Par Frédéric Perron
Paru en juin 2009
Photos: Réjean Poudrette; Philips Korff & van Mierlo
Le grand virage vers la haute définition (HD) n’est pas encore terminé que, déjà, les producteurs de contenu et les fabricants de téléviseurs se préparent à prendre un autre tournant, celui de l’image en trois dimensions (3D).
Cette technologie ne date pas d’hier. Inventée voilà plus de 100 ans, elle a connu son âge d’or dans les années 1950 avec des films en 3D tels que Creature from the Black Lagoon et Dial M for Murder.
Elle a fait un retour en force dans les salles de cinéma au cours de la dernière année, notamment avec Coraline et My Bloody Valentine.
Le studio DreamWorks a annoncé qu’il produirait tous ses nouveaux films d’animation en 3D. Le prochain film de James Cameron, Avatar, sera également présenté sous cette forme.
L’étape suivante: amener la 3D dans les foyers. Au dernier Consumer Electronics Show, en janvier 2009 à Las Vegas, les géants de l’électronique ont présenté leurs prototypes de téléviseurs 3D. Certains modèles exigent le port de lunettes, d’autres non.
Au début de l’année, le DVD Forum a adopté une norme proposée par Sensio, une entreprise de Montréal, pour intégrer la 3D dans les DVD. Panasonic tente de faire de même pour le Blu-ray. Déjà, certains télédiffuseurs effectuent des tests de transmission de contenu en 3D.
Une expérience agréable?
Avec des lunettes spéciales, nous avons eu l’occasion de voir des images en 3D sur un téléviseur chez Sensio.
Résultat: l’action qui se déroule en gros plan nous a semblé plutôt étourdissante. Par contre, les images de compétitions sportives tournées dans des stades étaient spectaculaires.
Par le passé, la synchronisation de deux séries d’images – une pour chaque œil – enregistrées sur deux rouleaux de film était difficile à réussir, ce qui pouvait entraîner un certain malaise chez les cinéphiles. Aujourd’hui, avec le numérique, on arrive à atténuer cet effet.
«L’inconfort oculaire n’est pas totalement disparu, mais il est moins présent», observe James Tam, psychophysicien et chercheur au Centre de recherches sur les communications à Ottawa.
Selon lui, il faudra encore au moins 10 ans avant que la technologie soit répandue dans les foyers. Pour l’industrie, le principal défi sera de s’entendre sur une norme de distribution.
René Villeneuve, consultant dans le domaine de la télévision, est sceptique quant à l’intérêt d’introduire cette technologie dans les foyers: «La 3D prend tout son intérêt quand on sent qu’on entre dans l’image, comme au cinéma. Visionner ça sur un écran de 40 pouces, c’est comme regarder à travers une fenêtre. C’est agaçant. Après cinq ou 10 minutes de visionnement, on en a assez. On vit en 3D quotidiennement, n’essayez pas de m’impressionner avec ça!»

«On vit en 3D quotidiennement, n'essayez pas de m'impressionner avec ça!»
René Villeneuve, consultant en télévision
Déjà sur le marché
On trouve dans les magasins quelques téléviseurs capables d’afficher des images en 3D, notamment du fabricant Samsung.
Pour en profiter pleinement, il faut brancher sur son téléviseur un ordinateur doté d’une carte vidéo Nvidia GeForce 3D Vision. On peut utiliser ce système pour jouer à des jeux vidéo en 3D.
Le prix de ces téléviseurs 3D est semblable à celui des téléviseurs HD ordinaires, par exemple autour de 1000 $ pour un écran de 42 pouces.