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Exit gluten et produits laitiers?

Par Lise Bergeron

Mise en ligne : avril 2012

 | 

Magazine : mai 2012

 Jacqueline Lagacé, Ph.D., ex-professeure d’immunologie et  de virologie
à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal  et auteure de
Comment j’ai vaincu la douleur et  l’inflammation chronique par l’alimentation
(Éditions Fides, 2011). Photo: Michel Guertin

Jacqueline Lagacé, Ph.D., ex-professeure d’immunologie et de virologie à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et auteure de Comment j’ai vaincu la douleur et l’inflammation chronique par l’alimentation (Éditions Fides, 2011), base son point de vue sur les recherches du Dr Jean Seignalet, un médecin français décédé en 2003 qui a mis au point le régime hypotoxique, aussi appelé régime ancestral.

Qu'est-ce que le régime hypotoxique?
Le Dr Seignalet a constaté que les produits qui contiennent du gluten – le blé en tête – et les produits laitiers sont les deux grandes catégories d’aliments qui favorisent l’inflammation chronique. Le pire, c’est que beaucoup de gens y seraient intolérants sans le savoir. En effet, comment se douter que la migraine du soir est due au verre de lait du midi? Ou que la grande fatigue qui nous habite est liée à notre croissant au beurre matinal? Jacqueline Lagacé a donc décidé d’expérimenter le régime hypotoxique, mais aussi de mettre à jour les recherches du Dr Seignalet. C’est ainsi qu’elle a éliminé le gluten et les produits laitiers de son alimentation, et porté attention à la cuisson des aliments. «Vu les résultats spectaculaires que j’ai obtenus, je crois important d’en faire profiter tout le monde. C’est devenu une mission pour moi», dit-elle.

Mais tout le monde n’est pas d’accord avec l’adoption d’un régime aussi restrictif
. «Oui, une meilleure alimentation peut avoir un impact sur les maladies chroniques, mais je ne suis pas favorable à l’exclusion d’aliments en particulier. À moins d’avoir une maladie ­inflammatoire de l’intestin, comme la maladie cœliaque, je ne vois pas pourquoi on éliminerait le gluten de sa vie. La clé, comme toujours, c’est l’équilibre: adopter une alimentation variée et un rythme de vie actif», dit André Marette, directeur scientifique de l’Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels et professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval, à Québec.

Même son de cloche du côté de Marie-Josée LeBlanc, docteure en nutrition et coordonnatrice d’Extenso.org, un portail d’information affilié à l’Université de Montréal: «Le problème avec les produits sans gluten, c’est que, contrairement au blé, ils ne sont pas toujours enrichis. Si on gère mal ce régime, on risque de se priver de nutriments essentiels.» À l’Hôpital Sainte-Justine, les médecins verraient de plus en plus d’enfants qui ne mangent plus de gluten, mais à qui il faut en redonner graduellement pour pouvoir diagnostiquer la maladie cœliaque. Au risque de les rendre malades. Avant d’adopter un régime restrictif, Marie-Josée LeBlanc recommande de subir une prise de sang afin de voir si les marqueurs d’intolérance au gluten ou au lait sont présents. Vous en aurez ainsi le cœur net.

Quant au fait d’exclure le lait, André Marette s’y oppose: «Le lait demeure une protéine bon marché.» Mais Jacqueline Lagacé ne rend pas les armes pour autant: «Les témoignages que je reçois de la part de personnes qui souffrent de maladies inflammatoires, dit-elle, montrent que les produits laitiers induisent une inflammation très importante chez elles. Les études qui ont été effectuées sur une dizaine d’années chez quelques milliers d’individus donnent des résultats qui vont dans le sens du développement de cancers, du diabète, etc., ce qui va de pair avec les processus inflammatoires.»

Quoi qu’il en soit, si vous souffrez d’une maladie inflammatoire ou de douleurs chroniques, songez sérieusement à réviser vos habitudes alimentaires.

Photo: shutterstock

L’œuf ou la poule?
Et si, simplement en consommant certains aliments et en en excluant d’autres, on arrivait à diminuer l’inflammation et à soulager la douleur chronique? «Collectivement, nous pourrions économiser beaucoup d’argent en médicaments et en soins de santé en adoptant un régime hypotoxique. Les témoignages de gens qui suivent un tel régime ainsi que ma propre expérience sont éloquents», soutient Mme Lagacé, qui a elle-même abandonné ses médicaments anti-inflammatoires. André Marette nuance: «C’est certain que les gens mangent mieux en adoptant un régime de ce genre. Ils consomment davantage de fruits et légumes et laissent tomber quantité de produits riches en gras et en sucre. Ce n’est peut-être pas le fait de retirer le gluten et le lait de son alimentation qui donne des résultats, mais plutôt le fait de surveiller de près ce qu’on mange et de favoriser les aliments nutritifs.»

Bien sûr, les maladies ne sont pas attribuables à une seule cause; la plupart sont multifactorielles (prédisposition génétique, pollution, stress, sédentarité, etc.). De plus, chaque individu est unique: un aliment peut vous rendre malade, alors que votre voisin le tolérera très bien. «C’est pour ça qu’on entend de plus en plus parler de nutrigénomique et de médecine personnalisée. On se rend compte que la génétique et la nutrition sont intimement liées. Assurément, médecins et nutritionnistes seront appelés à travailler davantage ensemble dans le futur», note André Marette.

N’oublions pas, par ailleurs, qu’on peut difficilement isoler un composé présent dans un aliment et laisser de côté tous les autres. Par exemple, quelqu’un peut se croire intolérant aux tomates et les exclure de son alimentation, alors qu’il est peut-être seulement sensible à la solanine, un alcaloïde qu’on trouve aussi dans les aubergines, les pommes de terre et les poivrons. De plus, «comme les nutriments travaillent en synergie, certains d’entre eux peuvent annuler ou amplifier l’effet d’un autre», fait remarquer André Marette. D’où l’intérêt de manger des aliments frais, crus, «vivants», bref qui ont conservé une valeur nutritive optimale. Le Rapport Campbell l’explique très bien: les aliments issus de la nature, comme les fruits et les légumes, sont des mini-usines biochimiques. Il est périlleux d’en extraire un composé et de l’utiliser ensuite isolément dans des produits transformés ou dans des comprimés.


Antioxydants: plus de 3 100 produits analysés
L’une des façons d’éviter l’inflammation chronique consiste à consommer moins d’aliments pro-inflammatoires et à favoriser ceux qui regorgent d’antioxydants.

Le Nutrition Journal a publié une étude (en anglais seulement) fort intéressante en 2010 qui indique quels sont les aliments les plus riches en molécules antioxydantes. On y lit notamment que les légumes en sont une excellente source – on le savait déjà –, mais aussi que les épices et les fines herbes recèlent une quantité impressionnante des précieux composés. À ce chapitre, le clou de girofle remporte la palme, suivi de la menthe, du piment de la Jamaïque et de la cannelle.

Fait étonnant, dans la catégorie des boissons, c’est l’espresso qui contient le plus d’antioxydants, devant le jus de raisin et le jus de canneberge! L’étude nous apprend également que la plupart des fruits et légumes frais renferment deux fois plus d’antioxydants que lorsqu’ils ont été transformés (comme la confiture ou le coulis). Qu’on se le dise!

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