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Verres d'Irlen: des lunettes miracles?

Par Rémi Maillard

Mise en ligne : décembre 2009


Professionnels: de sérieux doutes

Du côté des professionnels de la vue, le scepticisme prévaut.

Tout en admettant que les calques et verres de couleur peuvent être des aides utiles à la lecture pour certaines personnes, l’American Optometric Association souligne que des recherches complémentaires doivent être menées.

«Je n’ai jamais entendu parler de ce syndrome, s’étonne quant à elle la Dre Nicole Fallaha, chef du département d’ophtalmologie au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, à Montréal. Certaines conditions oculaires, comme la myopie, l’hypermétropie et l’astigmatisme, peuvent effectivement poser des problèmes aux enfants qui apprennent à lire et à écrire. Toutefois, elles n’interfèrent ni dans la compréhension ni dans le traitement de l’information, puisque l’apprentissage s’effectue dans les sphères supérieures du cerveau et non au niveau du cortex visuel.»

Professeur à l’École d’optométrie de l’Université de Montréal et ex-président de l’Association des optométristes du Québec, Langis Michaud ne mâche pas ses mots: «L’existence du syndrome ­­d’Irlen­ n’a aucune base scientifique. La plupart des symptômes qui lui sont attribués concernent en réalité des problèmes de vision ou de coordination binoculaire. Je ne doute pas que certains retards scolaires ou difficultés de lecture soient associés à une perception visuelle déficiente. Mais rien ne permet de conclure que cela est dû à une mauvaise perception de la couleur, et encore moins qu’on va régler la question en utilisant simplement des filtres colorés.»