Utiliser son cellulaire comme moyen de paiement? Si Google et Visa sont dans la course, d’autres systèmes tirent aussi leur épingle du jeu. Le point sur une expérience menée au Québec.
Photo:www.moneycell.com
Depuis près de six mois, des étudiants de l’École des technologies supérieures (ETS) de Montréal utilisent avec succès leur cellulaire comme mode de paiement.
Les étudiants de 18 à 25 ans sont collés à leur
cellulaire et ouverts aux nouvelles technologies. Selon l’entreprise québécoise
DH International, il s’agissait du public cible idéal pour tester MoneyCell,
son système de paiement par cellulaire. Plusieurs petits commerçants situés sur
le campus de l’ETS, dont Tim Hortons et la Coop étudiante, ont participé à
l’expérience à l’aide de terminaux de paiement adaptés.
De leur côté, les étudiants devaient ouvrir un
portefeuille électronique sur le site Web de MoneyCell et y transférer de l’argent
à partir de leur compte bancaire. En moyenne, ils y ont déposé 50 $ par mois.
Les étudiants devaient également placer un collant contenant une puce
électronique Near Field Communication (NFC) sur leur téléphone.
Transactions sans NIP
Une fois le système en place, il suffit d’approcher
le téléphone à moins de quatre centimètres du terminal pour payer son café, par
exemple. Pour les achats de 15 $ ou moins, aucun NIP n’est requis, ce qui rend
les transactions très rapides.
Adopté par près de 10 % des étudiants, le système
permet aussi de faire des transferts d’argent entre deux personnes qui ont un
compte MoneyCell. Les commerçants peuvent aussi l’utiliser pour verser des
ristournes aux clients en guise de programme de fidélisation. Les utilisateurs de
MoneyCell peuvent voir le détail de leurs transactions sur le Web et sur leur
téléphone intelligent.
Sécuritaire?
D’après Pierre Lopez, pdg adjoint et vice-président
aux opérations de DH International, le système est parfaitement sécuritaire.
Alors qu’un NIP est exigé pour les transactions de plus de 15 $, le système
peut aussi le demander de façon aléatoire pour les transactions de montants
inférieurs.
Par ailleurs, comme les émetteurs de cartes de
crédit, MoneyCell s’est doté d’un système de surveillance des transactions
automatisé qui permet de détecter les cas de fraude. Durant l’expérience à
l’ETS, aucun incident du genre n’a été rapporté.
Pas seule dans la course
Plusieurs géants comme Google et Visa ont déjà
annoncé des systèmes de paiement semblables à celui de MoneyCell. Toutes
reposent sur la technologie NFC, qui sera intégrée dans plusieurs nouveaux
téléphones intelligents, notamment dans le Samsung Nexus S, déjà sur le marché.
Google offrira Google Wallet, une application de paiement mobile, dès cet été exclusivement aux propriétaires du Samsung Nexus S abonnés à Sprint aux États-Unis. Ce service sera compatible avec le système de paiement sans contact PayPass, de MasterCard, déjà présent dans des centaines de milliers de commerces. Aucune date de déploiement n’a encore été annoncée pour le Canada.
De son côté, Visa lancera son service de paiement mobile dès l’automne au Canada et aux États-Unis. Il sera compatible avec payWave, l’équivalent du PayPass de MasterCard.
Comment le portefeuille électronique MoneyCell
pourra-t-il survivre dans cet environnement? D’après Pierre Lopez, l’entreprise
misera sur les transactions de moins de 10 $, sans frais pour les consommateurs
et à frais minimes pour les commerçants. D’ailleurs, le montant moyen des
transactions à l’ETS était de 6 $.
Pour l’instant, les détaillants paient autour de
six à huit cents par transaction avec Interac et entre 1,5 et 3 % du montant de
la transaction avec les cartes de crédit. «Notre système coûtera moins cher que
ça aux commerçants», affirme M. Lopez. Par ailleurs, les futurs terminaux
devraient permettre les paiements NFC par l’entremise de divers intermédaires,
que ce soit MoneyCell, Visa ou MasterCard, par exemple.
La suite des choses pour l’entreprise
québécoise: s’implanter dans d’autres campus universitaires canadiens,
poursuivre son expérience à l’ETS et passer en phase de commercialisation.
Bref, croître lentement, mais sûrement!
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