De plus en plus prescrits
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Ils ont envahi les cours de récréation et font désormais partie du paysage scolaire. Au Québec, les psychostimulants à base de méthylphénidate ou d’amphétamines tels que le Ritalin, le Concerta, l’Adderall et la Dexedrine ont vu leur consommation quadrupler en 10 ans. Selon la firme IMS Health, le nombre d’ordonnances dans la province est passé de 267 151 en 2000 à plus d’un million en 2009.
Et la tendance n’est pas près de s’inverser si l’on en croit les premières données pour 2010. Résultat, environ 5 % des écoliers québécois prennent aujourd’hui ces psychotropes destinés à traiter le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), le diagnostic le plus fréquent en pédopsychiatrie en Amérique du Nord.
Cette augmentation n’a rien d’étonnant, justifie la Dre Stacey Bélanger, directrice de la Clinique du TDAH de l’Hôpital Sainte-Justine, à Montréal. « La prévalence du trouble de l’attention varie de 5 à 7 % depuis des années et il persiste chez plus de 50 % des adolescents et de nombreux adultes. S’il y a davantage d’ordonnances, c’est notamment parce que les médecins sont mieux informés, qu’on a de meilleures évaluations multidisciplinaires pour établir un diagnostic et que les nouvelles molécules à longue durée d’action ont moins d’effets secondaires. »
D’autres spécialistes s’inquiètent pourtant de la situation. Certains pensent que seul un « noyau dur » d’enfants réellement hyperactifs a besoin d’une médication, tandis que quelques-uns la trouvent carrément inutile.Un marché en plein essor
Un marché en plein essor
Le chiffre d’affaires mondial des médicaments pour le TDAH progresse de 8 % par an en moyenne. En 2012, il devrait atteindre 4,5 milliards de dollars, prévoit la firme CNS Drug Discoveries, spécialisée dans l’analyse du marché pharmaceutique. Une augmentation due en partie « à une plus forte pénétration de la médication chez de nouveaux patients, spécialement les adultes ». En 2005, 90 % des ventes de psychostimulants ont eu lieu aux États-Unis, où environ huit millions d’enfants sont aujourd’hui sous psychotropes.