Ces régimes très faibles en calories ne doivent pas être adoptés sans suivi médical.
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Le jeûne modifié aux protéines peut être dangereux pour la santé, avertit un récent rapport de l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (AETMIS).
Composé de petits «repas», de poudres et de liquides riches en protéines, ce type de régime de moins de 800 calories par jour a d’ailleurs «été reconnu responsable d’une cinquantaine de décès survenus dans les années 1970» et fait l’objet de débats au sein de la communauté scientifique, indique l’AETMIS.
Or, on le trouve facilement dans certaines cliniques médicales et d’esthétique du Québec, et encore plus facilement sur Internet.
«Malgré les études scientifiques et de nombreuses mises en garde concernant ces régimes, plusieurs promettent des pertes de poids allant jusqu’à sept livres par semaine, met en garde Émilie Dansereau-Trahan, porte-parole de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) dans ce dossier. Non seulement ce type d’approche est voué à l’échec à moyen ou à long terme, mais les risques de carences nutritionnelles, de fatigue ou de problèmes intestinaux, notamment, sont bien réels.»
Dans son rapport, l’AETMIS souligne que le jeûne modifié aux protéines n’est en aucun cas indiqué pour les personnes sans excès de poids. Un rappel opportun quand on sait que, au Québec, 42 % des femmes utilisant des produits amaigrissants ont un poids santé... «L’industrie de l’amaigrissement fait partie des problèmes de poids que vivent bon nombre de Québécois. En faisant croire qu’il existe une solution miracle, elle contribue à maintenir l’illusion du corps parfait et, ainsi, en entraîne plusieurs dans le cycle des régimes à répétition», déplore Émilie Dansereau-Trahan.
L’AETMIS rappelle également que, en cas de nécessité de perte de poids chez une personne, «la recommandation première des experts en nutrition est de privilégier la prescription d’un régime hypocalorique modéré, équilibré et personnalisé».
Faut-il interdire ce régime? «Je n’irais pas jusque-là mais, en tout cas, il ne doit être utilisé qu’en ultime recours, uniquement sur avis médical et il faut absolument que la personne qui décide de l’adopter soit suivie par une équipe multidisciplinaire de professionnels de la santé, avec un médecin, un psychologue et une nutritionniste.
En effet, une telle réduction du nombre de calories ingérées dans une journée a non seulement des impacts sur la santé, mais aussi sur l’énergie, les émotions et l’humeur», insiste Émilie Dansereau-Trahan.
L’ASPQ rappelle par ailleurs qu’il existe une Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée et invite donc la population à lui signaler toute publicité vantant une perte de poids rapide, c’est-à-dire supérieure à deux livres par semaine.
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