
Depuis que certaines allégations comme «faible en gras» et «sans sodium» sont réglementées au pays, l’industrie agroalimentaire a développé une belle façon de contourner la loi.
La stratégie? Créer ses propres logos dits «santé», qui ne sont soumis à aucune réglementation.
Un petit nouveau a récemment fait son apparition aux côtés des Capital Santé, Menu bleu et autres Bien choisir.
Baptisé Nos coups de cœur, le programme de Laniel Canada, une entreprise de distributeurs automatiques, ne vise rien de moins que «l’éducation nutritionnelle».
Sauf que les logos «Très bon choix» et «Bon choix» du programme ne recommandent pas que des produits laitiers et du jus de fruits. Ils identifient aussi de la soupe instantanée riche en sel, des grignotises et des croustilles cuites au four.
«Même si les croustilles cuites au four sont préférables aux versions originales, elles demeurent néanmoins très pauvres en éléments nutritifs», souligne la nutritionniste Simone Lemieux, qui précise que les aliments réduits en gras ne sont pas nécessairement santé, et qu’ils sont parfois très salés.
Par exemple, les bretzels Rold Gold sont considérés comme un «Très bon choix», alors qu’un sac de 50 g contient 1000 mg de sodium, soit presque la moitié de la limite quotidienne fixée par Santé Canada!
Or, une étude menée par Suzanne St-Pierre, de l’Université Laval, révélait récemment une tendance selon laquelle les logos «santé» peuvent facilement biaiser la perception des consommateurs, allant même jusqu’à les guider vers des aliments qui sont loin d’être les meilleurs.