Témoignages de parents
« Gare aux diagnostics vite faits ! »
« Il faut faire attention avec les médicaments pour les enfants. Cela peut régler un problème à court terme. Mais cela ne risque-t-il pas d’en créer un à long terme ? Est ce qu’il deviendra dépendant de certains composés des médicaments ? Est-ce que sa croissance et le fonctionnement de son organisme seront normaux ? Est-ce que cela favorisera des problèmes de santé éventuels ? Je comprends les parents des enfants pour qui ces médicaments ont réellement fait une différence. On leur offre une meilleure estime de soi et la possibilité de continuer leurs études, donc d’avoir un meilleur emploi plus tard. Mais à quel prix, nul ne peut le dire.
Il faut aussi faire attention aux diagnostics vite faits. Nous avons eu affaire à une personne qui nous a proposé directement une médication, alors qu’il a suffi de certains ajustements au niveau scolaire pour que les mauvais comportements de notre enfant s’atténuent d’eux-mêmes. Avant toute médicamentation, il faut avoir une évaluation en pédopsychiatrie. Il faut être vigilants en tant que parents, comprendre la situation et essayer de s’adapter pour aider notre enfant. Notre responsabilité est de nous informer avec soin pour faire le choix le plus éclairé que possible en toute connaissance de cause. »
Janylène Savard, par courriel
« Un état qui s’apprivoise »
« On doit exiger une évaluation complète en pédopsychiatrie ou en neuropsychologie. Dans le bureau du médecin de famille, le TDAH est impossible à diagnostiquer adéquatement. Il faut une évaluation qui implique l’enfant, rencontrer le psychologue et les enseignants. Ça affecte toute la vie familiale et scolaire. Avec la médication, nos enfants peuvent enfin se concentrer en classe et non se “ concentrer ” à se retenir et à faire des efforts pour rester assis longtemps sans mot dire.
Il n’y a pas de honte à donner des outils à nos enfants pour assurer leur futur. Souvent, les gens jugent par ignorance. J’entends encore des parents nouveaux venus dans le monde du TDAH avoir honte. Les enfants vont apprendre à vivre avec la situation et ils vont très bien réussir leur vie s’ils le veulent. Effectivement, ce n’est pas une maladie, elle ne se guérit pas. C’est un état qui se contrôle et s’apprivoise. Désormais, mon enfant peut se faire des amis, c’est beaucoup pour lui. Je ne regrette pas de lui avoir donné des médicaments, je vois cela comme un coffre à outils de qualité et qui fonctionne. »
Sylvie Murray, par courriel
« Un moyen efficace pour l’apprentissage »
« À condition d’avoir eu un diagnostic en pédopsychiatrie, les psychostimulants prescrits à des enfants souffrant d’un TDAH sont un moyen efficace pour l’apprentissage à l’école. Avec l’expérience de deux enfants sur quatre aux prises avec ce problème, je peux dire que sans médication les notes dégringolent à partir de la 3e ou 4e année. De par leur comportement, ces enfants s’attirent souvent des critiques des professeurs, des retenues ou des punitions, et ce depuis la prématernelle. L’image qu’a ensuite l’enfant de lui-même est des plus désastreuses et hypothèque de façon alarmante la suite des événements à l’adolescence (décrochage scolaire, risque de dépendance à l’alcool ou aux drogues, etc.).
Quand les parents peuvent “ faire avec ” les fins de semaine et pendant les vacances scolaires comme je l’ai fait, on peut s’abstenir de médicamenter les jeunes enfants. À l’âge des vélos, des scooters, voire de la conduite automobile, il est essentiel de prendre la médication un bon 30 minutes avant de partir. Les risques d’accidents dus à une attention déficiente sont trop grands. »
Lise Fillion, par courriel