C’est fait: les partis politiques fédéraux émettent leurs recommandations quant aux effets sur la santé des antennes relais et des téléphones cellulaires.
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Le sujet des champs électromagnétiques et de leurs effets potentiels sur la santé est hautement sensible (voyez Protégez-Vous, février 2009).
Des groupes de citoyens, comme le Collectif SEMO – Sauvons nos enfants des micro-ondes, travaillent d’arrache-pied depuis quelques années pour inciter le gouvernement fédéral à limiter davantage notre exposition au rayonnement lié à la téléphonie cellulaire.
En 2010, le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes a entendu les témoignages de plusieurs scientifiques, hauts fonctionnaires, représentants de l’industrie et groupes de citoyens concernés par l’impact des micro-ondes sur la santé.
Constat: les points de vue sont diamétralement opposés. Dans le coin droit, une poignée de citoyens et de chercheurs en faveur d’une approche prudente et d’un resserrement des normes de sécurité; dans le coin gauche, une majorité de scientifiques et de représentants de l’industrie qui jugent que les règles sont déjà assez strictes et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter.
Toutefois, tous s’entendent sur la nécessité de mener des études à long terme sur l’innocuité des dispositifs de téléphonie sans fil.
Oui, non, peut-être
Bien que plusieurs études concluent que le rayonnement électromagnétique de la téléphonie cellulaire n’a pas d’impact significatif sur le corps humain, certaines personnes affirment ressentir différents malaises – maux de tête, vertiges, insomnie et difficulté à se concentrer – en présence de réseaux Wi-Fi, de téléphones cellulaires et de bases de téléphones sans fil. Ces personnes souhaitent d’ailleurs que «l’électrohypersensibilité» soit reconnue comme une maladie à part entière et que le fédéral documente systématiquement les plaintes et les effets signalés par les citoyens.
Par ailleurs, des scientifiques ont souligné au Comité que ce rayonnement serait en lien avec l’infertilité chez les humains, l’apparition de tumeurs du cerveau chez les jeunes et certains troubles cardiaques comme l’arythmie et la tachycardie. Quelques scientifiques associent même les radiofréquences à l’effondrement des colonies d’abeille un peu partout dans le monde.
En outre, vu l’absence de données concernant les enfants, des groupes de parents se questionnent sur l’installation d’antennes relais près des écoles et l’implantation des réseaux sans fil dans les établissement scolaires. Le Collectif SEMO estiment que Santé Canada doit appliquer plus scrupuleusement le principe de précaution et même abaisser le seuil d’exposition prévu dans le Code de sécurité 6 (voyez l’encadré plus bas).
Cinq recommandations
Au terme de trois audiences, le Comité a publié les cinq recommandations suivantes à l’intention du gouvernement fédéral:
- Que le gouvernement du Canada envisage de fournir des fonds aux Instituts de recherche en santé du Canada pour appuyer la recherche à long terme sur les effets possibles sur la santé de l’exposition au rayonnement électromagnétique.
- Que Santé Canada demande que le Conseil des académies canadiennes, ou un autre organisme indépendant compétent, évalue la documentation scientifique canadienne et internationale sur les effets possibles sur la santé de l’exposition prolongée et de courte durée au rayonnement électromagnétique de radiofréquences, évaluation qui comprendrait une étude sur l’électrohypersensibilité ainsi qu’une comparaison des politiques publiques sur l’exposition au rayonnement électromagnétique de radiofréquences en vigueur dans d’autres pays, et fasse rapport de ses conclusions.
- Que Santé Canada et Industrie Canada élaborent un programme exhaustif de sensibilisation aux risques de l’exposition au rayonnement électromagnétique de radiofréquences en vertu duquel Santé Canada donnerait accès, en toute transparence, à toutes les études et analyses qu’il aurait menées sur les effets du rayonnement électromagnétique de radiofréquences sur la santé humaine, et fassent la promotion de l’utilisation sécuritaire des technologies sans fil.
- Que Santé Canada et Industrie Canada se proposent pour offrir de l’information, dont des séances de sensibilisation sur l’exposition au rayonnement électromagnétique de radiofréquences.
- Que Santé Canada veille à ce qu’il existe un processus pour recevoir les plaintes sur les réactions négatives aux appareils émetteurs de rayonnement électromagnétique, et y donner suite.
Le Code de sécurité 6
Au Canada, le Code de sécurité 6 fixe les limites de rayonnement électromagnétique des appareils émetteurs de radiofréquences (RF), comme les fours à micro-ondes et les téléphones cellulaires. Selon ce Code, l’exposition humaine à l’énergie électromagnétique de RF doit se limiter à la gamme des fréquences de 3 kHz à 300 GHz. Un téléphone sans fil, par exemple, peut émettre de 800 MHz à 2 GHz, donc bien en deçà des limites indiquées dans le Code.
Pour en savoir plus
Santé Canada et Industrie Canada ont publié le document Questions souvent posées en ce qui concerne l’énergie radioélectrique et la santé.
Le documentaire Full Signal – the Hidden Cost of Cell Phones fait le procès de l’industrie du cellulaire.
Pour voir où sont les antennes relais près de chez vous, consultez la Carte canadienne des antennes relais (Canadian Cellular Towers Map).
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