Dès mars 2012, les autorités américaines testeront la présence de souches supplémentaires d’E. coli dans la viande de bœuf crue. Qu’en est-il de notre côté de la frontière?
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Sous la pression des associations de consommateurs, le ministère de l'Agriculture américain (USDA) a finalement inscrit les Big Six (E. coli O26, O45, O103, O111, O121 et O145) sur sa liste noire. Et pour cause: ces souches de la bactérie sont responsables de près de 113 000 toxi-infections annuelles selon les Centers for Disease Control and Prevention.
Jusque-là, les producteurs de viande auront uniquement l’obligation de détecter l’E. coli O157:H7, à l’origine de 73 000 intoxications par an aux États-Unis. Au pays, l’Agence de santé publique du Canada reconnaît que l’E. coli O157:H7 est l’un des agents pathogènes les plus courants. Cependant, aucun chiffre n’est disponible.
Un point important: la souche O104:H4, coupable au printemps dernier de l’intoxication de plus de 4 300 Européens et de la mort de 50 autres en Allemagne, ne figure pas parmi les Big Six.
Un exemple à suivre pour le Canada?
Quand l'ACIA compte-t-elle exiger les mêmes contrôles? Alice d'Anjou, porte-parole de l'agence fédérale, se contente d’indiquer que «l’ACIA s’intéresse aux mesures prises par l’USDA, mais reste davantage préoccupée par l’E. coli O157:H7. D’ailleurs, aucun cas de toxi-infection n’est associé à ces souches au Canada». Un discours étonnant au vu des statistiques américaines.
«L’ACIA attend que Santé Canada statue sur la liste des bactéries prohibées. Cela peut prendre du temps, à moins qu’il y ait des enjeux économiques prioritaires (commerce international). De toute façon, les méthodes pour tester les Big Six sont encore expérimentales», dit Rick Holley, professeur au Département des sciences alimentaires de l’Université du Manitoba et membre du Groupe consultatif des affaires universitaires de l’ACIA.
Sous pression
Pendant que le Canada tergiverse, la pression des consommateurs s’accentue aux États-Unis et en Europe. Ainsi, le Center for Science in the Public Interest demande urgemment au gouvernement américain de déceler la présence de quatre souches de salmonelle pathogènes. Cela obligerait les entreprises agroalimentaires à tester la viande de bœuf et de volaille hachée, ainsi que les oeufs.
Le Royaume-Uni, lui, finance 12 programmes de recherche à hauteur de 6,2 millions de dollars pour combattre le Campylobacter, une bactérie difficilement contrôlable. Rencontré dans les volailles et le bétail, le Campylobacter est responsable du plus grand nombre de gastroentérites au Canada.
Les consommateurs canadiens semblent beaucoup moins inquiets que leurs vis-à-vis américains: un sondage effectué au printemps 2011 par Léger Marketing montrait que 68 % des citoyens d’ici faisaient confiance au système de salubrité alimentaire.
En savoir plus
Salubrité des aliments: qui a peur d’E. coli? (Protégez-Vous, article publié en octobre 2011).
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