s’intéressent aux PEC.

De plus, contrairement à certains investissements traditionnels garantis, notamment par la Loi sur les banques, aucune protection n’est offerte aux investisseurs qui choisissent d’acheter des cryptomonnaies et de les sauvegarder en ligne chez les entreprises offrant ce service, comme Coinbase.com. Une cryptomonnaie volée par des pirates informatiques sera perdue à jamais (à l’opposé de l’argent dans un compte en banque, car les clients ne seront pas responsables des pertes découlant d’un braquage, par exemple). Les pirates auront alors tout le loisir de dépenser leur butin.

Par ailleurs, si vous oubliez ou perdez votre clé privée (mot de passe), vous n’aurez plus accès à vos placements.
En outre, les personnes qui conservent des cryptomonnaies sur leur ordinateur personnel peuvent être victimes de piratage. « Des logiciels malveillants fouillent les appareils à la recherche de portefeuilles numériques pour voler l’argent », explique Raj Samani, chef scientifique de l’entreprise de sécurité informatique McAfee.

De plus, selon une liste recensée par Jameson Lopp, un ingénieur américain connu du milieu des cryptomonnaies, une dizaine d’assauts contre des détenteurs de cryptomonnaies ont été répertoriés dans le monde au cours des six premiers mois de 2018, le plus souvent lors d’intrusions à domicile. « Comme la seule chose qui protège vos cryptomonnaies est un mot de passe, les détenteurs sont vulnérables, et les criminels commencent à s’en apercevoir », ajoute Raj Samani.

Ainsi, par prudence, les investisseurs en cryptomonnaies ne devraient pas le crier sur les toits. Ils doivent assurer leur sécurité informatique en s’échangeant la monnaie sur un ordinateur muni d’un antivirus et dont les logiciels sont à jour pour éviter les brèches de sécurité.

Une façon de simplifier la gestion informatique est de choisir des fonds communs ou des fonds négociés en bourse dédiés aux cryptomonnaies qui regroupent des bitcoins, des ethereums et des litecoins (la septième cryptomonnaie en importance dans le monde). Ces fonds ne sont pour le moment accessibles qu’aux investisseurs accrédités – donc fortunés ! –, mais la firme canadienne 3iQ espère en offrir un au grand public d’ici la fin de 2018.

Dans un portefeuille d’investissement, les cryptomonnaies devraient être gérées comme tout placement à risque, qu’elles soient achetées à l’unité ou à travers un fonds de placement. Règle générale : tout placement risqué ne devrait pas occuper plus de 10 à 20 % d’un portefeuille, et aucun investissement unique ne devrait accaparer plus de 10 % de tous les avoirs d’un individu ou d’une entreprise. Et selon Stéphane Beaulieu du cabinet de services financiers MICA, quelqu’un qui achète des cryptomonnaies doit être suffisamment à l’aise financièrement pour se permettre de perdre tout son investissement.

Des monnaies gourmandes en énergie

Pour assurer le bon fonctionnement de sa devise, le créateur du bitcoin y a intégré un mécanisme de « minage ». Au moyen d’outils informatiques, les mineurs (des particuliers ou des entreprises) effectuent des calculs mathématiques pour le réseau et obtiennent des bitcoins en récompense. La plupart des cryptomonnaies les plus connues fonctionnent aussi sur la base du minage.
Cependant, miner des cryptomonnaies au moyen de puissants ordinateurs consomme beaucoup d’électricité et l’équipement requis produit beaucoup de chaleur. Les entreprises spécialisées dans le minage recherchent donc des endroits au climat froid, qui offrent des ressources en électricité abondantes et abordables. C’est pourquoi le Québec est en train de devenir un des épicentres du minage de cryptomonnaies dans le monde.

« Nous avons reçu plus de 300 demandes de branchement de la part d’entreprises souhaitant miner des cryptomonnaies, totalisant environ 18 000 mégawatts d’électricité », explique le porte-parole d’Hydro-Québec, Jonathan Côté. Il s’agit d’une quantité astronomique, qui équivaut à environ la moitié de la capacité de production hydroélectrique totale d’Hydro-Québec. Seulement une petite partie de ces requêtes sera toutefois acceptée.

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