Avec son offre de téléphonie mobile illimitée à 20 euros, Free Mobile bouscule le marché français. Peut-on rêver d’un forfait aussi alléchant au Québec?
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Déjà connue dans l’Hexagone pour ses services d’Internet, de téléphonie et de télévision, Free a lancé son réseau sans fil le 10 janvier dernier. Pour 20 € (26 $) par mois, l’entreprise offre les appels illimités en France et vers 40 pays, les messages textes (SMS) et multimédias (MMS) illimités, de même que les données illimitées avec un ralentissement de la vitesse de téléchargement à partir de trois gigaoctets.
L’autre forfait de Free Mobile est tout aussi renversant. Pour 2 € (2,60 $), les consommateurs obtiennent 60 minutes d’appels et 60 SMS par mois. Selon certaines estimations, l’entreprise attirerait ainsi 100 000 nouveaux abonnés par jour, au grand dam de ses concurrents, forcés d’ajuster leurs prix à la baisse.
Un forfait sans pareil
Free Mobile offre son service sans contrat à durée déterminée. Ses clients doivent donc payer la totalité du prix de leur téléphone ou le financer sur plusieurs mois, alors qu’au Québec les coûts des appareils sont généralement assumés (en partie ou en totalité) par les fournisseurs.
N’empêche que les forfaits de Free Mobile n’ont pas d’équivalent au Québec. Quand Vidéotron a lancé son réseau sans fil en septembre 2010, elle semblait nous faire un cadeau avec un forfait appels et SMS illimités au Québec pour 60 $ par mois… sans données. Bell, Rogers et Telus ont riposté avec des forfaits semblables à environ 60 $ par mois, sans SMS et sans données.
Pourquoi en France et pas ici?
Ce n’est pas la première fois que Free bouscule le marché des télécommunications en France. En 2002, l’entreprise avait introduit une offre groupée qui comprenait Internet, le téléphone et la télévision à 30 € par mois, cassant ainsi les prix de moitié. Free est une filiale d’Iliad, entreprise dont l’actionnaire majoritaire est Xavier Niel, qui a fait fortune avec des services érotiques offerts sur le terminal interactif Minitel avant l’arrivée d’Internet.
«Comme Niel est majoritaire, il n’a pas à subir une grande pression de la part des autres actionnaires pour rentabiliser rapidement son investissement dans le sans-fil, ce qui lui permet de casser les prix, explique Anthony Hémond, avocat spécialisé en technologies de l’information pour le cabinet montréalais Allali Avocats. De leur côté, les grands fournisseurs français comme Orange et SFR doivent générer des revenus moyens par utilisateur très élevés pour générer des bénéfices et satisfaire les actionnaires.»
Accroître la concurrence
Selon Anthony Hémond, une plus grande ouverture aux investissements étrangers dans le secteur canadien des télécommunications pourrait permettre d’attirer des fournisseurs comme Free et d’accroître la concurrence. Par ailleurs, il faudrait favoriser la croissance des opérateurs virtuels comme PC Mobile et Petro-Canada Mobilité, qui offrent des services mobiles par l’entremise des réseaux des grands fournisseurs. «En Allemagne, les opérateurs virtuels possèdent entre 15 et 20 % des parts de marché», souligne Me Hémond. Résultat: la facture mensuelle moyenne pour des services de téléphonie mobile y est de 21 $, contre 58 $ au Canada.
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