Le gouvernement d'Obama étudierait l’adoption d’une «fat tax» pour endiguer la progression de l'obésité aux États-Unis. L’impact d’une telle taxe sur la santé publique sera toutefois insuffisant.
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Des chercheurs des Universités de Reading et d’Edinburgh en arrivent à cette conclusion dans une étude publiée dans le European Journal of Clinical Nutrition.
Les auteurs ont utilisé les données de 6 760 ménages anglais pour simuler les impacts d'une politique de santé basée sur la taxation des gras saturés et la subvention des fruits et légumes.
Ainsi, les taxes oscillent entre 15 % pour la crème glacée et 13,77 % pour les croustilles, tandis que les subventions permettent de diminuer les prix des fruits et légumes (frais, surgelés ou en boîte) de 14,78 %. Ils ont ensuite déterminé les effets d'un changement des habitudes alimentaires sur les risques de maladies.
Résultat: l’implantation d’une taxe sur les gras saturés doit s’accompagner non seulement de subventions pour une alimentation plus saine, mais aussi de décisions politiques pour encourager de bonnes habitudes alimentaires.
Sans elles, les scientifiques reconnaissent que les changements de comportements alimentaires auraient en moyenne une faible incidence sur le risque de maladies. En effet, une part importante de la population continuerait à avoir un régime alimentaire déséquilibré, notamment pour des raisons financières.
Pour pouvoir avoir un impact suffisant, les mesures de santé publique devront donc être déclinées à différents niveaux: communauté, école, famille et individu. Comme dans le cas du tabagisme, la hausse des prix n’entraînera pas le changement des habitudes; les médias jouent aussi un grand rôle dans la prise de conscience collective.
En Europe
Selon l’OMS, la prévalence de l’obésité a triplé en Europe depuis les années 1980. Des taxes sur les produits alimentaires riches en gras saturés et en sucre ont déjà été proposées dans de nombreux pays.
Au Danemark, une taxe controversée sur les gras saturés est désormais prélevée. Cette taxe, imposée pour les dix prochaines années, vient s’ajouter à une taxe sur les sodas déjà en place. Les autorités danoises estiment qu’elle générera près de 270 millions de dollars par an. De quoi financer une partie des programmes de santé publique.
La Roumanie vient aussi d’annoncer son intention de taxer trois catégories d'aliments à partir du 1er mars 2011: malbouffe, boissons gazeuses et bonbons. Le gouvernement roumain en attend un peu plus de 1,35 milliard de dollars, qui sera affecté entre autres à l'amélioration des structures de soins.
En Allemagne, la leader parlementaire du Groupe Vert au Bundestag, Renate Künast, va plus loin. Elle propose d’interdire la diffusion de publicités de friandises lors des émissions pour enfants. Intervenir de manière préventive est une nécessité dans ce pays qui compte parmi les nations les plus obèses d’Europe.
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