Les sèche-mains électriques dans les salles de bains des restaurants, bars, cinémas, aéroports et autres endroits publics ne sont pas aussi hygiéniques qu’on le croyait.
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Dans un article qui vient de paraître sur LeMonde.fr, un médecin français les appelle même «aérosols à microbes». Le chef du laboratoire d’hygiène de la Ville de Paris affirme que «vous décontaminez vos mains au lavage et les recontaminez au séchage.» Les sèche-mains électriques sont d’ailleurs bannis des milieux hospitaliers et agro-alimentaires français.
Selon le Dr Frédéric Saldmann, médecin à l’hôpital Georges-Pompidou de Paris, comme tout le monde ne se lave pas les mains consciencieusement (c'est-à-dire au moins 20 secondes à l’eau chaude et au savon, ce qui permet d'éliminer bactéries et virus), il reste souvent des germes entre les doigts, près des ongles et des bijoux. Or, un sèche-mains électrique disperse ces microbes dans l’air ambiant, ce qui favorise par exemple la propagation du virus de la gastro-entérite.
En outre, plusieurs modèles ont un débit d’air insuffisant. Après 30 ou 40 secondes, les mains ne sont toujours pas sèches et des mains humides transmettent 1 000 fois plus de microbes et de bactéries que des mains sèches, explique-t-il.
Les essuie-mains meilleurs que les sèche-mains?
Les essuie-mains en papier élimineraient 90 % de l’humidité en 10 secondes, tandis que les séchoirs à air chaud classiques laisseraient 53 % d’humidité après 40 secondes de séchage, indique Le Monde.fr, citant une étude de l’Université de Westminster. Les serviettes à usage unique feraient disparaître de 51 à 76 % des bactéries, tandis que les sèche-mains en augmenteraient le nombre de 194 %.
L’étude est toutefois commanditée par l’Association européenne des industries du papier d’hygiène, prévient Le Monde.fr.
Qu’en dit un microbiologiste québécois?
«Les fabricants de sèche-mains électriques ont beaucoup surfé sur la vague de l’environnement en prétendant qu’ils sauvent des arbres, indique le microbiologiste Karl Weiss, de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal. Mais leur capacité à sécher les mains de façon efficace n’a jamais été démontrée.»
Ils propulsent des bactéries dans les airs et les remettent en circulation, sauf que les microbes ne vont pas bien loin et ne restent pas longtemps en suspension, précise-t-il. Les appareils munis d’un filtre à air à très haute efficacité HEPA ne l’impressionnent pas davantage. «Je suis contre ces filtres, sauf dans les hôpitaux, où l’on trouve des gens très malades, dit-il. Mais pour qu’ils soient efficaces, il faut changer le filtre régulièrement.»
Selon le microbiologiste, rien ne vaut le lavage des mains au savon et l’essuyage avec une serviette en papier jetable, en prenant soin de ne toucher aucune surface après s’être lavé les mains.
Qu’en est-il des savons antibactériens?
«Il s'agit seulement d'une solution de remplacement. Ce n'est pas plus efficace que le lavage des mains et cela ne fonctionne pas comme barrière contre le c. difficile, par exemple.», indique Karl Weiss.
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